Frêron à V Assemblée nationale, Toulon, 16 nivôse
« Toutes les grandes mesures ont été manquées à Marseille par Albilte et Carteaux. Si on eût seulement fait fusiller huit cents conspirateurs dès feutrée des troupes, et qu'on eût créé une commission militaire pour condamner le reste des scélérats, nous n’en serions pas où nous en sommes. »
278, Fréron à Moyse Bayle.
Toulon | 2$ brumaire.
tt II est essentiel qu’on n’envoie pas ici de nouveaux représent ans qui nous entravent dans notre marche révolutionnaire. Nous allons prendre des mesures ext r à or d iwa i remetït terribles. Nous connaissons peu de représenta*]® k notre hauteur; c’est ce qui nous fait craindre d’avoir affaire à des modérés ou à des hommes pour qui le chapitre des considérations ne finit pas. »
9,7/1' Fréron à Moyse Bayle.
Toulon, 5 pluviôse.
« La commission militaire que nous avons établie à la place du tribunal révolutionnaire va un train épouv astable contre les conspirateurs. Quatorze ont déjà payé de leurs têtes leur infâme perfidie ; ils tombent comme grêle sous le glaive de la loi. Demain , seize doivent être encore guillotinés, presque tous chefs de légion, notaires, fonctionnaires, etc. En huit jours, la commission militaire fera plus de besogne que le tribunal révolutionnaire n’en a fait en quatre mois* Demain, trois négocians danseront la Carmagnole; c’est à eux que nous nous attachons. »
a 7 5, La Commission militaire de Marseille à la Commune de Paris .
Marseille % 9 pluviôse.
« La vengeance nationale est ici à l’ordre du jour, La terreur est dans l’âme des lâches, des aristocrates et des modérés. Le glaive de la loi nous est confié ; il frappe journellement des têtes
coupables; il n’en échappera pas un , nous vous l’assurons. l'Ius la guillotine joue, plus la république s’affermit. Le sang des scélérats , des ennemis de la patrie, arrose les sillons du Midi. Leurs corps fertilisent les champs ; la terre a soif de ces monstres. Nous travaillons sans relâche à faire disparaître des départemeus méridionaux tous ceux qui ne veulent pas la liberté, qui méprisent l’égalité, qui rejettent l’unité et l’indivisibilité de la république , qui n’aiment pas la Convention nationale , qui craignent les jacobins et tousles sans-culottes nos frères. Ça va bien ; ça ira mieux encore dans peu de jours. »
«76. Lerjuinio à rassemblée nationale.
Vendre, 24 frimaire.
« Je viens de donner des ordres que les modérés trouveront barbares. Je dois vous en rendre compte. Quatre à cinq cents brigands faits prisonniers encombraient les prisons de Fontenay- Îe-Peuple. Je viens d’être instruit par un courrier extraordinaire que m’ont dépêché les administrateurs, qu’une portion de l’armée de Charrette, que Fou dit être composée de dix à douze mille hommes, s'avancait dans le canton. Je lent
ai donné l'ordre sur de -champ de faire fusiller sans forme de procès tous les prisonniers brigands à la première apparition de l'eimemi
* Voici mv quoi fai fondé Cet ordre sanguinaire. Ces jours derniers, fêtais à Fontenay , au sein d’une réunion d'envoyés des sociétés popu* la ires circonvoisines, venus pour y propager les principes républicains et y développer le feu du patriotisme. Tandis que le peuple s'abandonnait à l’allégresse, a la fraternité* les prisonniers s’insurgèrent, et faillirent étrangler tons les habftans de la geôle* La municipalité me fit avertir diï danger; j’y courus : je descendis le premier dans les prisons ; je brûlai la cervelle au plus audacieux ; deux autres payèrent de leur vie l’alarme qu’ils venaient de causer, et cette horde rentra dans l'ordre.
» Je formai sur-le-champ une commission militaire plus expéditive que le tribunal criminel , embarrassé malgré lui de mille formes*
» Mais, en cas d’attaque extérieure, il fallait, dès le premier instant , détruire sans ménagement ce foyer d'insurrection , que le voisinage de l'armée rendrait audacieux et infiniment dansereux au salut public, dans cette cité spécialement, ou le làn&tisme et l’aristocratie sont loin d’être anéantis. Tels sont les motifs de ma conduite : si tous la blâmez, rendez au moins justice à i’iri-
ten t ion. Je dois, au reste, vous dire que , sans des mesures pareilles, jamais vous ne finirez la guerre de la Vendée.
» C’est le modérantisme abominable des administrations qui a formé la Vendée, c’est le modérantisme des administrateurs et des généraux qui l'entretient. J’ai crié partout qu’il ne fallait plus faire de prisonniers; et, il m’est permis de le dire , je voudrais qu’on adoptât les mêmes mesures dans toutes les armées. Nos ennemis usent de réciprocité. 11 serait impossible que nous eussions des lâches. Je crois qu’un décret pareil serait le salut de la France. Jugez si j’ai tort. »