LES RENOUVEAUX
Nos émois sont d'un jour, fugitive est leur course, Ils s'usent et n'auraient qu'un fade lendemain, Si, pour les retrouver, lorsqu'à tari leur source, Nous n'avions près de nous la plus belle ressource Dans les cœurs que le sort place en notre chemin.
J'ai, plein d'amour, couru toute cette campagne, I Tant qu'à la fin mon goût s'est pour elle endormi : Mais, prés du visiteur qu'en mes bois j'accompagne, La surprise qu'il sent pour leur beauté me gagne, Et je revois leur grâce aux yeux de mon ami.
Po ète qui, jadis, m'enlevant sur ton aile. Excitas mes transports pour la première fois, Quand je lis à l'épouse innocente et nouvelle Tes beaux vers oubliés, son trouble te révèle Et ses larmes encore attendrissent ma voix.
Lorsque mon âme enfin, de soi-même assouvie, Ne se nourrira plus d'espoir et de désir, Je recommencerai la route de la vie, Entraîné par l'enfant dont l'amour nous convie A suivre son essor vers l'heureux avenir.
Les Sentiments