‹ Retraites pascales (volume 3)Chapitre 79 sur 107 · Ibid.,n · texte numérisé non relu

Ibid.,n

i. Ibid.) cap. xv, 15.

Jésus a promis de revenir vers vous. Prêtez l'oreille au bruit de ses pas et au son de sa voix ; reconnaissez son invisible approche aux mouvements dont votre cœur est agité. La tristesse, l'inquiétude, les déceptions, le dégoût qui troublent vos jouissances, la lassitude du joug déshonorant qui pèse sur vos consciences, les souvenirs du passé qui vous importunent, autant de mystérieux murmures au fond desquels j'entends cette parole : iterum venio. Les touchants appels de l'Église en ces saints jours, ma voix d'apôtre qui vous conjure et vous presse de rentrer en vous-mêmes, c'est l'appel, c'est la voix de Jésus-Christ qui revient à vous. Il revient ! — Quel crime et quel malheur si vous vous enfuyez à son approche ! N'avez-vous pas peur de vous perdre en ces lointaines et ténébreuses régions de l'endurcissement où le retour du Sauveur devient impossible? Jésus revient! Profitez de sa miséricorde. Faites comme ses disciples infidèles, tombez à ses pieds, pleurez vos fautes, recevez son pardon et méritez d'être appelés ses amis. Le péché vous a trompés : vous avez cru n'y trouver que des douceurs et vous n'en avez que trop souvent senti l'amertume. Ouvrez votre cœur à l'hôte divin qui revient et votre cœur

sera rempli de joie : Iterum vldcbo vos, et gaudehll cor veslrum.

Après avoir appelé l'attention de ses enfants sur les faiblesses de nature dont ils seront les victimes, le divin Père de famille les avertit des dangers qu'ils rencontreront bientôt autour d'eux. Ils seront en butte à la haine et aux persécutions du monde.

Pour bien comprendre ce solennel avertissement du Sauveur, rappelez- vous, Messieurs, ce que je vous ai dit dans une de nos retraites : celle où je vous ai parlé de la tentation et des tentateurs1. I^e monde, tel qu'il faut l'entendre ici, ce n'est pas l'ensemble des êtres, ni la terre qui nous porte, ni l'espèce humaine, ni telle ou telle société plus ou moins policée dans laquelle se trouvent mêlés les bons et les mauvais; le monde, au sens évangé-

1. Cf. Retraites pascales, 1877, deuxième instruction, Le Monde.

lique, est tout ce qui, dans l'humanité, prend le parti d'un esprit pervers dont l'activité n'est occupée qu'à troubler les desseins de Dieu ; tout ce qui, par pensée, paroles et actions, proteste contre Dieu, contre ses enseignements, contre sa loi, contre sa grâce, contre la vie supérieure qu'il nous communique, contre les espérances qu'il nous donne, contre les destinées qu'il nous a laites; le monde, c'est la famille spirituelle, l'église de l'esprit ténébreux en qui le mal se personnifie : Mundus totus in maligno positus est1. Les premiers apôtres de l'Evangile nous ont dit de lui qu'il est l'ennemi du Christ et des chrétiens autant que Satan, que ses richesses sont des engins de perdition, que sa sagesse est folie, que ses plaisirs, son luxe, ses honneurs, ne sont que les débauches publiques de ses concupiscences, et un grave historien, qui ne connaissait pas l'Évangile, l'a défini en quelques mots : corrompre et être corrompu, c'est ce qu'on appelle le monde : Corvumpere et corrumpi hoc vocatur sseculum*. Le monde est corrompu dans ses maximes auxquelles

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