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CHAPITRE V

L'agriculture au point de vue économique

L'agriculture est la continuation, le prolongement de la création dans le monde. Rien n’est plus vrai. “Le travail de la terre, en effet, que fait-il sinon faire éclore les germes de fécondité que le Créateur a déposés dans le sol,” et non pas “ tirer du néant quelque chose qui n'existait pas auparavant.” Voilà ce qui le distingne de tout autre travail soit industriel, soit commercial où tout s'opère sur des matières déjà existantes. C’est pour cette raison aussi que le travail de l’industrie ou du commerce, de lui-même, ne peut augmenter en rien ln

aleur réelle des choses... et de là la richesse d’un vays. Ce travail ne produit rien qui n’existe déjà ; ce n’est donc pas ajouter aux biens d’une contrée. Si quelquefois il améliore la. situation économique d’un pays, cette amélioration est-elle durable ? Qu'on exploite la forêt, par exemple, ia société en retirera uni bénéfice quelconque. Et après ? Tout est fini. Sun œuvre aura duré le temps de son ex- : ploitation et c’est tout. Il en est de même de l’exploitation des mines de fer, de charbon, d’or ou d'argent ou de tout ce que vous voudrez. La terre seule reste inépuisable, pourvu qu’on veuille la travailler avec intelligence et persévérance,

La société pourra se plaindre d’avoir dans son sein trop de Commerçants et d’industriels et même de professionnels. Est-ce que l’encombrement des professions libérales, dans certaines villes de notre pays, n’est pas déjà une véritable plaie ? Mais la société n’aura jamais à se plaindre d’avoir trop de cultivateurs ; elle se félicitera, au contraire, de leur nombre toujours croissant et cela dans l'intérêt le plus cher de ses enfants et de l’humanité entière.

Tous les autres arts, soit libéraux, soit mécaniques, ne peuvent absolument rien non plus sans l’agriculture. S’ils existent, ils doivent leur existence première aux produits de la terre. L’indus-

trie n’est-elle pas en réalité une modification des produits du sol ? Tandis que le commerce, qu’estil autre chose, sinon l'échange ou la distribution de ces mêmes produits ? Pour utiliser la laine ües brebis et le cuir des bestiaux, il faut créer les immenses usines des villes. Voilà l’industrie qui bat son plein. Le surplus des Produits que l’on transporte à l'étranger, qui ne peut se suffire dans les choses nécessaires à la vie: voilà le commerce de ces vastes entrepôts, de ces superbes édifices, de ces manufactures gigantesques ; de là, l'équipement de ces milliers de voiliers et de géants des mers qui

sillonneront les océans en tous sens ; de là, le sourd

roulement des chars dans les vallées, le long des

mers, des grands lacs; de là, en un mot, l’explica-

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