Sine me nihil potestis facere. (Joan., cap. xv
lui ; tout en lui : Per ipsum et cwn ipso et in ipso. »
D'où vient cet enseignement, Messieurs? De moi ? — Non. Je ne suis pas un sage, uniquement occupé de faire concurrence à votre sagesse, je suis le représentant et Torgane de la société chrétienne, des siècles chrétiens, des peuples chrétiens. Les maximes évangéliques et apostoliques, que vous venez d'entendre, sont pour vous tellement publiques qu'il vous est impossible de les ignorer. Par conséquent, si elles vous imposent un devoir, vous ne pouvez pas, dans votre sagesse tout humaine, bénéficier de cette foi implicite dont Dieu se contente de la part de ceux qui, n'ayant point entendu la prédication de FEvangile, sont disposés néanmoins, sans connaître Jésus- Christ, à croire tout ce que Dieu veut qu'ils croient , à faire tout ce que Dieu veut qu'ils fassent. A la publicité immense, l'enseignement qui fait dépendre votre salut éternel de la connaissance et de la recherche de Jésus-Christ, joint Tautorité la plus vénérable, la plus indiscutable. C'est l'Eglise qui parle : l'Eglise, vieille de dixneuf siècles, pleine du souvenir des merveilles
qui ont illustré son berceau, instruite par l'expé-
rieiice, toujours ferme dans sa foi, malgré les incessantes contradictions qui Font éprouvée ; l'Eglise, c'est-à-dire la science unie à la piété, l'amour prodigue de lui-même et tellement attentif à soulager les misères de cette vie, qu'on ne peut supposer qu'il veuille nous tromper quand il s'agit de nos intérêts éternels ; l'Eglise, c'est-à-dire des centaines de millions d'hommes de tous les âges, de tous les pays, de toutes les conditions, qui ont cru et croient encore en Jésus-Christ, qui ont donné et donnent encore leur sang pour Jésus - Christ, qui ont demandé et demandent encore leur perfection à Jésus -Christ, qui ont cherché et cherchent encore leur salut en Jésus-Christ. Estce que vous pouvez ne pas tenir compte de cette autorité, Messieurs?
Remarquez bien, je vous prie, que la plus vulgaire prudence veut que vous preniez le parti le plus sûr^ dans une affaire où votre sort éternel est tellement engagé que, si par malheur vous veniez à manquer votre but, vous ne pouvez plus vous reprendre pour l'atteindre.
Remarquez bien, encore, que renseignement chrétien est d'accord avec les données fondamentales de la sagesse humaine, touchant la nécessité
de fixer, par la pratique du bien, vos destinées dans un monde meilleur. Il veut, sans doute, que la nature se surpasse, mais il ne la contredit pas. Remarquez, enfin, qu'on ne vous laisse pas le choix entre la nature et la grâce : connaitre Jésus-Christ, l'aimer, le servir, être uni à lui, c'est la condition sine qua non de votre salut: « Non est in alio aliquosalus,y) D'oùil suit que, même en vous plaçant à un point de vue purement humain, votre plus grave intérêt est insuffisamment garanti par la sagesse humaine, tandis qu'il est aussi parfaitement assuré que possible par la sagesse chrétienne. — Chercher Jésus-Christ est donc le parti le plus sûr. Négliger, par indifférence ou mépris, cette recherche, c'est plus que de la présomption, c'est de la folie.
Et maintenant, écoutez bien ma conclusion générale : Puisque notre plus grave intérêt est en jeu dans la recherche de Jésus-Christ, puisqu'il y va de l'honneur de notre intelligence, puisque cette recherche s'impose à notre honnêteté , celui qui ne cherche pas Jésus -Christ n'est ni un homme sage, ni un homme intelligent, ni un honnête homme.
Contestez-moi aujourd'hui, tant que vous voudrez, cette conclusion ; un jour, il faudra bien que
VOUS en confessiez la justesse. — Sages du monde, sur le seuil de cette éternité où vous croyez pouvoir vous établir en paix, par les seules forces de la nature 5 le Christ, que vous avez fui pendant votre vie terrestre, viendra au devant de vous et vous dira : <( C'est moi : Ego sum. » A la splendeur de sa gloire, vous reconnaîtrez celui de qui dépendait votre salut; honteux et consternés, vous tendrez vers lui des mains suppliantes et vous vous écrierez d'une voix lamentable : « Nous nous sommes donc trompés : Ergo errsivirnusK » Mais lui, si longtemps mé]3risé par votre insolent orgueil, ne répondra à vos. regrets tardifs que par cette parole terrible : « Nescio vos : Je ne vous connais pas ^ »
Et vous. Messieurs, vous qui, convaincus de votre devoir, dépensez aux plaisirs et aux affaires de ce monde une activité fiévreuse, remettant de jour en jour les pieuses démarches qui doivent vous rapprocher de votre Sauveur; vous qui dites sans cesse : demain ! demain ! quand les sollicitudes de la vie seront moins pressantes ; quand les passions auront éteint leur feu ; quand les années