Méthode des tractions et frictions
Ce procédé consiste à exercer simultanément des
iractions sur le cordon et une friction prolongée sur
le fond de l’utérus.
Cette méthode, employée quelquefois par Mauri-
ceau avait et aencore de nombreux partisans.
C’est Johnson,en 1769, qui parait être le promoteur
de cette méthode :<« Aussitôt que le cordon a été lié et coupé, et que l’enfant à été remis à un assistant on doit engager la malade à comprimer son abdomen avec les deux mains,aussi égalèment qu’elle le peut, en descendant de l’épigastre vers l’ombilie. Lorsque cette compression a été exercée pendant dix minutes elle doit faire une large inspiration, pendant que l'opérateur enroule le cordon, puis tire légèrement, pendant laquelle on continue à peine la compression abdominale. Trois ou quatre minutes plus tard on doit de nouveau tirer sur le cordon et lorsqu'on a ainsi agi, on doit. comprimer l’abdomen plus bas, di-
rectement vers la région ombilicale,et par ces moyens
s AT aL a ré TOME 2 65 - A
LOU, Ce le placenta sottita gériéralément, à moits d’adliérence, dans lés dix ou quinze minutes qui süivent la naissante de l’enfañit (1).»
Withe, en 1791, Delaporte,en 1822,soût également partisans de cette méthode.
Cbservation I
Délivrance par tractions sur le cordon et trictions
utérinés. Rétention complète dés membranes. (F. DuBourG.)
N..., 20 ans, primipare, accouche naturellement d'un ‘enfant vivant à terme le 6 juillet 1884 à la maternité de Tenon,service de M.Maygrier.Un quart d'heure après l’accouchement on ächève la délivrance. Lé placenta, qui se présentäit à la vulve, sort complètement découronné. Les melfbranes se déchirent sous l8s yeux ; on les attache par ün fl. Injections intra-utérities au sublimé (4 par jour). Une pärtie des meñtibraries est éxpulsée deux jours après la délivrance; le reste trois jours après. À aucun momerit il n'y à eu ui fièvre, ni tranchées, ni fétidité des lochiés. Guéris6h cümplèté à la sortie de la femmé qui à lieu le 17 juillet 1884.
Les tractions et pressions combinées ne sont en iauvais procédé que d’une part quand les tractions sont trop violentes, et d'autre part quand il est mis en œuvre avant le décollement éümihplet.
1. Rorerr WarLace Jonxsox, A. new. system of, midiw= fery, 1769. Londres.
— #7 — Qu'il s'agisse de tractions, de frictions et d’exptessiôn, il ne se produira de la rétention des membra-
nes que lorsque ces manœuvres sont pratiquées trop
{ôt, et pendant les cüniractions qui les pincent éner-
giquement.
Nous verrons plus loin quand nous étudierons la manière dont doit ètre faite une bonne délivrarice comme traitemeht prophylactique de toute tétention, dans quelles conditions et dans quels cas Pinard fait pratiquer üne méthode aujourd’hui universéelléent ädoptée de « tractions et expressions combinées ».
3, — Expression utérine.
La première idée de l'expression ütérine paraît revenir à Moriceau quoiqu'il ne lait pas nettement spécifié. Cette méthode fut employée en Angleterre, pdr S. Rob. Wallace, J. Clarke, Collin, Beatty, mais c’est Buschs en Allemagne (1803) qui paraît avoir été le précurseur de la méthode par expression. « Depuis quelques années, dit-il je mets en usage unepression exercée à pleines mains, de häut en bas et d'avant en arrière sur le fond de la mairice ; je les ai toujours trouvées très avantageuses et parfaitement sans danger pour accélérer sans danger la sortie du délivre. » Son procédé resta sans écho.
Il nous faut arriver à l’année 1848 pour que Mac
- Clintock et Hardy de Dublin en fassent un exposé
assez net. « Ayant placé la main sur le fond de
re
l'utérus, on exerce à ce niveau une friction et une légère pression... ; pour ce faire l’organe doit être solidement étreint, et une pression doit être exer= cée sur lui dans l’axe de l’entrée du pelvis. Si l'utérus était incliné à gauche, ce qui n'est pas commun, on doit chercher à le remettre en place avant de commencer à exercer sur lui des pressions. importe beaucoup au succèsde l’opération que celles-ci soient faites pendant que l'utérus est en contraction.
« Véritablement, nous avons été surpris de la facilité avec laquelle le placenta était chassé au dehors pendant la contraction de l’utérus, là où précédemment il avait résisté à nos efforts les mieux dirigés (1). »
Nous devons remarquer ici que l’on donne souvent à l’étranger le nom de méthode de Dublin à la méthode des tractions et pressions simultanées. Nous ‘: voyons au contraire que les deux accoucheurs de Dablin pratiquaient exactement la méthode que Crédé de Leipzig devait « découvrir » cinq ans plus tard.
Ce qui domine dans ce procédé auquel Crédé a donné son nom c'est que l’expression est toujours pratiquée au moment des contractions. Quant au moment choisi pour faire l'expression, Crédé et ses élèves varient beaucoup comme nous le verrons.
« Le moyen le plus simple, dit-il, pour provoquer
1. Mac. Cunrock er Haroy Pratical observation in Midwifery, 1848, p. 221.
artificiellement la sortie Gu placenta consiste à stimuler et à soutenir la contraction paresseuse, une seule contraction violente de l'utérus terminant rapidement l’expulsion. Dans tous les cas, presque sans exception,mème quand le travail a été lent, j'ai toujours réussi, un quart d'heure ou une demi-heure après la naissance de l’enfant, à exciter les contractions utérines énergiques par des frictions d’abord légères, puis fortes, sur l'utérus, à travers la paroi abdominale. Aussitôt que la contraction était arrivée à Son maximum d’intensité, je saisissais l'utérus à pleine main, de façon à ce que l’organe se trouvât bien empaumé, et j’exerçaïis, les doigts bien appliqués sur l'utérus, une pression douce (1). »
Mais bientôt les élèves renchérissent sur le maitre et veulent hâter le moment de l'intervention. . Crédé lui-même subit cette influence : « La nature nous etiseigne, dit-il (2), qu’elle effectue la délivrance avec la même force qui lui suffit pour terminer l’accouchement. Mais tout accoucheur sait que cette force naturelle esi dans bien des cas trop faible, et agit trop lentement. Dès lors le meilleur procédé, pour l’accoucheur, est d'augmenter artificiellement cette force de la nature. Nous pouvons done énoncer la proposition suivante : l’utérus doit cha-
ser lui-même le délivre ; Le plus vite après l’accou-
1. Créé. Klinische Vortrâge uber Geburtshulfe. Berlin, 1853. B 2. Créé. Monat. für Gebürt., 1861. Band XVII. blatt 274,
on chement sera le mieux; s’il ne le fait pas de bonne heure, il faut l'y Dr de peur qu'il ne soit trop tard et qu’on se trouve en présence des dangers d’une rétention trop longue du placenta. »
A cette époque le monde entier contient de nombreux partisans de l'expression allemande de Crédé, certains faisant certaines réserves. Schræder, Meyer, Winckel, Braun et Spœth, Weiss, Künecke, Dohrn, Strassmann, Runge, Litzmann, Schatz, Hohl (4). Schulze (2), Fehling, Grenser, Hégar, Hecker, Lange, Seyfert, Breisky, etc., en Allemagne ; Gœschler (3), Von Josch (4), en Autriche ; en Angleterre, Beathy, Collins, Playfair, M. Duncan, R. Barnes (3) ; Fun- Here (6) Snowden (7), Barker, en Amérique ;