‹ Retraites pascalesChapitre 76 sur 98 · JEUDI SAINT QUATRIÈME INSTRUCTION · texte numérisé non relu

JEUDI SAINT QUATRIÈME INSTRUCTION

Messieurs,

Vous êtes convaincus j je l'espère, de l'obligation de chercher Jésus-Christ; vous savez où le trouver; il ne tient qu'à vous de disposer votre âme par la simplicité, la droiture, la bonne volonté, pour que votre recherche soit fructueuse. — Tout est prêt, il ne me reste plus qu'une dernière et importante question à vous adresser : Pourquoi chercher Jésus-Christ? ou, si vous l'aimez mieux : Que faire lorsqu'on a eu le bonheur de trouver Jésus-Christ ? Pensez-vous qu'il se contente d'une connaissance platonique de ses perfections, d'une

foi sans œuvres, par laquelle vous confesserez sa divinité, sans tirer les conséquences pratiques de ce dogme fondamental? Cela n'est pas possible. Celui qui se croit chrétien, dans de pareilles conditions, se ment à lui-même et n'a trouvé Jésus- Christ que pour aggraver contre lui les jugements de Dieu.

Quand les premiers chercheurs arrivèrent d'Orient à Jérusalem, conduits par une constellation miraculeuse, ils dirent aux juifs : a Où est le roi que nous cherchons ? Nous avons vu son étoile, et nous sommes venus l'adorera » Mais, leur adoration ne fut pas un hommage incomplet et stérile. Par leurs présents symboliques, ils exprimèrent qu'en reconnaissant la perfection infinie, la royale grandeur, l'immense amour du Verbe incarné, ils se donnaient à Lui.

Voilà donc. Messieurs, la réponse à cette question : Pourquoi chercher Jésus-Christ? — Pour se donner à lui, pour qu'il devienne notre maître, notre ami, notre vie. — Il y a, dans ces trois titres, la matière de plusieurs discours; je les rapproche

1. Ubi est qui natus est rex Juda3orum? Vidimus enim stellam ejus in oriente et venimus adorare eum. (Matth., cap. Il, 2.)

dans cet entretien afin d'y trouver ce que je veux vous exposer simplement : la règle condensée de notre vie chrétienne.

Reconnaître Jésus-Christ comme notre maître,

c'est la conséquence logique de notre foi dans la vérité de sa mission et la dignité infinie de sa personne. Dès qu'il est certain pour nous que quelqu'un est l'envoyé de Dieu, nous ne pouvons pas lui refuser la parfaite soumission de notre esprit et de notre cœur. Or, Messieurs, le premier caractère que Jésus-Christ lui-même nous révèle, avant de nous faire entrer dans le mystère de sa vie intime, c'est son caractère d'envoyé. — Prie-t-il son Père ; il lui rappelle sans cesse la mission qu'il a reçue de sa miséricordieuse bonté : n. La vie éternelle est de vous connaître, vous seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus- Christ'. — J'ai parlé pour que l'on sache que vous m'avez envoyé '^ — J'envoie les miens comme

1. Hsec est vita œterna ut cognoscant te Deum verum et quem misisti Jesum Christum. (Joan., cap. XVII, 3.)

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