Joan., cap. xvn
vous hait, sachez qu'il m'a pris en haine avant vous. Il vous aimerait, comme il aime tout ce qui est à lui, si vous lui apparteniez, mais vous n'êtes pas du monde, car je vous ai retirés par choix du milieu de lui; c'est pour cela qu'il va vous haïr. Souvenez- vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. Si donc ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront... et cela à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé... Ils vous chasseront des synagogues, et l'heure vient où quiconque vous tuera croira rendre hommage à Dieu*. »
Je n'ai pas besoin, Messieurs, de vous demander si ces avertissements du Sauveur ont été justifiés par les événements ; car vous n'ignorez point que
1. Si mundus vos odit, scitote quia me priorem vobis odio habuit. Si de mundo fuissetis, mundus quod s'uum erat diligeret: quia vero de mundo non estis, sed ego elegi vos de mundo, propterea odit vos mundus. Mementote sermonis mei quem ego dixi vobis: Non est servus major domino suo. Si me persecuti sunt et vos persequentur.... Sed haec omnia facient vobis propter nomen
meum, quia nesciunt eum qui misit me Absque sy-
nagogis facient vos : sed venit hora, ut omnis qui interficit vos arbitretur obsequium se praestare Deo. (Joan., cap. xv, 18-21 —xvi, 2.)
les apôtres ont été haïs et persécutés comme leur Maître, l'Eglise comme les apôtres, et vous avez actuellement sous les yeux la confirmation de cette criante injustice. « Le monde, dit le Sauveur, accomplit cet oracle des saints Livres : Ils m'ont haï sans raison : Odio hahuerunt me gratis1. » Il hait et il persécute parce qu'il ne veut pas reconnaître la divine mission du Christ et de son Eglise. Voilà son crime; car le Christ, les apôtres, l'Eglise ont fait des œuvres merveilleuses de puissance et d'amour par lesquelles le divin s'impose irrésistiblement à la raison. D'un bout à l'autre des siècles chrétiens, cette parole est vraie : « Le monde ennemi et persécuteur serait sans péché si le Christ, par lui-même et par les siens , n'avait fait des œuvres que personne n'a jamais faites : Si opéra non fecissem in eis quœ nemo alius fecit^peccatum non haberent.» Mais « le monde a vu ces œuvres et il est plein de haine : Nunc autem viderunt et oderunt'2. »
Pourquoi cette haine, Messieurs ? — Ah ! parce que le ténébreux pouvoir auquel le monde obéit
i. Joan., cap. x, 25.