‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 76 sur 190 · chapitre XVI I · texte numérisé non relu

chapitre XVI I

suraît ses actions : c elait là qu'il oubliait le remords dans l’ivresse des plaisirs*

Des vieillards septuagénaires, honnêtes citoyens, recommandables et recommandes par leurs vertus, leur âge et leur conduite, et que la confiance publique avait appelés à certains postes , étaient avilis, destitués et repoussés, U était du dernier ridicule de voir un enfant gouverner un pays en consul , et soumettre à ses caprices ce qui aurait dû le régler. Il y avait à cel égard une quantité de réclamations qui étaient empilées dans les cartons du comité de sûreté générale* *** se créa aussi un tribunal sanguinaire qu'il activait dune manière non équivoque, U n’a rien dérangé dans l'organisation du système destructeur, il n'a changé que d'acteurs : rien n'était stable avec lui ; le lendemain , il détruisait les décisions de la veille; tout était marqué du sceau de l'inexpérience et de la versatilité, d'une inconstance puérile et risible* Il s'amusait à des jeux publics pour lesquels il faisait d'énormes dépenses, brisait tout ce qui paraissait s'opposer à ses moindres désirs. Il s'était formé un conseil de jeunes étourdis et de ces iutrigons, l'écume de la révolution, et leur avis était la règle du consul. Sa conduite était celle d'un jeune homme vif dans ses idées comme dans ses actions* 11 serait superflu de détailler toutes ses fautes; je rappelle seulement qu'il y avait dans le carton de Bordeaux des plaintes et des réclamations sans

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nombre , où Ton comparait son règne à celui de TallienJ Non moins cruel, destituant, brisant tout , activant son tribunal révolutionnaire et comprimant par ta terreur tout ce qui avait tic l'humanité ou des talens, il propageait les principes les plus sanguinaires : orgueilleux , mais adroit et rusé, il faisait exercer ses actes d'injustice et de méchanceté par les autorités qu'il avait élues et qu'il brisait en cas de refus , ou même lorsqu'elles se permettaient des j observations. Il se mettait en colère , lorsqu’on allait lui demander une grâce , des secours, un examen; il s’emportait, beuglait et faisait chasser par ses gardes ceux qu’il appelait modérés. Ordinaire- j ment il était conduit en cortège au son de la mu- J sique. L’observateur du comité de sûreté générale 1 h Bordeaux en avait fait le portrait et avait écrit au comité , demandant qu’on le jugeât pour ses actes hêbêriîstes y et lui envoyant un imprimé d'un discours prononcé par *** au club national de Bordeaux et profusément distribué.

Ce *** , consul héberitstè, écrivait l’observateur, vient de proposer par cet écrit des mesures terribles qui mettent au pouvoir du club la proscription de tous les non sociétaires , non affiliés ou non Correspondais, et la perte de tout ce qui serait appelé modéré. Il propose la formation d’un comité dont les membres doivent se répandre dans les canv pagnes comme commissaires du club national deBordeaox , y prêcher pour la révolution et contre le mo-

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