‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 60 sur 190 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

cès-yerbaux , déposés au comité de sûreté générale, et dont les originaux existent invariablement , sont les preuves que j opposerai en cas de déni , ou de recherche . Jean -Bon -Saint- André a-t-il pu sans complicité refuser justice ? Et le comité de salut public, qui n’a point fait réparer cette infidélité, peut-il éviter le reproche d’adhésion et de participation à ce vol énorme ?

Des députés en mission ont établi des taxes révolutionnaires , et tien ont point rendu compte. Ee comité de salut public pouvait-il, sans complicité, ne pas exiger ces comptes? Parmi ces taxateurs j ai remarqué singulièrement l'immoral et ivrogne Guimbertcau que des pièces matérielles peuvent convaincre du fait suivant. A Blois, ce Guimberteau établit des taxes excessives , désastreuses et ridicules. Rouhierrc, l’infâme Rouhierre, le honteux complice de Duniouriez, conspirateur fameux, escroc, convaincu du vol, chez le ministre Lebrun, d’une somme de dix mille livres, dont le nom seul enfin rappelle tons les genres d infamie , était son secrétaire. L usage que firent Rouhierre et Guimberteau de ces taxes, fut de

les distribuer à des p . Il existe encore sur les

lieux des mandats acquittés de cette nature, qui prouvent ce fait, et les copies certifiées eu sont déposées au comité de sûreté générale : dans tous les cas, je les opposerais à des dénégations. J’aurai occasion , plus lias, de parler de ces êtres vils, et

MÉMO J RES DK SËKÀRT.

de leur prouver d'au très crimes, dans des détails sur la Vendée.

Isabeau et Tallien en mission h Bordeaux , ayant épuisé , par leurs réquisitions et manœuvres, tout le numéraire du lieu et des environs, n’avaient pas encore assez satisfait leur cupidité; ils ordonnèrent au citoyen Desconfbelle, agent national à Toulouse, de faire recherche du numéraire et de le leur envoyer. Il en réunit pour deux millions qu’il leur envoya sous la garde dune commission nommée par la société populaire de Toulouse , qui leur remit ce dépôt secret sous quittance* Les délibérations authentiques, la correspondance , les lettres , les procès-verbaux attestent ce fait et n’en permettent pas la dénégation* Pourquoi cet accaparement de numéraire ? Qu en ont-ils fait ? qu en font-ils? où est le compte de cette somme, et qu est-elle devenue? où sont celles des autres départemens où ils ont agi de même? 11 résulte donc que le numéraire de la France a été distrait et que l'emploi nen est pas connu. Tallien et Isabeau ne prétendront pas qu’iïs en ont acheté des subsistances ; cette allégation insuffisante serait démentie par les citoyens de Tendroit. Que, pour les détourner, ils aient allégué ce prétexte , cela se peut, et cela se dévoile même par les faits; car, que sont devenues les dépouilles de Bordeaux dont il sera question dans 1 article relatif a la mission de Tallien dans celte ville ?

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