‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 5 sur 117 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Une juste indignation a gravé dans mon cœur le souvenir des horreurs commises par les gens qui ont fait de la révolution un métier; qui ont satisfait leur férocité, leurs passions les plus viles, en se vautrant dans la fange du crime ; en marchant sur les monceaux des cadavres de leurs victimes, mettant toujours à profit le trouble et l'anarchie; qui ont poussé la barbarie jusqu'à cimenter parle sang la réunion des débris du trône, pour en former un autre sur lequel chaque intrigant montait en asservissant ceux dont ils avaient surpris le suffrage et trahi la' confiance.

Les coupables ont tout entrepris pour me réduire au silence : bravant leurs efforts , encore étonné de mon existence , je rends' grâce au génie' tutélaire

3 MÉMOifttâ De SeMrt»

qui ma dérobé aux poignards et aux terribles effets du poison employé contre moi. Je vais mettre au jour ces secrets pleins d'horreur que les cruels s'imaginent avoir ensevelis dans l'ombre ; je vais . indiquer ce qu'ils ont caché , non pas par honte du crime , ni par remords , car ils n'en sont pas suscei^lible^j maî& pour s'assurer de 1 exécution complète de leurs desseins ambitieux et sanguinaires. Je suis vrai, je suis sincère; je veux transmettre tout ce que je sais; j'offre ma tête pour gage de la vérité ► Si les coupables que j'indiquerai^ crient à la calomnie, que l'on me juge? je prouverai devant tous les tribunaux ce que je vais déclarer. Que les perfides se servent de nouveau contre mol du poison ou du stylet dont les blessures et les traces mal effacées m'ont laissé languissant et infirme! qu'ils me transportent en quelque lieu secret, et m'ensevelissent tout vivant dans la tombe, je me voue à la défense de la cause de rhumànité! Le soldat crtoyen meurt satisfait lorsqu'il peut contempler son ennemi expirant à son côté : je ne regretterai pas la vie , si je la perds dans le combat en luttant corps à corps avec ces épouvantables monstres.

Français, et vous hommes de tous les pays , qui observez la révolution française , suivez-moi : je vais vous conduire dans les repaires des égorgeurs y des assassins privilégiés, des conspirateurs secrets. Je vais les convaincre de leurs crimes. Vous ne

Page 1