‹ Résurrection du cœurChapitre 1 sur 21 · Résurrection du coeur · texte numérisé non relu

Résurrection du coeur

La méthode des circulations artificielles, inaugurée en 1868 par Ludwig (1), a permis, en entretenant la vie dans les organes isolés, de faire de multiples et fructueuses recherches physiologiques.

Cette méthode fut bientôt appliquée au cœur des grenouilles, et de nombreux travaux furent ainsi faits sur la pointe du cœur ou sur le cœur entier. Nous en rappellerons quelques-uns plus tard, ici nous voulons seulement signaler les curieuses expériences de Kuliabko qui ont été le point de départ de ce travail.

Les essais de hauteur russe ont porté sur des cœurs d’animaux à sang chaud, dont il entretenait les battements, non pas avec du sang défibriné, mais avec un sérum salin dont la formule est duc à Locke (2). Ce sérum lui a permis d’étudier, non

( 1 ) Ludwig. Arbeiten aus der Phys. Anstalt s. Leipzig, 1868, 1869, etc.

(2) Locke. Artifieial fluids as uninjurions as possibile to animal tissues. Journ. of the Boston. Soc. of med. sc. 1896 Jan. 1 seite Sep. Abdr.

seulement les battements du cœur isolé des animaux à Sang chaud, mammifères et même oiseaux, mais même de ressusciter des cœurs 12 heures, 24 heures, 3 jours', 5 jours après la mort. Ces curieux résultats furent d’abord obtenus chez des animaux tués parsaignée. L’auteur essaya ensuite, avec un égal succès, de faire rebattre les cœurs d’animaux morts de maladie. Bien plus, ses essais portèrent sur des cœurs d’enfants morts de pneumonie et il réussit à faire renaître les pulsations cardiaques, au moins dans certaines parties, 20 heures et 30 heures après la mort.

Tandis que Ivuliabko maintenait ainsi la vie du cœur, grâce au sérum de Locke, un de ses compatriotes, Kourdinovsky (1), employant le même sérum, faisait des expériences non moins curieuses sur le muscle utérin. Excisant un utérus de lapine pleine et le disposant dans une chambre humide, il a pu suivre, de visu et pas à pas, toutes les phases de la parturition.

Notre curiosité fut vivement piquée par les comptes-rendus des travaux des auteurs russes et nous avons essayé de vérifier l’action du sérum de Locke, au moins sur le cœur. Au cours de ces recherches, nous avons constaté l’influence de la chaux sur le myocarde avec une netteté si manifeste qu’elle désarmerait les plus sceptiques ; c’est pourquoi ce rôle de la chaux, n’étant peut-être pas

(1) Kourdinovski. JRousky Wratch, 1902, p. 1933.

sans importance dans le fonctionnement normal du cœur, nous avons voulu publier nos résultats.

La vie du cœur isolé formera l’objet de notre premier chapitre.

La vitalité extraordinaire du muscle cardiaque étant ainsi démontrée, et d’antre part la circulation étant la fonction la plus indispensable à la vie, nous avons4 été amené à examiner si, dans les cas de mort accidentelle, sans lésion incompatible avec la vie, il n’était point théoriquement possible, en agissant sur le cœur, de ranimer un être qui a cessé. de respirer : tel sera notre second chapitre.

Connaissant les tentatives faites dans cette voie par le massage du cœur, ayant lu la déconvenue et le doute des chirurgiens sur cette méthode, nous avons voulu nous faire une religion sur cette question, que nous traiterons en dernier lieu.

Page 1