‹ Retraites pascalesChapitre 74 sur 98 · Luc, cap. XIX, de 1 à · texte numérisé non relu

Luc, cap. XIX, de 1 à

qu'au bout de la vérité. Elle ne sépare pas ce qu'il faudra croire de ce qu'il faudra faire ; mais, toutes les conséquences pratiques d'une vérité connue, elle les accepte d'avance, sans exception aucune. Quand Jésus-Christ viendra prendre possession de l'âme qui le cherche, il imposera sans doute le respect et le culte de sa divine majesté; il faudra renverser à ses pieds les idoles qui ont séduit notre esprit et notre cœur : erreurs longtemps caressées, passions facilement obéies, habitudes prises et comme incarnées dans notre personne ; il faudra, au mépris de notre orgueil et de notre sensualité, des repentirs, des aveux, des réparations, des changements; il faudra contredire^ peutêtre, à tout notre passé pour porter le joug d'une loi parfaite, et nous engager dans une vie laborieuse où notre mollesse ne trouvera aucun repos, si nous sommes fidèles à nos devoirs de chrétiens ; bref, il faudra se crucifier, avec le Dieu crucifié. Mais, qu'importe! si elle doit trouver la vérité, alors même qu'elle n'en discerne pas encore clairement toutes les conclusions pratiques, la bonne volonté se décide à tout, comptant bien qu'on ne peut se mettre en rapport avec Dieu, sans recevoir de lui la force en même temps que la lumière.

Avec autant de générosité que de sincérité elle s'écrie : u Je veux voir Jésus. Voluvius Jesum vider e. »

Enfin, Messieurs, la bonne volonté est une volonté persévérante; une volonté que ne rebutent pas les difficultés, et qui, par tous les moyens dont elle peut disposer, s'efforce d'arriver à son but. Employer toutes nos ressources de facultés, de temps , de travail , dans la recherche de Jésus- Christ, c'est notre devoir; l'entreprise est digne des plus nobles efforts. Mais, attendons-nous à des arrêts qui éprouveront notre courage. L'influence latente des préjugés et des passions, même après que nous les avons désavoués, ne laisse pas de se faire sentir. L'esprit, en quête de la lumière, voit monter devant lui des points noirs qui se condensent en nuages obscurs. — Ce sont des mystères profonds, dont la raison s'effraye; une perfection si haute qu'elle confond et désespère la faiblesse humaine. Le Christ cherché nous apparaît dans l'ombre, et nous sommes tentés de dire avec les infortunés que fait parler le prophète Isaïe ' : « Nous attendions la lumière, et voici les

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