CHAPITRE XV. ,-Q
J ecdiitais loales ces ràpsodies dont ette n'elail -qMe i écho , et tout ce long bavardage.
Gerle nous regardait, examinant notre maintien; ilnousdemdhda no&Qoras, nolfe doaricile, notre état; nous fit promettre de les écrire et dé les laisser avant de sortir.
L'Eclaireuse nous lui l'Évangile de la messe de minuit, à Noèl, et hons débita, pour notRî convaincre, un sermon contenant : que Dieu avait pour mère Catherine Tbéo»; que le Verbe <ie Dieu était son fils ; qu'elle répandait là parole de Dien; qu'elle avait des révélations dé Dieu. Cela fin», Gerfe leva les mains au cielj alors o» hôos conduisit à la Mère de TAea; et là , a genonk, sur un gradin , «ne femme me prit U tête r 1* Mère de Dieu se baissa , Gerle me mit la main stir la tête; et Catherine Théos me dit : Mon fils, je voiis reçois a» nombre de mes élus; vous serez immortel ; puis elle ine baisa le front, les oreilles, les foues, les jeux ,,1© menton , et pmnonça les mots sacWtoentels : La grâce est infusées ensuite elle me pissa sur les lèvres an morceau de langue dégoûtant, et Gerle prononça ces mots : £i0ùsa est graUa in labiis tuis. Je rendis à la Mère de Dieu tous les mêmes signés. Alors elle médit ; Fils de Dieu, élu de la Mère de Dieu , tu as reçu les sept dons , tu es immortel. Elle me fît avec le pouce un signe en terme d equerre , une barre aru-dessus des sourcils une autre se relevant du cô*é droit et se réunis-
la'
l8o MÉMOIRES DE, SENAUT.
sant en pointe à celle du côlé gauche. Pareils lignes sur le front pour les hommes , sur le «^ cœur, pour les femmes^ et du pied gauche, si Ton est examiné ou gêné , indiquaient les élus dans tous les coins de la terre.
11 devait y avoir des soulèvemens et des guerres ; les élus de la Mère de Dieu, qui seraient morts , ressusciteraient pour ne plus jamais mourir.
En affectant la croyance la plus humble, je demandai où serait alors la Mère de Dieu? L'ÉcIaireuse me répondit qu eHe serait sur son trône dressé dans le Panthéon; qu elle aurait auprès d'elle ses ministres et ses prophètes ; que du trône partirait l'envoi de ses ordres , et que là on devait venir se prosternerj qu'il faudrait combattre ses ennemis et les profanes, en quelque lieu éloigne qu'on se trouvât, et qu'il fallait se réunir aux envoyés de la Mère de Dieu. Je me plaçai au milieu des frères j et l'autre récipiendaire fut reçu de la même manière. Nos sièges furent ôtés, je reçus le baiser fraternel de tous Ips frères et sœurs, et la Chanteuse entonna des cantiques avec la Colombe , que chacun répétait. Je ne me rappelle que les versets suivans :
Air : Chartnante Gabrielle,
Ail seul Être-Suprême Élevons tous nos cœurs , Pour qu'il daigne lui-même Dissiper nos malheurs.
cnAPiTRE XV. . ^ i8b
Pour son nom^ pour sa gloire
Formons des voeux ; Au champ de la victoire
Gourons heureux.
Marchons , frappons sans grâce Tout profane insolent ; Quiconque avec audace / Serait récalcitrant.
Mère de Dieu puissante ^
Soutenez-nous ; Phalange combattante^
Entendons-nous.
Tous élus y tous amis, tous frères y Choisis par la Mère de Dieu, Restons amis, constans, sîhcères En tous pays comme en tout lieu.
Alors arriva une sœur qui annonça à rassem<^ blée que, dans des cabarets voisins , il y avait des gens armés qui buvaient à la santé de la Mère de Dieu; qu'unç forte patrouille était placée au fond d'une ruelle, près de la maison, et une autre en station dans le fias de la rue; que l'on avait remarqué un homme en observation chez la portière. Gerle s'écria : Nous sommes trahis. J'ouvris une fenêtre, je donnai le signal, et à l'instant accoururent tous les observateurs et la force armée. Dans l'intervalle j; je vis le moment où j%llais être
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poignardé à coups de couteaa y mais une femme roe^arantit, en se mellant devant moi, et s'écriant : Ne tuons personne, expliquons-nous. La porte fut enfoncée et l'attroupement saisi. J'interrogeai à ' part chacun de ceux qui le composaient : la vieille me dit que son nom était Théot; son véritable nom était Théot; ses disciples en avaient fait Théos. Elle soutint qu'elle était la Mère de Dieu ; que Gerle était son second prophète ; qu'elle avait des révélations de Dieu : elle disait avoir passé au travers des murs de la Bastille, et d[es portes de la Salpêlrière; qu'elle devait régner sur toute la terre ; que son trône serfiit le Panthéon; qu'elle frapperait de mort ses ennemis; que ses élus ne mourraient point, ou que s'ils étaient atteints dans le combat pour elle, ils ressusciteraient. pour ne jamais mourir; qu'elle allait purifier .la terre par le fer et le feu ; que le second déluge qui surviendrait bientôt serait un déloge de sang; que tout profane, soit roi, soit prince , soit sujet, que la Convention elle-même serait purifiée et que tout sêfait souinis à elle. Je l'arrêtai, elle, l'éciaireuse, la colombe, la chanteuse, le frère senrant et celle qui faisait tes préparatifs : je laîesai la liberté auK autres. Efnsuite je cherchai les papiers; il n'y en avait pas ; je ne trouvai qu'une certaine lettre écrite à 'Robespierre au nom de !a Mère de Dieu , et dans laquelle elle l'appelait son premier prophète , son ministre chéri , et le félicitait sur 1^ honneurs qu'il rendait à l'Etre-Supréme,