CHAPITRE IV
<K tous les côtés du courant électrique , mais qui devait tendre à se « mouvoir, soit du côté oîi cette différence de vitesse, et par consé- « quent l'action électrique serait moindre , soit du côté opposé à c celui où elle serait plus grande, parce qu'il s'y trouverait un autre a courant électrique , tendant à pousser le même fluide en sens « contraire , suivant que les deux courants qui agiraient l'un sur a l'autre seraient dirigés dans le même sens ou auraient des direc- « tions opposées. »
Nous avons cru devoir exposer avec quelques détails les travaux d'Ampère, à raison de leur haute importance , des vues théoriques qui en découlent et de leur originalité. Nous ferons remarquer que, s'il eût cherché à vérifier par expérience quels étaient les effets produits par les courants électriques sur les corps à l'état neutre^ ainsi qu'il l'avait annoncé, il aurait enlevé à Faraday l'honneur de la découverte de l'induction.
Les phénomènes électro- dynamiques ont été envisagés sous différents points de vue par MM. Œrsted, Faraday et Pouillet (i4'). On a d'abord attribué l'action des conducteurs voltaïques sur les aimants à une aimantation transversale acquise par ces conducteurs; mais cette hypothèse a été abandonnée quand on eut découvert le mouvement de rotation, continue dans le même sens. D'autres,physiciens ont considéré la cause de ces phénomènes magnétiques comme entièrement distincts de Téleetricité : ils ont voulu expliquer l'action mutuelle des conducteurs et des aimants, en admettant que chaque pôle d^m aimant ou d'une particule aimantée exerce sur un courant électrique une force constante perpendiculaire au rayon vecteur, etc., etc.; mais jusqu'ici la théorie d'Ampère a prévalu.
Quelques années après qu'Arago eut trouvé l'action exercée par un courant électrique sur le fer non aimanté, et que Davy eût montré que l'on pouvait aimanter des aiguilles d'acier en les frottant transversalement sur un fil de métal parcouru par un courant^ Savary étudia l'aimantation des aiguilles d'acier, placées à diverses distances d'un fil de métal, dans lequel on fait passer la décharge d'une bouteille de Leyde (15). Il trouva que ces aiguilles, placées du môme côté, prennent une aimantation plus ou moins forte, selon la distance à laquelle elles se trouvent placées du fil conducteur ; que les plus rapprochées ne sont pas toujours les plus aimantées, attendu qu'il existe à diverses distances du fil des points où l'aÎDiantation est à son maximum, et d'autres ùson minimum;
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que la distance influe aussi sur le sens de la polarité. U observa^ en outre y que ces alternatives dans le sens du magnétisme se renouvellent plusieurs fois ^ et que leur nombro , tant sous le rapport du sens que sous celui de l'intensité^ dépend en grande partie delà longueur et du diamètre du iil, ainsi que de la conductibilité et de rénergie de la décharge électrique.
Savary s'est occupé également de l'influence qu'ont les métaux sur Taimantation quand ils sont interposés entre les aiguilles et le fil conducteur.
A l'époque où Savary publia ses rechenîhes, rexplicatioh dos alternatives parut difflcile ; mais maintenant on s en rend compte en remarquant que les effets d^induction qui se manifestent au moment où la décharge commence et où elle- flnit étant de sens coutraire , suivant que Tune ou Tauti'c prédomine ^ l'aimantation des aiguilles peut avoir lieu dans des sens différents.
IX^puis ces recherches^ l'aimantation du fer doux et de l'acier par les courants électriques^ et même par les décharges^ a été étudié par plusieurs physiciens^ parmi lesquels nous citerons notanimeut MM. LipkcnsetQuetelet(16^ M.Moli(17), M. Abria(i8), MM. Leus et Jocobii,i9)^ qui ont étudié les conditions diverses qui font varirr rintensité niagnétique des électro-aimants, suivant la longueur du fll conducteur, la forme et le nombre des spires.
Ces deux derniers physiciens ont cherché à établir que l'aimantatimi dans le fer par les courants électriques est proportionnelle à l'intensité des courants et au nombrc de spires des hélices magnétisantes ; mais cette loi ne peut être considérée comme exacte qu'entre certaines limites, car la puissance que Ton peut donner aux électroaimants à l'aide de courants électriques énergiques ne semble pas croître indéPuiiment : d'après les recherches de MM. Joule, de Haldat y Feilzlich, Muller^ le fer possède mie limite de développement de magnétisme^ limite qui dépend de l'intensité du coumut électrique et du diamèti^e du fer soumis à -son action. Les recherches de M. MuUer v'îO) ont surtout précisé l'existence de ce maximum d'aimantation que ne peut dêps;>er chaque barreau de fer doux^ et qui est proportionnel au carré de son diamètre. L'existence de ce maximum n est pas favorable à la théorie des deux fluides magnétiques, puisque cette théorie suppos»^ dans les corps la présence d'une quantité indéfinie de fluide naturel^ comme on le verra plus loin; il est fiivorable. au contraire, à l'hypothèse d'Ain* père, car il doit être atteint quand les courants électriques que Ton