‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 114 sur 190 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Pacte social*

5t. Un peuple est une association d’êtres qui ont une conscience et une intelligence ; ainsi nul être humain n’a le droit de constituer ces êtres libres en corps de nation par des lois positives

dont ils n’anraient pas connu et senti la vérité \

5ü. 11 faut donc, pour qu’une société se constitue, non-seulement que chacun de ses membres y consente, mais encore que tous mettent dans la masse commune leur liberté naturelle et leur propriété première. La réunion de toutes les libertés privées forme f uni té morale qu’on appelle liberté politique* La totalité des propriétés réunies forme à son tour l’unité morale qu’on appelle indifféremment territoire et pays .

53, À la formation de la société, Thomme individuel, le moi huma nr s’est évanoui pour se confondre avec le mot collectif de nation et de peuple .

54. Le meme contrat qui constitue plusieurs familles en corps de nation , compose un faisceau

*Un savant dont je respecte les opinions s'est écrié en prenant communication de ce passage , que pas plus que lui je n'avais assisté à la rédaction du pacte social originaire.

Cela est vrai, sans doute; mais est-ce là un argument contre la doctrine que je professe ?

Ce sont ajouté mon estimable Aristarque , les cîrconstances qui créent les gouvcrnemens et non pas les conventions ; et L'idée d'un pacte, meme philosophiquement parlant, a des conséquences très-dangereuses.

Voilà les objections. Je n'entreprendrai pas de les combattre ; j'abandonne ce soin au public éclaire.

de toutes les poêlions de liberté abandouuées par chaque individu, et crée au meme instant un premier magistrat pour être ie dépositaire de cette sguvtjiainetk. Ainsi Limité morale appelée souverain , a nécessairement pour corrélatif l'unité morale appelée peuple,

55. La première de ces unités ne peut diviser la seconde, sans détruire Pharmonie sociale. Un tel contrat est indissoluble de sa nature. Le monarque qui le romprait volontairement, ne pourrait stipuler que pour lui seul , et jamais pour sa descendance. Le peuple qui tenterait de le violer, se rendrait indubitablement criminel , et cesserait d’être un corps de nation ,âti même instant où iL aurait renversé sa loi constitutive. C’est eu effet la nature des clauses qui a pu détenu îner le contrat; or changer les conditions, c'est détruire Pacte ; c’est Pauéanlir , pour se précipiter dans tous les désordres de l'anarchie.

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