A LA SOURCE
O fontaine si fraîche, En ton antiquité, Ton murmure nous prêche L'humble tranquillité, La douce indifférence, Calmant toute souffrance.
Non l'égoïsme dur, Car ton cristal si pur, Jamais ne se refuse ; Ta fraîcheur c'est la pais D'un cœur aimant qui s'use, Sans s'épuiser jamais.
Se parant d'astres d'or, Ta souple chevelure Se déroule à ton bord ; Changeante diaprure.
Un voile d'arc-en-ciel ^ Pavoise ton doux miel.
Dis quelle haute loi Te fait lasser l'injure De la bouche qui boit.
En plongeant sa morsure Au cceur. De tm secrtt, Fais-nous l'aveu discret !
SOIR EUSTiaUE
La corolle des fleurs, par la brise inclinée Exhale, près d'un lac, d'ennivrantes senteurs. Comme un lustre qu'allume au mois de l'hyménée Le soleil créateur de parfums, de couleurs.
Ouvrier du futur au cours de sa journée. Le poète vibrant à toutes les douleurs, Se repose en ce lieu de sa verve indignée. Et se reprend à vivre en des espoirs meilleurs.
Puisant l'auguste paix en ce divin nectar,
Il voit languir aux cieux la lumière en retard,
Et résigné devant les sources éternelles,
Invoquant la Nature aux forces maternelles.
Le poète serein, en son rêve s'endort,
Comme vm astre couchant tombe dans un ciel d'or.