I. Pet., cap. m
l'amour patient et dévoué. 49
si ardemment désirée qui doit fondre enfin toute votre vie dans une vie qui vous est chère. Rappelez-vous cette femme héroïque , patronne des épouses et des mères désolées, qui, pendant de longues années, attendit patiemment la miséricorde de Dieu1. Elle attendait, n'opposant le plus souvent aux contradictions, aux blasphèmes, aux injustes colères de son mari qu'un silence plein de douceur. Sans cesse elle agissait autour de lui ; ne pouvant ouvrir la bouche, elle ouvrait sous les yeux de l'infidèle le livre de sa vie. Sa patience et son dévouement, entrèrent, goutte à goutte, dans cette âme altière, et sourdement minés par une incessante pénétration, les remparts d'orgueil et de mauvais vouloir qui arrêtaient la grâce de Dieu 'croulèrent enfin. Patrice se convertit et mourut le cœur plein de regrets et de reconnaissance, en couvrant de baisers et de pleurs les mains bénies de celle qui l'avait vaincu.
Comme Monique, vous vaincrez aussi, Mesdames, si vous savez attendre. Et dans vos unions, jusqu'ici imparfaites, si elles ne sont pas malheu-
1. Expectabat, Domine, misericordiam tuam. (S. Aug., Confess.)
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reuses, vous verrez enfin s'accomplir le miracle de la grâce dont vient de vous parler l'Apôtre : la fusion de deux vies en une seule vie, protégée de part et d'autre par la patience et pénétrée d'un fraternel amour, d'où procède le constant échange des dévouements : In fine au te m unanimes , compatientes et fraternitatis amatores.