‹ Résumés des Méditations de M. Hamon, curé de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 7 sur 355 · MÉTHODE D‘ORAISON · texte numérisé non relu

MÉTHODE D‘ORAISON

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D. Qu'est-ce que l'oraison ?

R. C’est une élévation et une application de notre esprit . ct de notre cœur à Dieu, pour lui rendr. nos devoirs, lui exposer nos besoins et en devenir meilleurs poursagloire.

D. Combien y a-t-il de parties dans l’oraison ?

"R. Trois, savoir : la préparation, le corps de l'oraison et la conclusion.

D. Combien y a-t-il de préparations ?

R. Ilyen a trois: la préparation éloignée, la préparation prochaine et la Préparation immédiate.

D. En quoi consiste la préparation éloignée ?

R. En trois ehoses : 1: en une grande pureté de cœur; 2° en une mortification parfaite des passions; 3: en une grande fidélité à garder tous ses sens, soit intérieurs, soit extérieurs, contre la vanité et contre la curiosité.

D. En quoi consiste la préparation prochaine ?

R. En trois choses aussi : 1° à prévoir dès le soir le sujet de l’oraison, et à Jepasser encore le matin en s’habillant, les devoirs qu’il faudra rendre à Dieu, les considérations qu’il faudra faire, les résolutions qu'on devra prendre; 2° à se tenir dans un grand silence et un grand recueillement, depuis la prière du soir jusqu'au lendemain après l'oraison ; 3° à partir Promptement aussitôt que l'heure de l'oraison est arrivée, ety aller avec joie et humilité rendre nos devoirs à Dieu et recevoir ses ordres.

D. En quoi consiste la préparation immédiate ? R. En deux choses: 1: à se mettre en la présence de

() Manuel du Séminariste (St-Sulpice).

Dieu; 2: à se reconnaître indigne de paraître devant lui et incapable de lui rendre nos devoirs et de ie prier comme il faut.

D. Comment vous mettez-vous en la présence de Dieu?

R. Par deux actes : l’un de foi, qu’il est présent dans le lieu où je suis et dans mon cœur; l’autre, d'adoration de cette infinie Majesté qui m'est présente,

D. Reconnaissant votre indignité à paraître devant Dieu, que faites-vous?

R. Je fais deux choses : 1: j’entre dans des sentiments de pénitence en vue de me: péchés, et pour cela je fais des actes d’humiliation, de confusion et de contrition; 2: je munis et m'abandonne à Notre Seigneur Jésus-Christ pour paraître devant son Père en sa personne et le prier en son nom.

D. En reconnaissant votre incapacité à rendre de vousmême queiques devoirs à Dieu, que faites-vous ?

R. Je fais deux actes : 1° je renonce à mon propre esprit qui n’est pas capable de me guider en ce qui regarde les vérités du salut, et à mes affections qui tendent ordinairement vers le mal; 2: j'invoque le Saint-Esprit pour faire l’oraison dans ses lumières, par ses mouvements et sous sa direction.

D. De quoi est composé le corps de l’oraison ?

R. Detrois parties, dont la première s’appelleadoration:; la seconde, communion; la troisième, coopération.

D. Pourquoi appelez-vous la prernière partie ADORATION ?

R. Parce que c’est en cette partie que nous re ‘dons principalement nos devoirs à Dieu, et que l’adoration est le premier de ces devoirs.

D. De quelle manière commencez-vous cette première partie?

R. Je commence cette première partie par la considération religieuse de quelque attribut et perfection de Lieu, ou bien de quelque mystère ou vertu de Notie Seigneur

Jésus-Christ, ou bien même de quelque saint.

D. Que faites-vous après cette considération ?

R. Je tâche, par plusieurs actes, de rendre mes devoirs à Dieu, ou à Notre Seigneur Jésus-Christ, ou au saint, selon le sujet de la méditation.

D. Quels sont css actes ?

R. Ils sout ord!nairement six : adoration, dmiration, louange, remerciement, am our, joie ou compassion.

D. Est-il nécessaire d'exprimer toujours et en cet ordre tous ces devoirs ? = ‘R. Il n’est pas nécessaire, et même il est bon de s'abandonner aux aflections qu« Dieu donne, et de répéter souvent celles où l’on trouve attrait du Saint-Esprit.

D. Que faies-vous ensuite ?

R. Je passe au deuxième point del’oraison qui s'appelle communion,

D. Pourquoi appelez- vous ce deuxième Point COMMUNION ?

R. Parce qu'il nous fait entrer en participation de la perfection ou de la vertu que nous avons adorée en Dieu, ou en Jésus-Christ, au premier point. Or, cette participa- . tion ou communication aux dons de Dieu, à ses perfections et aux vertus de Notre Seigneur ou de ses saints, est appelée par les saints Pères communion, aussi bien que la participation à son corps et à son sang.

D. Comment se fait cette communion ou participation?

R. Elle se fait particulièrement lorsque nous demandons à Dieu la vertu ou la perfection sur laquelle nous méditons : car par la demande tervente que nous en faisons, nous l’attirons dans notre cœur,

D. Suffft-il dans ce point de demander à Dieu cette vertu?

R. Non; mais il faut encore pour nous exciter à la demander avec plus de ferveur : 1° Nous bien convaincre de son iriportance et de sa nécessité; 2° faire réflexion sur nous-mêmes, afin de connaître clairement qu'elle nous manque ; 3° la demander à Dien avec instance.

; AVANT-PROPOS D. Il y a donc t” is choses à faire en ce point ?

R. Oui, la conviction, la réflexion et la demande. D. Pourquoi la conviction ?

R. Parce qu'étant convaincus de l'importance et de la nécessité de la vertu, nous la demandons ensuite avec beaucoup plus de ferveur. On néglige souvent de demander, ou on ne demande que très froidement les choses que l'on ne croit pas bien importantes, et dont on ne se persuade pas avoir grand besoin,

D. Pourquoi à réfleæion sur soi-même ?

R. Parce qu'encore que nous soyons bien convaincus de l'importance d'une vertu, nous ne la demanderions Pas encore avec toute la ferveur que nous ‘’avons, si nous ne connaissons pas clairement qu'elle nous manque. Or, nous arrivons à cette connaissance par la réflexion sur nous-mêmes.

D. Que faut-il faire pour se convaincre ?

R. Il faut considérer les raisons et les motifs qui nous obligent à avoir et à pratiquer la vertu ou la perfection sur laquelle nous méditons.

D. D'où tirez-vous ces raisons et ces motifs ?

R. Du sujet d’oraison que l'on a lu ou entendu le soir précédent,

D. De quelle manière faites-vous cette considération ?

R. Je la fais en plusieurs manières : ou par une vue simple de toi et en représentant seulement en génére' ces motifs à mon esprit; ou par une sorte d'examen, les parcourant doucement l’un après l’autre; ou par raisonnement.

D. Comment faites-vous la réflexion sur vous-même ?

R. En repassant sur mes pensées, sur mes paroles et sur mes actions, pour voir la part que j'ai, ou l’éloignement où je suis, de cette p-- "etion, de la grâce du mys-

tère ou dela vertuquej … : :et dont j'ai reconnu l’importance.

D. De quelles affections doit être accompagnée cette réflexion ?

R. De is principales : 1° de regret pour le passé, d'evoir éte 1 éloigné de cette perfection, à laquelle nous sommes obligés et dont Jésus-Christ nous g donné l'exemple; 2: de confusion pour le présent, dans la vue de notre misère et de notre pauvreté, rougissant de honte devant Dieu de nous voir si éloignés de ce que Notre Seigneur demande de nous; 3: de désir pour l'avenir, désirant ardemment de sortir de cet état; et pour cela il faut passer

‘à Ja troisième chose que nous avons à faire dans cette communion, qui est la demande, priant Dieu de nous accorder telle grâce, telle vertu, etc.

D. De quelles conditions doit être arrompagnée notre demande ?

R. 11 yen a trois principales : l'hum, , 11 confiance et la persévérance.

D. Ne peut-on pas aussi «‘léguer amoureusement à Dieu quelques raisons, par lesquelles il soit mû à nous accorder nos requêtes et à nous faire miséricorde ?

R. On le peut, #t cette pratique est excellente.

D. Quelles soni les raisons principales et les motifs les plus puissants qu'on puisse prendre ?

R. Nous pouvons représenter humblement à Dieu : que c'est sa volonté que nous devenions saints ; que cette grâce, cette vertu que nous.lui demandons sera pour sa gloire; qu’il ne peut souffrir dans son Eglise, qu'il chérit tant, une persrnne aussi imparfaite ; que nous communions souvent et que son Fils, l'aimable objet de toutes ses complaisances qui, pendant sa vie, a toujours cherché si fidèlement la loire de son divin Pére aux dépens de ja sienne propre, dont il lui a abandonné le soin, sera mal reçu et trop peu glorifié en notre cœur, si nous demeurons dans notre pauvreté. Enfin nous pouvons alléguer et représenter à Dieu <a bonté, sa lipéralité infinie, les

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mérites de son Fils, ses promesses et sa parole donnée dans l'Ecriture,

D. Est-il bon d'employer la faveur de … très sainte Vierge, de notre Ange gardien, de nos Patrons et des autres saints auxquels nous avons dévotion particulière ?

R. Oui, cela nous servira beaucoup et nous le devons souvent pratiquer.

D. Ne peut-on pas encore demander quelque autre vertu que celle sur laquelle on fait araison?

R. On le peut, et il est bon de le faire et de demander dans cet endroit tous nos autres besoins, ceux de l'Eglise et des personnes pour lesquelles nous avons quelque obligation particulière de prier.

D. Après avoir ainsi attiré l'Esprit de Dieu et sa grâce en nous, que faut-il faire ?

R. Comme la grâce ne fait rien ‘ans nous et qu’elle demande notre coopération, il faut pas-er au troisième point du corps de l’oraison, qu'on appell : LOOPÉRATION.

D. Pourquoi l’appelez- vous ainsi ?

R. Parce que c'est en ce point que répondant et coopérant à la grâce, nous faisons et nous produisons des résolutions de vivre à l'avenir conformément aux lumières et aux affections qu’elle vient de nous donner, et que nous nous déterminons à les pratiquer dès le même jour, par exemple, un tel engagement, un tel acte, une telle vertu, etc.

D. Que faut-il faire ensuite ?

R. I] faut entrer dans une grande défiance de soi-même, et dans une entière confiance en Jésus-Christ, reconnaissant que nous ne pouvons accomplir nos résolutions qu’en sa vertu.

D. Quelles qualités doivent avoir les résolutions pour être bonnes?

R. Elles en doivent avoir six principales: il faut qu'elles

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40 en ra.

soient particulières, présentes, efficaces, humbles, pleines ‘de confiance en Dieu et souvent réitérées.

D. Que faites-vous aprés avoir formé vos résolutions ?

R. Je passe à la troisième partie de l'oraison qui est la conclusion.

D. En quoi consiste cette dernière partie ?

R. Elle consiste en trois choses : 1° à remercier Dieu de nous avoir soufferts en sa sainte présence, et des grâces qu'il nous a faites dans l’oraison:; % à le prier de nous pardonner nos fautes et nos négligences dans un si saint exercice et de bénir nos résolutions, la journée présente, notre vie et notre mort; 3° à faire le bouquet spirituel.

D. Qu'appelez-vous faire le bouquet spirituel?

R. C’est, comme le dit saint François de Sales, prendre une ou deux des pensées qui nous ont touchés davantage dans notre oraison et que nous croyons devant Dieu nous être le plus ütile, pour y Penser Souvent pendant la journée, et nous en servir comme d'oraison jaculatoire pour nous élever à Dieu et nous unir à lui ; de même que nous voyons les personnes du monde, ne point sortir d’un beau jardin, sans emporter quelques fleurs à la main, afin d’en respirer le parfum plus longtemps.

Il faut enfin en disant le Sub tuum præsidium, mettre le tout entre les mains de la très sainte Vierge.

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