‹ Reves d'amour comedie en trois actes et en proseChapitre 71 sur 92 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ÉLISE, JEANNE

ÉLISE, tombant dans un fauteuil.

Ab ! je suis anéantie!..

JEANNE, s'approchant lentement d’elle.

Je me trompais, sœur; je ne te croyais qu’un maître... tu en as deux... un second, plus redoutable que M. Melfort... Oh ! tu es désormais dans la dépendance de Gervaise... je ne reste plus ici que par grâce...

ÉLISE

Que dis-tu?

JEANNE

Car si elle exige que tu me donnes mon congé... il faudrq bien t’y résoudre.., et contresigner l'ordonnqnce,

RÊVES D’AMOUR

ÉLISE, avec indignation.

Jamais... jamais !...

JEANNE

Et ton honneur! et ton secret! et ton mari !

ÉLISE, avec désespoir.

O mon Dieu!., mon Dieu!.. Mais cette lettre... cette maudite lettre... qui me brûle la main... qu'en faut-il faire?..

JEANNE

La renvoyer sans la lire ne servirait plus maintenant de rien. H faut connaître scs projets, ses intentions... savoir colin ce qu’il demande.

ÉLISE, ouvrant vivement la lettre.

Tll Crois? (Elle est assise près de la table à droite, et lit.) « Je pars,

Madame... je quitte cette maison... pour jamais peut être... » (Portant la main à ses reui.) Je n’y vois pas, ma vue se trouble...

JEANNE

Dépèche-toi donc !..

ÉLISE, continuant.

« Mais il dépend de vous que tout espoir ne me soit pas enlevé, (Avec émotion.) si l’amour le plus vrai, le plus tendre, peut vous inspirer quelque intérêt... »

JEANNE, regardant vers le font), et avertissant Élise.

Mon frère !

ÉLISE, voyant Dalibon qui eutre.

Mon mari ! (Elle cache vivement la lettre dans la revue qui est sur la table devant elle.)

Page 1