CHAPITRE XÏX
d'observations indiquait ^cte la sérénité et le calmé régfiaiept sar sa figare; qu'elle montra de la gaieté et parut regrettée «t plainte, que jusqtia la ilaort eile manifesta du courage. Je ne Mè rappfeiie pàà qu'il y ait eu contradiclion entre les rappot^ts dés observMiorts et la tradition des papiers publics ^ur le JQgement de Bailly, si ce n'est que les papièrà publics n'ô^t pas expliqué, comme les obséi-va-* teurs> les outrages et ituBulles qu'il éprouva. Quant au jugement de Manuel > le tableau d'observations rendait compte de ràcharnemènt d'uh témoin nommé GuirauU , et que certains habitués de l'auditoire avaient crié Contre là peroHfesîorl que le président avait dotinée k Manuel, èoafortTiénïent à là loi , de discuter la peine ou rap{)lication de là loi ; que Manuel fût ators interrompu ^ et couvert ensuite d'iinprécatioils jusqu'au lieu du supplice, et mérhe pendant là chute du glaive. J'ai i^ehîarqùé encoî^<)ue le rapport d^ôbsérvations rendait compté de murniures excités par lés. outrages du {>résident et de l'accusateur public dans l'affaire de Girëy Dupré él de Boisguibh , qui avait pàm it^téresser le peuple , mais q'ûî furent étourdis par les huées des habitués; que Girey Duprë fut à ïà ni6rt en riant.
Une anecdote bten singulière se trouvé dans les feuilles d obsertalitius sur la mort de Barnàvé , èx-cohslituant. Déti^ hôinmes d'uu certain âge , assez bien velus, appuyés prèsd'iine borne, entre
un café et le corps-de-gardé de gendarmerie , près la grille dé la Conciergerie^, dans la cour du Palais ^ vis-à-vis rescaliér 9 en face de la voilure, semblaient s'être- mis là tout exprès pour apostropher fiamave ; et profitant d'un instant de huées pour ne pasiêtre reconnus ^ ils lui dirent : Barnai^Cy le sang qui coiûe est-il donc si pur? Pour bien comprendre celte expression il faut se rappeler que Barnave y député à l'Assemblée constituante , en parlant des troubles des Colonies et du sang qui y coulai t, osa dire : Le sang qui coule est-il donc si put*? Ces feuilles racontaient encore que Duport-Duterlre^ex-ministre de la justice, jugé le même jour que Barnave, -se défendit avec une tel^e éloquence , qu'il déconcerta les habitués et habituées de l'auditoire; qu'il embarrassa le tribunal, et qu'après son jugement, sans être troublé des tumultueux applaudissemens de l'auditoire, il dit : Je suis enveloppé dut tourbillon de la révolution qui vous aveugle; la. postérité me jugera mieux <j[ue vous , et qu'il sourit deux ou trois fois en allant à la mort. .
Des patoles bien . étonnantes sont inscrites sur le tableau d'observations relatives au jugement des gens de Coulommiers , paroles adressées de la part du président aux jurés : Cette affaire est recommandée par le comité de sûreté générale^ On y lit en outre que le jour de la mort de Kersaint et de Rabaud- Saint -Etienne, députés à la Convention et mis hors la loi , quelques mus-»
CHAPiTHE XIX. sSg
cadîns.monlraienl Rabaud-Saint-Etienne au doigt à cattse de ses moustaches, en *se moquant de lui ; qu'ensuite les crieurs habitués les huèrent
• jusqu'à la chute du glaive. Le rapport sur la mort de Tondu, dit Lebrun, arrêté sous la qualité de brasseur liégeois, cx-minislre des affaires étran* gères, et sur celle de Diétrich, atteste leur courage, leur sécurité. Le tableau relatif à Lamourette, évêque constitutionnel de Lyon , rappelait les signes de croix qu'il fit après avoir entendu son ju-
> gement. Mais les tableaux d'observations depuis le mois de pluviôse an If ne présentaient que des fournées, des cris, des hurlemens potissés dans l'auditoire par les habitués^ Contre les accusés, et rien de remarquable que le silence des défenseurs
' officieux , le courage et la fermeté des patiens. Un fait pourtant assez curieux fut recueilli par les
. tableaux d'observations; cf'est que, lôrsqu Hébert et Vincent passèrent pour aller au . sapplice , et qu'ils furent vis-à^vis des Jacobins, Vincent dit à Hébert : Père Duchesne, descends donc faire une motion aux Jacobins. Hébert lui répondit : Ty\ es partout amer et caustique*
D'après ces tableaux et suivant ces rapports, Vadier, Amar, Vouland allaient à la chambre du conseil du tribunal révolutionnaire et conféraient sur la conduite du tribunal , sur les moyens et le genre d'accusation; ils y portaient le vœu du comité de sûreté générale qui se qualifiait de jury
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d'accusation. J'ai souvent vu au comité Fouqoiery Dumas 9 Dobsent^ Coffinhal venir faire part des fournées d'accusés qu'ils (raduiâaîent nu tribunal ; répondre sur les reproches du comité, convenir d'examiner le lendemain , à la chambre du conseil , avec les commissaires du jury politique , les moyens convenables pour la traduction de certains accusés; arrêter leur nombre et la manière de les traiter. Souvent il se passait au coi!nité , entre les membres du tribu^l et ceux du comité, des momens de vivacité , d'emportenàent qui indiquaient des rivalités réciproques; mais, ô comble d'horreur! ils ne se séparaient jamais, sans convenir du nombre des victimes, et sans se promettre qu'un arrêté de traduction au tribunal par le comité, se-« rait un arrêt de mort, lorsqu'il y serait joint un tableau de notes , en reconnaissant le comité de sûreté générale comme jury politique. Souvent , dans ces assemblées , on désignait ceux qu'il fallait em • pêcher de parler; ceux qu'ils voulaient surprendre dans un instant de tranquillité, arrêter, accuser, juger, exécuter le même jour, par raison de politique, disaient-ils.
Je ne dois pas clore ce chapitre , sans rendre justice au peuple sous les yeux duquel on promenait dans différens quartiers de Paris de nombreuses voitures remplies de victimes, et surtout de ces gens dont les vétemens indiquaient la misère, et qu'il. était ridicule de condamner comme des cous-