‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 78 sur 190 · CHAPITRE X#|I- 21 Q · texte numérisé non relu

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singulier genre de patriotisme ; il osa mi jour me blâmer pour avoir dépose contre Fouquier-Tinvilîe , et H prononça cette phrase : « Le mensonge » ifcsl point un crime quand il sauve un révolu- » tionnaire coupable ou non; cest un outrage à la » révolution que de parler des torts des révol ulion- >î naires 3 et vous vous en repentirez long-temps ! » Ma réponse fut celle du mépris. Ce *** avait envoyé au comité de sûreté générale une copie de la lettre que la prostituée Cabarus lui avait écrite , et dans laquelle clic rinvitait a passer dans l'Amérique septentrionale avec cllcj parce qu'elle voulait fuir ce Taliien couvert de crimes et qui rayait compromise : elle lui offrait de partager avec lui sa fortune qui serait plus que suffisante pour eux deux.

Je vais terminer ce chapitre par la correspondance de Taschereau l’intrigant avec Taliien et Isabeau à Bordeaux , et que Vadier présenta au comité de sûreté générale.

Vadier avait donné au comité ce Taschereau comme un révolutionnaire a l’épreuve ; c’était lui qu’il employait pour espionner Je comité de salut public ainsi que le comité de surveillance des jacobins y et ce meme comité des jacobins l’employait pour moucharder les deux comités de salut public et de sûreté générale. Le comité des jacobins disposait des jurés et de tout ce qui composait le tribunal révolutionnaire; cc que les deux comités de goiiver-

nemeiit lui refusaient, celui-ci l'obtenait par le tribunal révolutionnaire. Ce Taschereau était adroit, subtil; il était l'homme de tous et l’homme de chacun. Il a fallu pour le dévoiler l’événement du g thermidor. Sa nomination d’électeur eut lieu dans la tabagie ou la taverne de Chrétien , et fut soutenue et exigée par la horde des coupejarrets héronistes et maillardistes ; mais à rassemblée électorale il fit des bassesses et ne put rien obtenir. Pour le juger, au surplus, il ne faut que lire son ouvrage : Taschereau Far gués, à Maximilien Robespierre , aux enfers . 1 1 y avoue son espionnage et y soulève le voile de ses bassesses. Il est inutile d’en parler parce que ce serait me répéter, | et j ai promis de ne pas le faire.

Revenons à sa correspondance avec Tallien à Bordeaux.

Une séance lut consacrée, au comité de sûreté générale, à vérifier des faits imputés à Tallien à Bordeaux , relativement à des entreprises et arrêtés concernant les spectacles, faits qui, au premier aperçu, laissaient soupçonner le vol et la spoliation. Il s agissait aussi de statuer sur les réclamations des membres du comité révolutionnaire de Bordeaux qui, ayant disputé a la Cabarus ses droits et son autorité, avaient été destitués et incarcérés : ou y devait nécessairement parler de la commission militaire. Vadier apporta une liasse de lettres que ce Taschereau lui avait confiée, laquelle contenait

CHAiPJTRS XVII.

les lettres de Ta! lien à Taschereau , et les copies des réponses de Taschereau; en voici des extraits. Tallien écrivait à Taschereau : « Camarade, la hache » nationale ne marche pas, mais elle roule; ça va et » je la pousse. » Il lui écrivait comment il activait la commission militaire, comment les têtes tombaient, comment il épurait la génération, et ce que produisait la guillotine; comment il en imposait aux riches et aux gens de talent, si préjudiciables, disait-il , au système de la révolution; il lui exprimait relié L de sa présence aux supplices des guillotinés lorsqu’il se mettait à sa croisée; il nommait ses actes les actes de la justice révolutionnaire et le triomphe de la liberté. Taschereau lui rendait compte de l'opinion et de l’approbation des jacobins et des comités de salut public cl de sûreté générale. Je me rappelle une de ses phrases : « Que » le sang descendant des échafauds forme une nouji vellemer rouge sur laquelle nous puissions mettre >1 à la voile pour aller conquérir la liberté et la u porter au loin dans un autre endroit. » Il écrivait à Tallien : « Que les têtes tombées sous ton glaive t’é- » lèvent ette forment un trône sur lequel nouspuis- » sions te maintenir. » Vadier s’écriait : Quel brave révolutionnaire que ce Taschereau! c’est comme cela qu'il nous eu faut! Jugez, lecteur, des correspondans comme de leurs partisans; leurs expressions sont plus puissantes que toutes les réflexions que je vous présenterais. J’ai eu peine à les

transcrire > ma main tremblait d'effroi; mais je devais vous faire connaître cet intrigant* Je ne vous parlerai point de son immoralité, elle est notoire, et d’ailleurs ce n’est pas un homme remarquable dont on doive long-temps s’occuper; continuons a parcourir les objets d'interet général*

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