‹ Retraites pascales (volume 4)Chapitre 33 sur 61 · PREMIÈRE INSTRUCTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE INSTRUCTION

Messieurs,

L'origine divine du pouvoir de TÉglise, son admirable constitution, les actes souverains de son gouvernement, son incontestable prééminence sur tous les pouvoirs humains nous la montrent sous un aspect grandiose qui commande notre vénération: C'est une reine. Elle éclipse toutes les majestés de la terre; cependant elle n'a point l'air fier et hautain de ceux qui exercent icibas l'autorité suprême, et, bien loin de nous demander les respects tremblants et les serviles humilia-

tions qui s'agitent autour des trônes, on dirait qu'elle veut nous faire oublier sa royale grandeur, pour que nous ne songions qu'à son amour maternel.

L'apôtre saint Paul nous la représente comme l'épouse du Christ. «Hommes, dit-il, aimez vos épouses comme le Christ a aimé son Eglise, jusqu'à se sacrifier pour elle ; voulant avoir en cette glorieuse Église, sans tache ni ride, ni rien de ce qui pourrait ternir sa beauté, une épouse sainte et immaculée1. » A ce titre, Messieurs, l'Église est la mère visible de la famille chrétienne dont Jésus- Christ est le chef invisible. C'est sous cet aspect que je veux vous faire envisager son autorité; c'est de cette autorité maternelle que je veux déduire, pendant le cours de cette retraite, vos devoirs envers l'Église.

L'Église nous enfante à la vie chrétienne, l'Église fait l'éducation de notre vie chrétienne, l'Église protège avec une maternelle sollicitude

i. Viri diligite uxores vestras, sicut et Christus dilexit Ecclesiam et seipsum tradidit pro ea... Ut exhiberet sibi gloriosam Ecclesiam, non habentem maculam, aut rugam, aut aliquid hujusmodi, sed ut sit sancta et immacuiata. (Ephes., cap., v, "25, 27.)

LA MATERNITÉ DE i/ÉGLISE. 161

notre vie chrétienne ; voilà les pensées que nous allons méditer aujourd'hui.

Lorsque Dieu créa nos premiers parents, il mit en eux le germe des innombrables générations qui devaient jaillir de leur sein, et, pour en assurer la fécondité, il le pénétra de la toute-puissante parole qui venait de faire éclore les merveilles du monde : «Croissez, dit-il, multipliez-vous et remplissez la terre : Crescite, multiplicamini et replète terrain*. » C'est à la vertu de cette parole que nous devons la vie; le jour où elle cessera d'opérer, xl'humanité sera condamnée à s'éteindre.

Un fait analogue à celui des premiers jours s'est produit, dans un ordre plus élevé, aux origines de l'Eglise. Le même Verbe, par qui toutes choses ont été faites, a mis en elle et fécondé le germe des générations chrétiennes qu'elle devait enfanter. Et comme ce n'était point un acte charnel

Page 1