MERCREDI SAINT
TROISIEME INSTRUCTION.— aimer l'église de toute sa volonté. — Le propre de l'amour est de nous rendre chère la volonté de ceux que nous aimons. — L'Eglise peut nous dire comme son divin époux : « Si vous m'aimez, gardez mes commandements . » — Pour nous aider dans l'accomplissement de ce devoir filial : 1° Etudier la portée des commandements de l'Eglise.
— 2° Faire en leur présence un examen de conscience.
I. L'autorité législative de l'Eglise émane de Dieu, toutefois ses commandements n'ont pas le même caractère que les préceptes divins. — On doit cependant les prendre au sérieux et se garder de n'y voir que des indications bienveillantes qu'on peut suivre ou négliger. — Ceux qui prétendent s'en tenir aux grandes lignes de la religion. — Qu'on s'expose à abandonner ces grandes lignesquand on méprise les lois de l'Eglise.
— Rapports de ces lois avec les commandements de Dieu. — L'amour de Dieu, — le culte, — les sacrements, — la pénitence. — L'Eglise est d'accord, par tous les chapitres de sa législation, avec le divin chef de la famille chrétienne. — Il faut obéir, car Dieu a dit : Qui vous écoute, etc.; — Tout ce que vous lierez, etc.
II. Fausses interprétations des lois de l'Eglise. — Dispenses illégitimes. — Examen détaillé. — 1° La confession annuelle et les Pâques; — les abstentionnistes; les intermittents ; — les profanateurs; — les routiniers. 2° Sanctification du dimanche et des fêtes. — La messe.
— Ceux qui y manquent, sans raison suffisante, — les retardataires, — les hôtes sacrilèges du saint lieu. — 3° Jeûnes et abstinences, — miséricorde de l'Eglise dans sa loi pénitentiaire. — Quels sont ceux pour lesquels nous devons avoir de la condescendance. — Lâcheté des mondains, amour du bien-être et respect humain. — Compensations à offrir à Dieu pour notre impuissance. — Comment nous les lui refusons. — Que doit faire le vrai chrétien ?
JEUDI SAINT
QUATRIEME INSTRUCTION. — aimer l'église de
TOUT SON COEUR, DE TOUTES SES FORCES. — L'amour
filial doit ajouter à la soumission de l'esprit et de la volonté les actes de générosité et de dévouement. — Donc, aimer l'Eglise de tout son cœur et de toutes ses forces. — Cet amour doit être : — 1° un amour consolateur, — -2° vengeur,— 3* conquérant. — I. Amour consolateur. — Afflictions de l'Eglise, — elle compte sur nous pour être consolée. — 1° Par notre sincère et pieuse compassion. — Comédie des compassions humaines. — Ce que doit être dans les circonstances présentes la compassion des chrétiens pour leur mère l'Eglise — 2° Consolation par nos efforts pour compenser par la perfection de notre vie chrétienne les défections qui affligent l'Eglise. — 3° Consolation par notre union. — 4° Consolation par notre courage dans l'épreuve. — 5° Consolation par la ferveur et la persistance de nos prières. — II. Amour vengeur. — Quels sens le cœur chrétien doit donner à ce mot vengeance.— Pas d'imprécations, pas de désirs impatients et cruels. — L'esprit chrétien est un esprit de mansuétude et de charité. — Que la charité ne doit pas dégénérer en faiblesse à l'égard des ennemis de l'Eglise. Il faut la venger : — 1° En consacrant notre science et notre talent à sa sainte cause. — 2° En professant une plus profonde estime pour ceux de ses ministres qui portent le poids de la persécution. — 3° En soutenant de toutes manières les œuvres d'éducation et de bienfaisance qu'on prétend soustraire à sa religieuse influence. — III. Amour conquérant. — Qui aime l'Eglise doit épouser sa sainte ambition et l'aider à
étendre ses conquêtes. — Ie L'Eglise veut des âmes, désirons avec elle l'extension indéfinie de la famille chrétienne. — L'Eglise travaille au salut des âmes, travaillons avec elle par notre apostolat de parole et d'exemple, — par nos aumônes, — par nos prières, — par notre sang, c'est-à-dire, pères et mères, en sacrifiant généreusement nos enfants pour le service de l'Eglise. — Un mot à ceux qui prétendent qu'on ne peut aimer l'Eglise sans déplacer les légitimes affections et surtout sans faire tort à l'amour sacré de la patrie. — Belles paroles de saint Augustin.