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L. Vaillant, qui a bien voulu me les remettre

94 exemplaires des environs de Mexico, reçus en 1889 de M. J. Ramirez, professeur au Musée national de Mexico. Le plus grand exemplaire est long de 75 mm. et large de 13 mm. M. Ramirez m’assure que cette espèce sert aux usages médicaux;

76 exemplaires des environs de Mexico, reçus en janvier 1893 de

M. A. L. Herrera, aide-naturaliste au Musée de Mexico. Le plus grand exemplaire est long de 62 mm. et large de 15 mm. Ces animaux me sont parvenus sans avoir été changés d’alcool; ils avaient abandonné à celui-ci un pigment vert, rappelant les solutions alcooliques de chlorophylle, mais ne présentant au spectroscope aucune bande d’absorption, si ce n’est que le rouge est légèrement entamé sur son bord. Cette solution alcoolique teint le papier, mais celui-ci se décolore à la lumière au bout de quelques jours.

Au total, j’ai donc examiné 209 Haementeria provenant du Mexique, et je n’ai trouvé parmi elles qu’une seule et même espèce. Je crois être autorisé à conclure que les deux espèces admises par F. De Filippi se réduisent à une seule qui, pour des raisons de priorité, doit porter le nom d 'Haementeria oflïcinalis.

L’animal varie notablement de forme, suivant qu’il s’allonge ou se contracte: dans le premier cas, il ressemble à une Hirudo ; dans le second cas, il garde l’aspect général des Glossiphonia, Malgré la grande différence de taille, il a la plus grande ressemblance avec Haementeria Ghilianii, en ce qui concerne la métamérisation.

La présence de papilles bien apparentes, sur un bon nombre des exemplaires que nous avons étudiés, nous permet d’indiquer avec précision la limite des somites, aussi bien pour l’extrémité antérieure que pour la postérieure.

On compte d’abord deux anneaux préoculaires (fig. 7). Le somite I comprend un seul anneau, qui porte les yeux. Le somite II comprend

Fig. 7 — Schéma de l’extrémité antérieure d ' Raementeria oflicincilis , grossie.

les anneaux 2 et 3. Les somites III à XXII sont formés chacun de trois anneaux.

Les trois premiers somites entrent dans la constitution de la ventouse antérieure. Celle-ci est bordée en arrière par une lèvre dans la constitution de laquelle entrent les anneaux 7 et 8, qui restent distincts dans les parties latérales, mais se fusionnent dans la région moyenne de la face ventrale; il va sans dire que ces mêmes anneaux restent distincts à la face dorsale.

L’anneau 12 ou dernier anneau du somite V se dédouble déjà dans les parties latérales de sa face ventrale, mais reste encore indivis dans la partie moyenne. Ce dédoublement est complet et se répète avec la plus grande régularité sur les deuxième et troisième anneaux de chaque somite, du somite VI au somite XXII inclusivement.

A l’extrémité postérieure (fig. 8), les papilles segmentaires se voient très nettement sur les anneaux 61, 64, 66, 68 et 70: les quatre derniers somites ont donc chacun deux anneaux; le deuxième anneau des somites

XXIII, XXIV et XXV est très étroit. L’anus s’ouvre entre les anneaux 70 et *71.

La ventouse postérieure est circulaire; elle présente à sa face dorsale

Fig. 8 — Schéma de l'extrémité postérieure d ' Haementeria oflicinalis , grossie.

quatre rangées concentriques et rayonnantes de tubercules semblables à ceux qui portent les papilles segmentaires. Par sa face ventrale, elle est rayonnée et remonte jusque sous le deuxième anneau de somite XXII.

Les pores sexuels occupent la même situation que chez Ilaementeria Ohilîanii; l’orifice mâle, qui s’ouvre entre les anneaux 26 et 27, est une simple fente; l’orifice femelle débouche entre les anneaux 28 et 29. Les pores néphridiaux sont également disposés de la même manière que chez la grande espèce du Brésil.

Comme cette dernière, Y Haementeria oflicinalis est également très verruqueuse. On peut distinguer trois catégories de tubercules ou de verrues (fig. 9):

Fig. 9 — Schéma indiquant la disposition des papilles et des tubercules à la face dorsale d 'Eaementeria oflicinalis .

1° Des tubercules portant les papilles segmentaires; ils ont la disposition générale caractéristique des Glossiphonides; ils ont été repré* sentes seuls dans les figures 7 et 8, et sont indiqués sur la figure 9 par de gros cercles ombrés.

2° Des tubercules de moyenne taille qui sont en série linéaire avec les précédents, notamment dans la rangée intermédiaire. Une verrue toute semblable se voit sur la ligne médio-dorsale de la plupart des anneaux, surtout dans la région postérieure du corps; quand elle ne se répète pas régulièrement sur tous les anneaux, on la voit du moins persister sur le dernier anneau de chaque somite (fig. 8, A).

3° Des tubercules de petite taille, qui sont répandus sur toute la face dorsale de chacun des anneaux du corps, sans grande régularité. Entre la rangée des papilles intermédiaires et le bord latéral de l'anneau, ces tubercules se disposent plus ou moins nettement sur un seul rang et sont d'une taille un peu plus grande. Sur le reste de l’anneau, ils se disposent en deux rangées transversales, séparées l'une de l'autre par un sillon peu profond, qui s’étend dans l’intervalle des gros tubercules segmentaires.

Aucune de ces trois sortes de tubercules ne présente l’aspect crénelé qui s’observe sur les tubercules non segmentaires Raemcnteria Gliilianii.

M. le professeur A. L. Herrera m’écrit que, malgré les accidents auxquels elle donne lieu, Y Haementeria offîcinalis est encore actuellement la seule espèce dont il soit fait usage dans la ville de Mexico; les barbiers en font l’élevage et l’appliquent après ordonnance du médecin.

M. le D r A. Dugès, consul de France à Guanajuato, l'a vue employer aussi à Guadalajara; quand elle a lâché prise, on la coupe en deux pour évaluer la quantité de sang qu'elle a sucée.

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