SCÈNE VII
ÉLISE, JEANNE
ÉLISE, tombant dans un fauteuil.
Ab ! je suis anéantie!..
JEANNE, s'approchant lentement d’elle.
Je me trompais, sœur; je ne te croyais qu’un maître... tu en as deux... un second, plus redoutable que M. Melfort... Oh ! tu es désormais dans la dépendance de Gervaise... je ne reste plus ici que par grâce...
ÉLISE
Que dis-tu?
JEANNE
Car si elle exige que tu me donnes mon congé... il faudrq bien t’y résoudre.., et contresigner l'ordonnqnce,
RÊVES D’AMOUR
ÉLISE, avec indignation.
Jamais... jamais !...
JEANNE
Et ton honneur! et ton secret! et ton mari !
ÉLISE, avec désespoir.
O mon Dieu!., mon Dieu!.. Mais cette lettre... cette maudite lettre... qui me brûle la main... qu'en faut-il faire?..
JEANNE
La renvoyer sans la lire ne servirait plus maintenant de rien. H faut connaître scs projets, ses intentions... savoir colin ce qu’il demande.
ÉLISE, ouvrant vivement la lettre.
Tll Crois? (Elle est assise près de la table à droite, et lit.) « Je pars,
Madame... je quitte cette maison... pour jamais peut être... » (Portant la main à ses reui.) Je n’y vois pas, ma vue se trouble...
JEANNE
Dépèche-toi donc !..
ÉLISE, continuant.
« Mais il dépend de vous que tout espoir ne me soit pas enlevé, (Avec émotion.) si l’amour le plus vrai, le plus tendre, peut vous inspirer quelque intérêt... »
JEANNE, regardant vers le font), et avertissant Élise.
Mon frère !
ÉLISE, voyant Dalibon qui eutre.
Mon mari ! (Elle cache vivement la lettre dans la revue qui est sur la table devant elle.)