‹ Résumés des Méditations de M. Hamon, curé de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 16 sur 355 · TRONSON · texte numérisé non relu

TRONSON

C’est l’oraison qui éclaire notre foi, nous approchant les objets que les sens éloignent de nous et qu'ils nous rendent presque imperceptibles. C'est elle qui soutient notre espérance par l'accès et par la familiarité qu'elle nous donne auprès de Dieu, et par l’union qu’elle nous procure avec notre principe.

C'est elle qui nous fait voir la vanité, l’inconstance et l'infidélité des créatures; qui nous donne l'horreur du monde, et qui nous embrase de l'amour de Dieu par la connaissance et par l'expérience qu'elle nous donne de ses bontés.

C’est elle qui nous instruit de nous-mêmes; qui nous fait des leçons savantes d’humilité, qui nous fait sentir et toucher notre néant et qui nous découvre la grandeur et la sainteté de Dieu, auprès de laquelle nos vertus imaginaires n’ont plus ni être, ni beauté, ni force, ni mesure.

Enfin, c’est elle qui nous conduit dans ces sacrés déserts où l’on trouve Dieu seul dans la paix, dans le repos, dans le silence, dans le recueillement. C’est elle qui nous mène spirituellement en enfer pour y voir notre place; au ciel, pour y voir notre trône; à la vallée de Josaphat, pour y voir notre Juge; à Bethléem, pour y voir notre Sauveur; au Thabor, pour y voir notre Amour; au Calvaire, pour y voir notre Exemple,

Il faudrait un volume entier pour déclarer les trésors de grâce, que l’âme fidèle trouve dans l’oraison et les con-

solations qu'elle y reçoit de Dieu dans toutes ses peines. = P. CROSSET.

L'oraison mer ue et le péché ne peuvent habiter ensemble. Beaucoup récitent le Rosaire, l'office de la Vierge Marie, jeûnent uvenc et continuent à vivre dans le

- péché ; mais celui qui est fidèle à l’oraison, impossible qu’il continue à vivre dans l'offense de Dieu : ou il quiitera l'oraison ou il sortira du péché. Et s’il ne quitte pas l’oraison, non seulement il sorura du péché, mais il retirera son amour aux créatures et le tournera vers Dieu.

à L'oraison est la fournaise où les âmes s’enflamment du

feu du divin amour. = SAINT-ALPHONSE DE LIGHORI.

Donnez-moi un homme d'oraison ct il sera capable de tout, il pourra dire avec le saint Apôtre : « Je puis toutes choses en celui qui me soutient et me fortifie. » SAINT VINCENT DE PAUL.

Sitôt que Dieu entre dans une âme par la méditation ou l'oraison, il y établit l’ordre et la remplit de ses dons divins : il lui imprime d’abord une grande délicatesse de conscience qui ne peut souffrir les fautes les plus légères,

| Il lui donne ensuite un cœur généreux, des sentiments | nobles qui lui font mépriser les biens, les plaisirs, les

| honneurs ; de sorte que tout ce que tout le monde a de

| plus beau, n’est à ses yeux que des niaiseries et du fumier. De plus, il fortifie sa volonté, lui inspire un courage inagnanime qui le rend supérieur aux travaux, aux tribulations, aux douleurs, à la mort même et la porte aux plus héroïques vertus. Enfin Dieu fait trouver à cette âme, par le moyen de l’oraison, mille voies, mille moyens pour rendre sa vie pure, sainte, et pour lui faire pratiquer avec truit toutes sortes de bonnes œuvres. |

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