‹ Rêves et penséesChapitre 1 sur 78 · L'ABRI · texte numérisé non relu

L'ABRI

Quand sur les champs déserts souffle la dure bise, Quand par les premiers froids la nature est surprise, Pour que nous pleurions moins son ancienne splendeur, Elle nous garde encor des coins pleins de tiédeur, Où le vent qui mugit et sur nos têtes passe, Laisse une douce paix dans un petit espace.

Un rayon de soleil réchauffe ces abris, Sous un remous de l'air il y pleut des débris ; Une marge de bois, un mur blanc, une pente Otent sa force aiguë à la bise coupante Et font gronder en vain son bruit de grandes eaux; Un frisson de bonheur pénètre alors mes os, Comme si la nature, où manque la tendresse, M'effleurait en secret pourtant d'une caresse !

Les Rêves

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