III. - Repas communs
Quelle condescendance dans le Sauveur res- :
suscité! Il ne néglige rien pour que ses disciples le reconnaissent, de plus en plus, comme vrai Dieu et vrai homme! Parmi les hommes, s'asseoir
à une même table, y prendre ensemble la même nourriture matérielle, et restaurer aïnsi les forces | du corps, est un symbole de l’union des cœurs et des volontés au banquet de la vie. Jésus daigne
donc prendre plusieurs repas avec ses disciples.
Ils n’oseraient l’inviter, il s'invite lui-même: « Enfants, dit-il, avez-vous quelque nourriture? :».
Alors ils lui servent un morceau de poisson grillé, puis un rayon de miél; le poisson soumis aux flammes symbolise la Passion, le rayon de miel figure la sagesse et la douceur du divin Précepteur. Après avoir mangé devant eux, il leur distribue les restes: précieuses reliques, que celles
ne.
“ Ce
de la table d’un Dieu! Une autre fois, après la 4
pêche miraculeuse, les disciples, à peine descendus sur le rivage, trouvent déjà, par la providence de
Jésus, des charbons allumés, sur les charbons un
poisson, et près de là du pain: « Venez, leur dit-il
alors, et mangez * ». Ils s’asseyent donc près du foyer, et Jésus prenant lui-même le pain, puis les mets, les leur distribue. Ils sont tellement saisis d’admiration, qu’ils mangent tous en silence. Le
1 [OAN. Xx1, 5. — 2 Ibid., 12.
APN HS
- repas offert par les disciples d'Emmaüs est aussi un mystère de bonté, mêlé d’enseignements profonds. Enfin une dernière table est dressée pour les disciples avant l’Ascension. Où finissait, dans ces agapes, la réfection matérielle, où commençait l’ Eu- charistie? nous chercherions en vain à le préciser:
il nous suffit de savoir que partout c'était la même
charité, la mème libéralité, la même divinité.
Puissent les prêtres, quand ils s’invitent les.uns P
les autres à une même table, reproduire cette scène
évangélique ! Puisse leur union extérieure figurer leur amitié sincère et l’union surnaturelle de leurs cœurs! Si la frugalité des mets n’égale pas à leur table celle du récit sacré, la différence aura comme motif la charité et le respect pour les hôtes, jamais l'intention orgueilleuse, dans celui qui les
H-recoit, dé se faire honneur à lui- -même. Une prière
grave et pieuse précédera et suivra toujours le.
repas; la joie spirituelle et la reconnaissance en seront les mets les plus réconfortants. Toute réflexion aigre ou mordante sur les absents, toute critique de l'autorité ecclésiastique, toute allusion, méme en général, au ministère de la confession et aux travers de ceux qu'on Y entend, tout propos peu digne du caractère sacerdotal, seront inexorablement bannis, ou plutôt ils n’oseront même pas frapper à la porte de la salle. Le Maître préside la table.