V. — EXPÉRIENCES SUR LES GLANDES THYROÏDES
(Travail du Lab. de physiol. de la Fac. 1891-92).
La « oénesthésie » (Henle) ou sentiment de Tétat de notre être résulte du fonctionnement conscient ou inconscient de tous les organes ; les uns occupent une place prépondérante et indiscutée ; les autres, considérés jadis comme des restes ataviques, ont depuis quelques années acquis une réelle importance. Leurs maladies, leur destruction montrent nettement leur importance. Nous ne cilerons que les capsules surrénales pour la maladie d’AnrasON, le corps pituitaire pour l’acromégalie, les corps thyroïdes pour la cachexie
Us semblent avoir l’impossibilité do déglutir, car si on leur offre de l’eau, ils lappont longtemps sans que le liquide diminue dans le vase ; ils ne touchent d’ailleurs pas aux aliments. L’urine est rare.
quelquefois il y a anurie. La température rectale peut au début atteindre 38“5 et plus ; plus tard elle tombe à 36”, 35"5. L’animal maigrit très rapidement, son poil devient sec et tombe. L’œil s’ulcère et suppure. 11 se fait des plaies purulentes aux pattes posté-
L’animal ne succombe pas seulement à l’inanition : un chien, do 4700 gr. dans l’inanition perd en 11 jours 2183 gr. et no meurt pas ; un chien do 3500 gr. éthyroïdé perd dans le même temps 1090 gr. et meurt. L’animal en inanition perd plus et ne meurt pas.
IL Si à des chiens nonnaux nous injectons sous la peau ou dans la veine lu liqnide de deux glandes thyroïdes coupées et broyées avec toutes les précautions antiseptiques possibles, nous n’obtenons rien contrairement à Ewald et ces chiens opérés ensuite succombent
III. En injectant sous la peau de chiens éthyroï lés la solution provenant de glandes thyroïdes, nous avons vu la mort arriver peutêtre plus rapidement.
En injectant dans la veine le même liquide, nous avons vu dans certains cas la tétanie être moins prononcée, mais les animaux sont morts comme d’habitude.
IV. SCHIFF avait prétendu que l’inclusion de glandes thyroïdes dans l'abdomen d’un chien, le mettait a l’abri de la cachexie strumipnve dans les 15 jours qui suivent l’inclusion. Nous avons fait deux expériences qui nous ont donné deux insuccès.
Eu résumé, d’après ces premières expériences, nous sommes disposé à conclure :
1” La glande thyroïde joue an point de vue du système nerveux un rôle important ;
2" Elle agit vraisettiblcélemeni en détruisant ou modifiant certains principes toxiques qui en s'accumulant dans l’organisme peuvent produire une déchéance spéciale qui chez les chiens amène la mort ;
3“ Leliquide de celle glande injecté dans la peau ou dans la veine, ne peut mettre les chiens à l'abri des suites de l’opération, pas plus que la greffe abdominale.
VI. — ACTION DE LA NICOTINE SUR LE CŒUR ET LES VAISSEAUX {Comptes-rendus de la Soc.
de biol., 1890).
VU. — L’ANGINE DE POITRINE TABAGIQUE (Ret>. gén. de din. et de ihérapeui., 1890).
VIII. - CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DE L’ACTION DE LA NICOTINE SUR LA CIRCULATION
(avec M. Wertheimer [Arch. de physiologie, 189i).
III. Le pouls s’accélère d’une manière brusque et considérable , tandis que la pression mante rapidement dans des proportions
IV. Le pouls demeure toujours très rapide, mais la pression baisse.
V. Le pouls restant très accéléré, la pression tombe au-dessous de la normale.
Il s’agissait d’expliquer les accidents de la pression et ceux du
Action sdk le rythme dü cœor.— Leraientissement(I)estdù à l’influence de la nicotine sur l’appareil inhibiteur cardiaque. Avec
lui-même, car le ralentissement se produit même après la section de la moelle et des deux pneumo-gastiûques.
L’influence prédomine sur les ganglions modérateurs intracardiaques ; car si on paralyse ces ganglions par l’atropine, on n'obtient plus le ralentissement par la nicotine. L’action de l’atropine diffère dé celle de la nicotine en ce que pendant l’inloxioation par ce dernier corps, la muscarine (Schmiedebero) et la ligature du .sinus peuvent encore arrêter le cœur, ce qui n’arrive pas après l’atropine qui semble paralyser plus complètement les ganglions de Rem.ik.
— A la stimulation de l’appareil inhibiteur sùccède bientôt sa paralysie par excès de fonctionnement.
— L’accélération des pulsations (111) qui peut aller jusqu’à les tripler, est due à la paralysie des appareils d’arrêt, à l’excitation des centres bulbo-méduflaires du sympathique et à celle des ganglions accélérateurs intracardiaques.
Les pneumogastriques sont paralysés à la phase III, car ils sont
dilatation active (III) puis un épuisement des vaso-dilatateurs, ce qui explique que la corde du tympan est inexcitable pendant la phase IV.
— Ces modifloations vasculaires sont-elles d’origine périphérique ou centrale ?
En détruisant complètement la moelle à l’aide du procédé que Gley indique dans ses recherches sur la strophantine ou tout autre manuel opératoire, on est sûr de ne plus agir que sur les ganglions périphériques. Or, dans ces conditions, la pression carotidienne peut être quintuplée par la nicotine.
Si du côté de la langue on coupe le nerf lingual, le glosso-pharyngien, l’hypoglosse; si ou enlève le ganglion cervical supérieur et que l’on injecte la nicotine, la langue devient le siège d’une rougeur intense (III).
Il est facile de comprendre que si les ganglions vaso-moteurs périphériques sont, après un moment de suractivité, épuisés par la nicotine, les réflexes qui les mettent en action ne peuvent plus se produire. C’est ainsi que pondant l’intoxication nicotiniquo, l’excitation du nerf de Cyon, celle du nerf dorsal du pied (réflexe de Lôven)
En résumé, la nicotine agit sur le cœur et sur les vaisseaux.
A. — Sun LE ocEDR ;
1“ En épuisant les ganglions intracardiaques inhibiteurs ;
2° En excüant les ganglions accélérateurs intrinsèques ;
3" En augmentant texdtabilüé du muscle cardiaque.
En produisant une action périphérique, topique, qui détermine :
1” Dans les viscères une mso-constriclion d'où dépend l’augmentation de pression ;
2‘ Du côté de la bouche une vaso-dilatation.
Ces deux effets sont suivis bientôt d’un résultat invers, conséquence d'épuisement par excès d’action.