PÉCHÉS CAPITAUX. - LA PARESSE
sance, peut-être,) nos parents et nos amis, soit flatterie, soit amour trop naturel, nous reprocher dé travailler trop, de ne pas assez ménager nos forces, de compromettre notre santé?
8.° Avons-nous compris que la vigilance est . une partie importante de notre tâche, attendu que, par elle, nous pouvons employer utilement . l’activité de ceux qui dépendent de nous, prévoir les obstacles au bien, et les écarter avec sagesse, sans bruit ni perte de temps, ni vaine dépense de forces? Avons-nous rempli sans relâche tous les devoirs que cette vigilance nous impose?
20% Avons-nous muürement considéré, que notre travail n'était pas seulement d’arracher du champ évangélique les ronces et les épines, ni d’en chasser le serpent venimeux, c’est à dire le péché; mais qu’une partie importante de nos sollicitudes était de cultiver les plantes spirituelles confiées à l'Église par le céleste Agriculteur, c’est-à dire les âmes des justes et les vertus de choix qui doivent les distinguer?
10.° Cette culture du bien, qui réclamait nos efforts les plus constants et méritait nos prédilections, car elle pouvait être pour nous la source des plus pures consolations, n’a-t-elle pas été négligée sans le moindre scrupule? La formation des personnes pieuses ne nous a-t-elle pas semblé un idéal illusoire, vu la vulgarité des âmes, ou au moins un travail d'importance secondaire, bon tout au plus pour certains prêtres qui en ont le goût et
le don? N'est-ce pas à cause de ces fausses théo-.
ries, dont s’est autorisée notre -négligence, que. + "2 .
nous avons. exercé le ministère de la confession.
sans exactitudé et avec précipitation, que la fré-
quentation de la sainte Table a été, sous notre administration, rare ou mal préparée et peu fructeuse, et que la stérilité, pour ne pas dire la grave
Conclusion.
Mon Dieu, quand vos Saints me disent que:
«ne rien faire, c’est mal faire », leur maxime n’est
ni un paradoxe, ni une exagération, mais un commentaire de ce que vous dites vous-même au ser viteur de l'Évangile, en le qualifiant de « serviteur mauvais et paresseux “», tandis que vous louez l’autre serviteur comme « fidèle et bon». Sen-
tences propres à m'effrayer et à me consoler. Si: je tombe dans la négligence, même sans avoir commis des désordres positifs et choquants aux
regards, je suis dans l’armée du Christ un soldat
inerte, qui prétend faire beaucoup en ne passant pas à l'ennemi; je suis même, dans la maison de Dieu, un artisan d'iniquité, un malfaiteur. Ah! Je
veux éviter cette honte. Je ferai donc une guerre
implacable à la paresse, et j'apporterai au travail une intelligence toujours plus attentive, une énergie
1 Luc. xIx, 22. — 2 MATT. XXV, 21.
culpabilité, a été le résultat final de notre apostolat?
2 RSI