ROM. XI, 33. — 2 HEBR. XII, 2. — 3 GAL. II
figuration sur le Thabor, ajoutait: « Mais nous avons quelque chose de plus ferme, la parole des prophètes, à laquelle vous faites bien de donner votre attention, comme à une lumière qui luit dans un lieu de ténébres, jusqu’à ce que le jour se lève et que l'étoile du matin brille dans
VOS CŒUrS ‘ ».
« La foi, reprend S. Paul, nous obtient, comme conséquence de son origine, la propitiation pour
nos péchés, elle nous fournit contre nos adversaires toute espèce d'armes, le casque pour protéger notre tête, Je bouclier pour couvrir notre cœur, et ainsi la paix nous est assurée, Mais cette paix n’est pas oisive; la foi est éminemment pratique et doit opérer par la charité; sans les œuvres elle serait morte et ne saurait plaire à Dieu. Quand, au contraire, le juste a soin de faire grandir en lui la foi par les œuvres, elle constitue sa vie : et le Christ, par la foi, habite dans son cœur ». Tels sont, en résumé, les enseignements de Paul.
e Aussi, quelle consolation pour lui de voir la foi .… fleurir et croître dans les Âmes conquises à Jésus- Christ par son zèle, et qui font maintenant l' édifica- : tion du monde entier! toutes ses Épitres le témoi-
4 | . Les adversaires de la foi. - Précisément parce . . que + foi était la question vitale et le mot d’ordre del action de Paul dans la chrétienté, il devait s’at-
PMIMPEER. 1, 19.
Pas NT | TROISIÈME JOUR. -
tendre à la voir fortement combattue. Trois adver- * saires redoutables se levérent en effet: la justice légale du judaïsme, la raison philosophique et le faux mysticisme. Il fallait leur résister et les. renverser. Saint Paul n'a cessé pour cela de lutter avec succés. | fé Il avait étudié à fond la /o7 mosaique et les traditions paternelles; il respectait ce qu’elles avaient de juste et de saint. Maïs, en résumé, qu'était, remarque-t-il, cette loi judaïque? Un péda- = ‘ gogue chargé de garder les enfants sous sa discipline, jusqu'à leur majorité. Tout ce système d’observances légales pouvait même faire prendre … le change aux juifs, s’ils se persuadaient que leur exécution littérale fût, par elle seule, la vie et la perfection; avec cette fausse idée, la loi devenait, pour les violateurs, une occasion de prévarication, le motif d’une sentence de mort. Heureusement, un souffle de la loi nouvelle, de vives lumières de la foi en Jésus-Christ circulaient déjà sous la loi mosaique, dont elles faisaient, surtout dans CEA 4 taines âmes d'élite, la vie et la grandeur. Rien de comparable au tableau que nous présente S. Paul k. de la foi des patriarches et des prophètes, «vi. vant sous des tentes comme des voyageurs dé- Fa sireux de la patrie, pourchassés de tous côtés par les ennemis de Dieu, réduits à errer dans la solitude ou à se réfugier dans les cavernes, arrêtés, lapidés, sciés en deux, passés au fil de l’épée; tous d’accord pour rendre à la foi le
ue
HE nr UN ro* BEL ATEN PAR NOUS. - ENCORE S. PAUL. 85.
plus courageux et le plus méritoire dés témoi- | gnages y k È Sainte foil voilà tes œuvres, voilà tes défen- | seurs, voilà tes héros, même sous le Testament % antique, qui était une ére de préparation à la | venue du Sauveur. Paul peut donc conclure: « En préconisant la foi, avons-nous détruit la loi? A __ Dieu ne plaise, nous l’avons affermie: car nous
n’avons fait que préciser son esprit et son but, : qui sont le salut par le Christ ? ».
Voici d’autres, adversaires en sens opposé, les représentants de la rarson philosophique. Vs porteraient volontiers jusqu'aux nues certains en-
seignements de morale chrétienne, certains dog- E mes transcendants, comme celui du « Verbe incréé, qui illumine tout homme venant en ce monde ». Mais la foi en un Dieu incarné, passible, anéanti, est pour eux une folie. Or cette folie apparente, saint Paul le déclare avec sa vigueur ordinaire, est, dans les desseins de Dieu, une profonde 5 sagesse 3, Sans contredit, la foi, puisqu'elle vient de la raison infinie et descend vers l’homme pour guérir son orgueil, doit exiger l'hommage de ses facultés rationnelles ‘, en sorte que « toute hauteur se dressant contre le Christ soit renversée, et que toute intelligence soit réduite en servitude sous son joug “». Mais combien l'homme doit se féliciter d’avoir donné à Dieu en sacrifice ce qu'il
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À 1 Hesr. xn) 3 etc. — 2 ROM. m1, 21, etc. — 3 ‘Cor: 1, 24, etc. — 4 Rom. x, 1. — 5 IT COR. x, 5.
TROISIÈME JOUR. - C
a de plus libre, sa raison! Il la voit se relever ; bientôt, d'autant plus éclairée désormais, d'autant plus grande, d'autant plus féconde en progrès qu’elle s’est montrée plus généreuse et plus humble dans sa soumission. Bienfait dont on comprend mieux encore l'étendue quand on voit les … sages de ce monde, rebelles par orgueil au joug de la foi, errer misérablement à tout vent de 524 doctrine “. Sur le sable mouvant de leurs conceptions, ils n'ont édifié que pour préparer des … ruines. Saint Paul, attristé de voir de si beaux génies en arriver là, pouvait donc redire après le divin Maître: « Je vous rends grâces, Ô mon Père, … de ce qu'ayant caché ces choses aux sages et aux superbes, vous les avez révélées aux petits et aux 2 humbles de cœur ?
Na Restaitn Je ur mysticisme, dont le = 4 gneur Jésus avait dit: « Gardez-vous des faux pro. phètes ; ils viennent à vous déguisés en agneaux, mais dans le fond ce sont des loups ravisseurs 3». Paul voyait croître ce mal sous ses yeux et pres. sentait pour l'avenir des ravages plus grands encore, De faux frères surgirent contre lui, précisément parce qu'il soutenait la pureté de la foi, et il n'omit rien pour les démasquer. En quoi di consistait cette plaie, qui s’est perpétuée dans tous les âges sous des noms divers? Un mot le … résume : Le but final poursuivi par Satan, le grand
1 EPH. IV, 14. — 2 Luc. x, 21.— 3 MATT. VI, 15.
faussaire et le grand trompeur, c'était, c’est en-
core, ce sera toujours, de réduire à néant la Rédemption, en détournant les hommes des moyens ordonnés par Dieu pour la dispensation de ses
grâces de salut. La foi traçant le vrai chemin, l'adversaire doit s'appliquer à en détourner les
hommes, et il n’y manque pas.
Il suggère comme motif le besoin d’une plus
É es liberté pour les âmes, ou l’autorité de
certaines voix soi-disant venues du ciel, ou le be-
soin d’une plus profonde connaissance des Écritu- res, ou la nécessité d’une réforme dans l’ Église etc.
Et, rusé autant que méchant, il empêche ses adeptes de briser avec la société des croyants, afin de mieux
circuler dans leurs rangs ét d’y répandre plus im-
punément la contagion.
- Où peuvent aboutir les artisans de ce mystère
d’iniquité? S. Paul nous le montrait déjà. Aprés
avoir disserté à perte de vue sur les anges, la
création, l’origine du mal, les généalogies, la fin - du monde, ils adoptent pour dogmes des fables
de vieille femme, et leur morale conspire à faire régner la chair sur l'esprit. Ils tombent si bas, par désespoir de n’avoir rien trouvé de solide dans leurs systèmes; et, chose horrible à dire, l'esprit
impur dont ils sont devenus le jouet leur montre,
dans la liberté du désordre, le plus haut degré
de dégagement de la terre et d'union à Dieu!
On comprend donc que S. Paul, qui recom-
mandaïit instamment de faire bon accueil aux fai-
bles dans la foi, et voulait qu'on reprit durement les imprudents ‘pour les préserver de la contagion, n’eût pour les malicieux, pour les endurcis, surtout pour les chefs de secte, qu’une sentence d’excommunication. « Je les ai livrés à Satan, disait-il avec son autorité de juge et au nom de … l'Église, afin qu’ils apprennent à ne plus blasphémer “». Sévir lui coûtait, mais il se rappelait le mot de l’archange saint Michel, dans sa lutte victorieuse contre les anges de ténébres: « Qui
est semblable à Dieu? »