‹ Resumee de l'histoire de l'electricite et du magnetisme, et des applications de ces sciences a la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 62 sur 76 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

M. Masson (54) a étudié d'une manière spéciale la composition de te lumière électrique' en variant les sources d'électricité et excitant les étincelles ou les décharges dans différents milieux et entre les conducteurs de diverse nature. Il a été conduit d'abord à la môme conclusion que M. Wheatstone^ savoir, que dans les gaz les raies brillantes étaient les mêmes que dans l'air; en outre , ayant vu que dans les liquides les raies brillantes avaient disparu,^ il en a conclu qu'alors le transport des particules incandescentes n'a plus lieu, et que, dans ces conditions, les raies brillantes des spectres sont dues uniquement à Tillumination des particules incandescentes arrachées aux conducteurs, et non pas à celles desmilieux qui sont traversés par l'électricité. Cette dernière cause donne lieu à la partie lumineuse des étincelles sans production de raies brillantes. Avec l'arc voltaïque continu, M. Masson a obtenu des effets du même genre en réfractant la lumière de Farc voltaïque formé dans l'air et sillonné de raies brillantes qui changent avec la nature des conducteurs, comme lorsqu'on étudie les spectres des étincelles. Quand on le produit à la môme place et que Ton compare les raies obtenues entre les mêmes pôles métalliques, en faisant usage des étincelles, puis des arcs, on trouve dans les spectres voltaïques des raies qui ont leurs analogues dans ceux des étincelles; mais beaucoup d'entre elles manquent. Il attribue le moins grand nombre de raies brillantes du spectre de l'arc voltaïque à ce qu'il est produit par un faible excès de tension électrique , et qu'il se comporte comme étant formé d'une succession d'étincelles moins vives que les étincelles ordinaires»

La position des raies brillantes dans les spectres de la lumière de la pile est indépendante de l'intensité du courant, car M. Despretz (55) s'est assuré qu'en employant une pile de 100 éléments ou une pile de 600, une raie fixe ne variait pas de position dans le spectre observé à l'aide d'une lunette.

Intensité lumineuse. Appareils régulateurs, La plupart des expérimentateurs qui ont étudié l'arc voltaïque ont comparé son intensité lumineuse à celle d'une source prise pour unité et en général à celle d'une lampe ou d'une bougie, et cela suivant le nombre de couples employés et leur grandeur; nous citerons notamment MM. Bunsen (56), Foucault et Fizeau (57), Despretz (58), Grove , E. Becquerel (59). On peut dire qu'en moyenne l'intensité lumineuse de l'arc voltaïque formé par une pile de 50 à 60 éléments entre deux conducteurs en charbon varie de 350 à 500 bougies

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stéariques; les nombres obtenus dépendent, bien entendu, de la résistance des couples, de leur force électro-motrice, de la résistance des circuits, et surtout de l'état des conducteurs entre lesquels Tare éclate. M. E. Becquerel, en résumant ces différentes conditions, a montré quel était le prix de revient de Téclairage à Taide de l'électricité, ainsi que celui qui résulte de l'emploi des autres sources lumineuses habituelles. MM. Thury et E. Wartmann (59') ont également publié dernièrement- des recherches sur l'éclairage électrique.

La puissante lumière que développe l'arc voltaïque dans l'expérience faite pour la'première fois par Davy en 1813 (voir page 52), ne saurait être employée dans l'industrie qu'autant que l'on peut rapprocher les charbons placés dans l'air ou dans le vide au fur et à mesure que le transport des molécules incandescentes et la combustion diminue la longueur des conducteurs ; on y est parvenu à l'aide d'appareils nommés régulateurs ds lumière électrique, et dans lesquels le courant lui-même, qui forme l'arc, par une action électromagnétique qu'elle augmente ou diminue suivant que Tare est trop court ou près de se rompre, permet aux charbons de rester à une distance telle que l'arc se conserve permanent pendant une ou plusieurs heures. MM. Staite et Pétrie en Angleterre (GO), et M. Foucault (61) en France, ont construit, vers 1 843 ou 1844, les premiers régulateurs qui aient fonctionné ; depuis on les a perfectionnés. Nous citerons notamment parmi ceux qui servent maintenant aux démonstrations dans les cours publics, à l'éclairage des travaux de nuit, à l'éclairage sous l'eau , et dans les cas spéciaux où Pemploi de la lumière électrique est utilisé avec tant d'avantage, les régulateurs de MM. Archereau, Deleuil, Dubosc, Lacassagne et Tliiers, etc

Dans l'étude des effets mécaniques et physiques de l'électricité, deux résultats importants pour la science ont été obtenus : l°les lois de la production de la chaleur dans les circuits simples et composés, et auxquels ont concouru les physiciens que nous avons nommés, lois qui montrent la liaison intime des phénomènes électriques et calorifiques ; 2° les effets calorifiques et chimiques de l'arc voltaïque obtenus par M. Despretz dans des expériences qui liont une des manifestations les plus belles des puissants moyens que la science a mis à la disposition de l'homme.

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