‹ Revision des coléoptères de la famille des BostrychidesChapitre 60 sur 68 · O02 P. LE5XE · texte numérisé non relu

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portant seulement deux soies apicales. Soies du front peu denses, les plus grandes disposées en une couronne périphérique subrectangulaire et dépassant en longueur le diamètre maximum de IVeil ûg. o9o\ Grains écrasés de Taire postérieure du pronotum marqués chacun d'un point enfoncé extrêmement tin. Corps d'un brun roux:

pattes rousses. Taille assez faible : 9.5-14 mill

; A. femoralis Fâhr. rr r'

19-16 — Intervalles des nervures dorsales des élytres offrant, en arrière, deux rangées régulières de points enfoncés longeant chacune le pied de Tune des carènes, et ménageant entre elles un assez large espace imponclué 'fig. 600 à 602". Bord postérieur du front surélevé par rapport au vertex. Onychium portant seulement deux soies apicales ('). Ponctuation de la région dorsale antérieure des élytres fine et espacée.

20- 2r — Les plus grandes soies frontales atteignant ou dépassant en longueur le diamètre maximum de lœil (tig. 599;. Bourrelet suturai de la déclivité faiblement épaissi, non ridé. Élytres non rebordés a l'apex, leur déclivité apicale fortement et densément ponctuée dans sa moitié supérieure. Long. 9-11 mill..... A. reflexa. n. sp. ^

H- iO — Les plus grandes soies frontales n'atteignent pas en longueur le diamètre moyen de l'œil (fig. 603]. Renflement suturai de la déclivité épais, transversalement ridé ■ fig. 606\ Élytres légèrement rebordés à l'apex, leur déclivité apicale presque lisse, n'offrant que quelques fins points épars dans sa moitié supérieure. Long. 10 mill. A. bilabiata, n. sp. ;^^*

22-(13 — Soies de la brosse frontale courtes, celles du pourtour couchées ou fortement inclinées en dedans ùg. 607). Yeux assez petits, modérément saillants. Saillie intercoxale de l'abdomen peu apparente. Tiers postérieur des élytres noir, les deux tiers antérieurs jaunes. Onychium portant deux soies apicales. Long. 9-12 mill — A. bicolor Fâhr. ,

(1; Ce caractère oa pas été contrôlé chez l'A. bilabiata.

Rermon des Bostrychides. o03

Apate terebrans.

(Voir tabl. des o 1. 1 3,4, o: tabl. des ; 1. — PI. 1, f. o: pi. o. f. 1 et i; fig. 36, 376 et o87 du texte.'

Pallas 177i. Spk. Zool., Ins., fasc. IX, p. 7, tab. I, f. 3 (5) ,'). - Olivier 1790, Enc. méth., Ins., V, p. 108; id. 1793, Ent. IV, n'' 77, p. 5, tab. I, f. 4. — Herbst 1793, Natursyst. aller Insekt., Y, p. 36, tab. 46, f. 8 (9;. — Murray 1867, in Ann. and Mag. of Nat. Hist., XX. p. 84 (Col. from Old Calab., p. 107). — Waterhoase 1888. iii.4/(H. mul Miuj. of Xat. Hist., sér. 6, I, p. 348.

muricatus (non Linné' Fabricius 1773, Syst. Ent., p. 34 (5) : id. 1781, Spec. Ins.. I, p. 62. — Murray 1867, in Ann. and Mag. of y'at. Hist., XX. p. 83 (Col. from Old Calab.. p. 108^ (î^

monacha (non Fabricius 1775 Fabricius 1801. Syst. Eleuth. U, p. 379 (9;. — Fâhneus 1871, in Œfr. VH. Akad. Stockholm , XXVIII, p. 663. — Zoufal 1894, in Wien. ent. Zeitg.. XIH, p. 36.

Raci' dispar *Fâhrieus 1871, in Œfv. Vet. Akad. .Stockholm. XXVIII, p. 663 (?) P).

Long. : o, 21-32 mill.: ;, 22-32 mill. — Corps allongé, parallèle, noir ou brun foncé brillant. Grains du vertex assez petits. Nervures dorsales des élytres surélevées et denliformes en arrière, au bord supérieur de la déclivité apicale ; celle-ci ponctuée sur toute sa surface sauf parfois sur uq faible espace voisin de l'apex; ourlet du bord apical de Félytre atténué du côté de l'angle suturai. Poitrine couverte d'une pubescence rousse, dressée, très dense, assez courte. 1^^ segment abdominal non caréné sur la ligne médiane en arrière, sa saillie interci^xale généralement ascendante dès la base et non visible entre les hanches. 2"= article des tarses postérieurs environ trois fois aussi long que large à l'apex. Brosses plantaires des tarses intermédiaires et postérieurs médiocres, formées de poils assez courts ne dépassant pas en longueur la demi-largeur des articles tarsiens. Onychium (S) portant de quatre a six soies à l'apex.

,1} Le Grand Bostriche. J.-E. Voet, Calai. System. Coleopt.. II. 1S06, p. 70, tab. 44, f. 1. La figure parait être une reproduction de celle de Pallas.

(2] Ce que Fàhrceus décrit comme étant le c^ de l'Apate dispar est ea réalité la J de cette forme, et ce qu'il donne corame étant la Ç du même Apate est la Ç* d'une espèce différente.

(3; Nous apitelons ici onvcnium la petite pièce chitineuse en forme de baguette courte qui apparaît à l'extrémité du dernier article des tarses, à la base des ongles et entre ceux-ci. Cette pièce est toujours bien visible chez les Apatinae.

304 P. Lesxe.

Q. Front ponctué. Épistome couvert de poils dressés, très denses. Uncus prothoracique vu de dessus, paraissant pédicule à la base. Grains écrasés de l'aire postérieure du pronotum imperforés. Élytrcs très brillants et comme vernissés, oH'rantdes reliefs variqueux séparés par de larges impressions dont le fond est pluriponctué (pi. o, f. V ; angle suturai droit ou presque droit.

ç. Brosse frontale très dense, formée de poils perpendiculairement dressés dont la longueur n'atteint pas le diamètre transverse de Tceil. Au bord supérieur de cette brosse, le front est armé de deux dents rapprochées, comprimées dans le sens antéro-postérieur, triangu- /''^ laires vues de dessus et émoussées au sommet ('). Grains écrasés de l'aire postérieure '. ":xd>- du pronotum très déprimés, marqués chacun,

'«y;f en arrière de leur milieu, d'un très petit point

enfoncé. Élytres couverts d'une ponctuation forte et dense, normale, offrant une tendance Fig. 587. — Apate tere- à devenir confluente. mais déterminant une hrans $. Tête, vue de sculpture toute difîérente de celle des élytres trois quarts, en dessus, du (3. Déclivité apicale bordée au côté inféropour montrer la brosse latéral par une carène fine qui atteint presque et les dents frontales. ]p uiilieu de sa hauteur. Bord apical des élytres faiblement réfléchi, renflé en un ourlet bsse et brillant, marqué seulement de très fines ponctuations éparses, nullement denticulé ni érodé sur sa tranche ; angle suturai spiniforme.

Race dispnr (9). — Elle se reconnaît à l'absence d'unous aux angles antérieurs du prothorax, à la sculpture des élytres plus fine que chez le type, à l'absence des tubercules marginaux de la paire inférieure à la déclivité apicale ceux de la 3^ paire, comptés à partir de la suture), enfin à sa taille moins élevée. Le prothorax est parfois plus court que chez le type et les dents marginales de la déclivité apicale moins fortes. Ces caractères seraient spécifiques s'ils étaient constants et propres à la forme dont il est question. Or l'uncus prothoracique est très variable chez le terebrans 9 type; sa position par rapport au bord antérieur du prothorax, sa direction, sa grandeur n'ont rien de fixe, et l'on observe des individus privés d'uucus d'un côté et en possédant un au côté opposé, tandis que chez d'autres exemplaires ces mêmes uncus sont tous deux absents. D'autre part, le tubercule inféro-externe de la

1) Une Q mal venue provenant du Cameroun (coll. Bedel) a les dents frontales remj)lacées par deux éminences luberculiformes.

Revision des Bostrjichides. oOo

déclivité apicale existe parfois chez le dispar et la taille de cette forme atteint quelquefois celle du terebrnns. Seule, la sculpture relativement liue et serrée des élytres paraît constante. Cette faible dilTérence justitierait à peine le maintien de YAp. dispar au rang de sous-espèce, si cette forme ne se trouvait localisée dans les parties les plus méridionales de l'aire d'habitat.

Distribution géographique. — L'A. terebrans haibile les parties chaudes de l'Afrique ainsi que le sud de l'Arabie. La limite septentrionale de son aire d'habitat coïncide à peu près avec le 16° lat. N. Les localités les plus septentrionales où il ait été trouvé sont à notre connaissance les suivantes :

Sénégal: env.de Saint-Louis {Plancimt in coll. Oberthnr), Thiès 'coll. Aubert), Dakar {Defresne in Muséum de Paris). Soudan : Kita {Bonamy in coll. Fairmaire), Ségou [R. Chitdeau , rives du Xiger {D" Tautain in Muséum de Paris), Kauem (C"'= Dupertiiis inMuséum de Paris); env. de Khartoum (Muséum de Paris) et Nil Blanc (coll. Fairmaire). Erythrée : Gheleb (coll. Pic), Keren (0. Beccari in Musée de Gênes). Tigré {Schimper in Muséum de Paris). Arabie, Yémen [MiUingen in coll. Fry > British Muséum).

Au sud de cette ligue, VA. terebrans se rencontre partout, dans l'Afrique occidentale, la région guinéenne, le Soudan, le bassin du Chari, le haut bassin du Ml, l'Abyssinie, la presqu'île des Somahs. Il est également très répandu dans le bassin du Congo, l'Angola, l'Afrique orientale allemande, la Zambézie, le Mozambique, et s'avance jusque dans le Sud-Ouest africain allemand, le Transvaal, le Xatal et la Colonie du Cap, sans paraître atteindre toutefois la pointe méridionale du continent. Ses locaUtés extrêmes vers le Sud sont les suivantes :

S.-O. africain allemand (Muséum de Paris: Lohrche in Musée de Hambourg) : AVindhoek, janvier-mars [Rehbock in Zoolog. Muséum de Berlin). Transvaal ^Deutsch. ent. nat. Muséum) : Magdaliesberg (coll. Obertlnir), Shilouvane près Leydsdorp {Junod in coll. Bugnion et coll. Obertiuir). Delagoa {H. Junod in coll. Bugnion); Maputoland, Sikumba (communiqué par M. H. Rolle). Natal (Musée de Leyde, Deutsch. ent. nat. Muséum) : Durban (Musée de Cape Town). Cafrerie î\y(ililberg sec. FâhraeHs)-{*).

Il existe en outre dans l'île guinéenne du Prince [Bahia do Oeste, en juin: L. Fea in Musée de Gènes].

LM . terebrans est un de ces Bostrychides africains qui se sont accli-

(1) Un exemplaire de la collection de Marseul porte Téliquelte « Ile de France », provenance vraisemblablement erronée ou accidenleile.

S06 P. Lesne.

matés en certains points de l'Amérique où ils semblent avoir été introduits à l'époque de la traite des esclaves ('). On l'a trouvé dans les Antilles, à la Jamaïque (coll. TV. Rothschild > Oberthûr) et à Antigua (sec. Pallas). Sur le continent, il a été rencontré assez fréquemment au Brésil et notamment à Rio Janeiro [Castelnau in Muséum de Paris; Fnj in British Muséum, etc.) - (^).

Biologie. — Au Sénégal, cette espèce se développe notamment dans le bois de VAcacia alhida Delile, comme nous avons pu le constater sur des fragments de branches obligeamment communiqués par M. René Oberthiir (•*). La nymphe est remarquable par l'agilité avec laquelle elle se déplace à l'intérieur de la galerie creusée par la larve L'adulte s'attaque quelquefois aux arbres vivants qu'il taraude au point de causer leur mort (■). 11 est probable que Fabricius avait en vue quelque fait analogue lorsipi'il donne l'espèce actuelle comme se/ trouvant « in America^ meridionalis Sacharo » (■•).

D'ailleurs les déprédations de VA. terebrans sont variées. Au Sénégal, de concert avec le Sino.vylon senegalense Ivarsch, il met hors de service en peu de mois certains bois indigènes si l'on commet l'imprudence d'en faire usage dans les constructions C^); mais il s'attaque également aux essences importées telles que le Flamboyant (PoM;cnîm regia Boj.), Légumineuse césalpiniée originaire de Madagascar (').

LA. terebrans vole le soir ou pendant la nuit. Les Européens redoutent sa visite nocturne à l'intérieur des habitations, car, si l'insecte vient à s'abattre sur une moustiquaire, il coupe ou déchire l'étoile légère à l'aide de ses mandibules et de ses pattes (**).

(1) Cf. P. Lesne, La dislribution géographique des Coléoptères Bostrychides dans ses rapports avec le régime aliinenlaire de ces insectes. Rôle probable des grandes migrations humaines (Compt. Rend, de l'Ac. des Sciences, séance du 13 juillet 1903).

(2) Le Musée de Hambourg en possède un spécimen o^ provenant de l'ancienne collection de cet établissement et étiqueté : Bahia. — A Rio Janeiro, on trouve l'espèce notamment au champ de tir (d'après un renseignement communiqué par M. Bedel).

(3) Ces rameaux avaient été recueillis auprès de St-Louis par feu V. l*lanchat.

(4) H. Pobéguin, in lilleris.

(5) Fabricius, Enl. Syst., I, 2. p. 360.

(6) A. Railliet, Élém. de zool. médic, 1"= édit., 1886, p. 639.

(7) Houard, in lilteris.

(8) D' Maclaud, in litleris.

Révision des liostrurhides. 507

Apate monachus.

(Voir tabl. des d : 1, 2, 8; tabl. des Q : 2, 3. 4. — PI. 6, f. 1 à o; tig. 4i, o74, oTo, 588 et o89 du texte.)

Fabricius 1775, Syst. Ent. [i. 54 (9); id. 1781, Spec. Ins. I, p. 62 (ç) ('); id. 1792, Ent. syst., I, 2, p. 361(o).— Olivier 1790, Enc. Méth., Ins., V, p. 108; id. 1795, Ent. IV, n" 77, p. 7, pi. 2, f. 9 (ç). — Herbst 1793, Nat. Ins. V, p. 38, pi. 46, f. 9. — Murray 1867, in Ahm. and Mag. ofNat. Hist., XX, p. 88 (Coi. from Old Calab., p. 110). — Lesne 1902, in L'Abeille, XXX, 121, pi. 1, f. 24 et 25, pi. 4, f. 115 et 116; ibid., p. 161 (1904).

mendicn Olivier 1790, Enc. Métb., Ins., V, p. 108 (d); id. 1795, Ent. IV, n« 77, p. 6, pi. I, I. 7 (d).

gibba* Fabricius 1798, Suppl. Ent. syst., p. 156 (ç) - (-).

francisca Fabricius 1801, Syst. El. II, p. 379 (d)- — H. Lucas, Explor. scient, de TAlg., Coléoptères [1849], p. 462, pi. 39, tig 5 à 5 f. — .1. Duval, Gen. des Col. III, p. 228, pi. 56, f. 276 (d)- — Chevrolat 1861, in Ann. Soc. ent. Fr. [1861], |). 390. — Murray 1867, in Ann. and Mag. of Nat. Hist., XX, p. 89. — Zoufal 1894, in Wien. eut. Zeit., Xm, p. 36. — Schilsky 1899, Kaf. Eur.. XXXVI, 78 {').

cannelita Fabricius 1801, Syst. El. U, p. 379 (9).

semicostata Thomson 1857, Arcli. ent. II, p. 83 (9) [non Fairmaire 1887].

var. rufiventris* Lucas 1843, in Ann. Soc. ent. Fr. [1843], Bail., p. XXV {Rev. Zool. 1843, p. 159).

Long. 10-19 mill. — Stature de l'espèce précédente; taille notablement plus petite. Corps entièrement noir ou brun foncé en dessus. Grains de la région médio-antérieure du vertex petits et peu saillants, ne dépassant pas ou dépassant seulement un peu la grandeur de ceux qui garnissent les côtés du vertex et les tempes. Élytres couverts de gros points enfoncés très serrés offrant chacun à l'ordinaire une ou plusieurs saillies râpeuses sur leurs parois déclives. Nervures dorsales des élytres dentiformes en arrière, au bord supérieur de la déclivité apicale, la nervure dorsale externe nullement incurvée à son extrémité. Déclivité apicale limitée généralement par une côte à son bord

(1) Fabricius indique comme synonyme le Ligniperda cornula Pall., ce qui est )ne.\act. Olivier et Hsrbsl ont reproduit la même erreur. Le dernier auteur a même réédité sous le nom A'Ap. monachus la figure donnée par Pallas du Scliistoceros curnidas.

(2) D'après l'individu considéré comme type et conservé au Musée de Kiel.

(3) Schilsky, comme la plupart des auteurs, a interverti le sexe des Apate.

P. Lesne.

inféro-latéral. Poitrine hrièvement pubescente. Saillie intercoxale de l'abdomen normalement cachée sous les hanches postérieures; son bord ventral ascendant dès la base. 2^ article des tarses postérieurs très allongé, généralement plus long que le dernier, quelquefois de même longueur. Brosses plantaires peu développées, composées de poils courts n'atteignant pas en longueur la demi-largeur de l'article qui les porte. Onychium normalement bisétulé.

(5, Front très finement ponctué, d'ordinaire plus ou moins velu. Épistome couvert de poils dressés très denses. Uncus des angles antérieurs du prothorax, vu de dessus, aussi large vers la base que près de l'apex ou très faiblement dilaté vers l'extrémité. Élytres brillants mais non vernissés, couverts d'une ponctuation forte et dense, très serrée mais non confluente, chaque cavité ponctiforme marquée, au fond, d'un seul point enfoncé. Déclivité apicale très brillante, offrant à son bord inférieur un ourlet très finement ponctué; bord inféro-apical des élytres le plus souvent comme ébréché. 9. Front inerme, fortement sillonné longitudinalement au milieu; brosse frontale dense, formée de poils perpendiculairement dressés, atteignant rarement en longueur le diamètre maximum de l'œil. Grains écrasés de l'aire postérieure du pronotum petits, imponctués, assez saillants, formant des aspéintés un peu râpeuses. Élytres moins brillants que chez le c5, et un peu moins fortement ponctués que chez celui-ci ; parois des cavités des gros points enfoncés constamment munies de saillies granuleuses. Nervures dorsales des élytres non ou faiblement surélevées en arrière au bord supérieur de la déclivité apicale. Celleci plus ou moins densément et plus ou moins fortement ponctuée jusque dans sa région inférieure et oll'rant, dans les intervalles des points enfoncés, de tins granules qui ne deviennent obsolètes que dans des cas très rares (Congo, Dijbowski in Muséum de Paris) ; mais, même dans les cas extrêmes, on retrouve encore quelques grains saillants dans la région supérieure

Fig. 588. — Apafe ))wnachus c^. Tête et bord antérieur du prolliorax, vus de trois quarts.

Fig. 589. — Apate monachus Ç. Déclivité apicale, vue de trois quarts.

Revision des Bostrychides. 509

do la déclivité. Bord apical des olytres non rétléchi, son ourlet densémeiit ponctué et très souvent ruguleux; bord inféro-apical dentieulé ou comme ébrédié, plus ou moins linement et le plus souvent irrégulièrement. Angle suturai dentiforme. o*^ segment ventral apparent de l'abdomen muni sur le disque, en arrière de la rangée transverse do soies dressées, de nombreux poils raides épaissis, spiculiformes, perpendiculairement dressés, tous d'égale longueur et beaucoup plus courts que les soies.

Presque tous les caractères importants de cette espèce sont sujets à variation. Ainsi l'onjchium, qui porte normalement 2 soies apicales, en présente parfois 3, 4, ou même o, soit à quelques-unes des pattes, soit à toutes. Nous avons observé ces soies multiples de l'onychium principalement chez les c? et notamment cliez ceux de la région de M'Pala, sur le lac Tanganyika (coll. Oberthûr). Si les gros points enfoncés des élytres sont, chez la ç, constamment munis de petits grains à leur pourtour, on observe des ô cliez lesquels ces aspérités manquent sur les parties antérieures des élytres ou même font absolument défaut (Sénégal, coll. Dejean). Les (3 de Beyrouth ne présentent généralement pas de ces aspérités ou n'en possèdent que de très réduites. Le d'"' segment ventral est tantôt simple, tantôt caréné sur la ligne médiane en arrière de la saillie intercoxale. D'ordinaire le front est plus ou moins velu chez le d", mais, très fréquemment, il devient glabre, sans doute par épilation. Ce fait s'observe avec une égale fréquence chez VAp. terebran<i c5. La déclivité apicale des élytres chez le (3 de VAp. monachus est tantôt lisse, tantôt fortement ponctuée dans toute son étendue et l'on observe toutes les transitions entre ces deux extrêmes. Le bord inféro-apical des élytres est, chez le même sexe, le plus souvent comme ébréché par places; quelquefois cependant, il est entier (St-Domingue [Musée de Hambourg]; Cap Haïtien [coll. Ober- Ihiir] ; Massaoua [Musée de Gènes]; Manyema [Musée du Congo]). Chez la 9, le bord apical des élytres est tantôt dentieulé, tantôt plus ou moins finement et le plus souvent irrégulièrement ébréché; parfois une denticulation très fine et régulière en occupe toute la longueur; d'autres fois, ce bord libre n'oll're que quelques ébréchurcs asymétriques et, dans certains cas, on n'en observe même qu'une seule d'un côté uni{iue. En{\n les granules caractéristi(jues des intervalles de la ponctuation sur la déclivité apicale, chez la ?, peuvent devenir obsolètes ('). Parmi tous ces caractères instables, il en est un qui reste

(1) Nous avons, eu outre, signalé plus liaut les variations de l'oruie de l'uutus des angles antérieurs du proliiorax chez le rV"

constant, c'est la grosseur relative des grains écrasés de la région médiane du vertex, et ce caractère est d'un grand secours pour la détermination du (5, sexe moins fortement caractérisé que la î chez les Apate.

La variété rii/ivent ris Lncai n'oflre aucun intérêt taxonomique.

Distribution géoyraphiqup. — Le centre de l'aire d'habitat de YAp. monachus paraît être la région guinéenne. Il se rencontre communément partout dans l'Afrique occidentale depuis le cours du fleuve Sénégal, jusqu'au Loanda et dans toute l'étendue du bassin du Congo; il existe également aux îles du Cap- Vert et dans les îles du golfe de Guinée (San Thomé, Annobon). A l'intérieur, il s'avance dans les contrées voisines du Tchad (Kanem, Bas-Chari) et il se retrouve dans toute l'Afrique orientale depuis l'Erythrée italienne (Massaoua, Keren) et l'Abyssinie jusqu'au Natal. L'espèce habite en outre l'archipel des Comores.

Du côté du Nord, VAp. monachus s'est répandu dans certaines parties de la région méditerranéenne. C'est ainsi qu'on le trouve dans toute la région côtière du Maroc et de l'Algérie et qu'il est fréquent sur le littoral de la Syrie depuis Beirout jusqu'à Jatïa et Ramleh. Toutefois il n'a jamais été rencontré jusqu'ici, ni en Tripolitaine, ni en Egypte, et il ne paraît pas exister non plus dans la région saharienne proprement dite. Sa présence dans l'Europe méridionale (Espagne, Corse, Caucase), reste douteuse.

L'Ap. monachus a été introduit en Amérique sans doute à l'époque de la traite des esclaves ('). 11 existe dans toutes les Grandes Antilles et dans plusieurs des Petites Antilles.

Les données suivantes permettent de délimiter l'aire d'habitat de cette espèce telle qu'elle est actuellement connue :

1'' Zone d'habitat tropicale en Afrique; limite nord.

Côte atlantique du Sahara, N'Diamer, oO kilom. au nord de S'-Louis (.4. Gruvel et R. Chudeau). Sénégal : S'-Louis [Delestre in Muséum de Paris; Planchai in coll. Oberthiir, etc.); Bakei (coll. Fleutiaux). Casamance (coll. Fleutiaux). Guinée Portugaise (L. Fea in Musée de Gênes). Bissao (Harms et Marcus in Musée de Hambourg). Fouta Djalon {D' Miquel in Muséum de Paris. Sierra Leone {W.-G. Cléments in coll. Oberthiir, etc.).

(1) Cf. P. Lesne, La distribution géograptiique des Coléopt. Bostr. dans ses rapports avec le régime alimentaire de ces Insectes. Rôle probable des grandes migrations humaines {Comptes Rendus de l'Acad. des Sciences, séance du 13 juillet 1903;.

Revision des Bostrychides. oll

Rives du Niger (D'' Tautnin in Muséum de Paris). Bas-Chari, Fort Laray (D'' Decorse, Mission Chari-Tchad in Muséum de Paris). Kauem et région du Tcliad (Cap. Daperiuis in Muséum de Paris). Nyara-N'yam (Musée de Bruxelles, Deutsch. eut. nat. Muséum). Semnio {Bohndorf in Kônigl. zool. Muséum de Berlin et coll. Obevihur). Congo belge, Haut-Ouellé, rivière Dougou et affluents, altitude 1.100 mètres, en novembre (Mission du Bourij de Bozas in Muséum de Paris). Abyssinie [A. Raffraii, etc.). Erythrée italienne : Bogos, Keren (0. Beccari in Musée de Gênes; Antiiiori, id.; J. Pages in coll. Oberthilr). Ghinda, en juin (communiqué par M. H. Rolle); Massaoua et Saati, en avril (!)'■ Belli in Musée de Gènes). Djibouti {M. Maindron in Muséum de Paris). Somalie anglaise {D'' Jousseaume, etc.).

i" Zone d'habitat tropicale en Afrique, limite sud.

Loanda (coll. Guérin-Méneville > Musée de Bruxelles; coll. Fairmaive). Haut-Zambèze (£. Fou in Muséum de Paris). Mozambique, vallée du Pungoué, Guengère, en septembre, et province de Gorongoza, tendos du Sungoué et du Msicatzi, en août et octobre (G. Vasse in Muséum de Paris). Delagoa Bay (coll. Bothschild 7- Obertliur). -Natal (coll. Oberthilr).

Z" Iles de TAtlautique et du golfe de Guinée.

Iles du Cap-Vert : San Thiago, Orgaos Grandes, en avril-mai (L. Fea in Musée de Gènes). San Thomé (Musée de Hambourg; Mocquerys in coll. Oberthûr) : Rio de Ouro, en août [Ch. Gravier in Muséum de Paris). Annobon, en mai {L. Fea in Musée de Gènes) - (\l

4° Iles de l'Océan Indien.

Comores, Anjouan (sec. Waterhoase] ~ (-).

5° Barbarie.

Mogador (coll. Bedel). Larache (/>' Laroche in Muséum de Paris). Tanger [Yaucher in coll. Bedel). Tétouan (coll. Rosenhauer 7- Oberthilr). Oran [H. Lucas; Vienot in coll. V. Mayet, etc). Arzeu (coll. Guérin-Méneville > Musée de Bruxelles). Env. d'Alger (coll. Guérin- Méneville > Musée de Bruxelles et coll. Oberthilr; Lallemant in coll. de Marseul, etc.). Bône (coll. Guérin-Méneville > Oberthilr, etc.) - (•^).

(1) La collectioa .4. Kuwert > OberthUr contient un spécimen étiqueté Madère. Nous considérons cette provenance comme erronée ou accidentelle.

;2) ? Ile Maurice (coll. Mniszech > Oberthûr; coll. de Marseul > Muséum de Parisj. Cette provenance est très douteuse.

(3) En 1903, \'Ap. monochus est apparu en nombre sur cei tains points du parcours des cliemins de fer de la Compagnie de Bône-Guelma, faisant beaucoup de tort aux plantations. On sait que le parcours de cette Compagnie s'étend sur le nord-est du département de Constanline et sur le nord de la

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6° Syrie et golfe d'Alexandrette.

Beyrout (C. Balint in coll. Oberthi'ir, etc. ; AppI in Musée de Vienne). Saïda (coll. Bedel). Saint-Jean-d'Acre {E. Abeille de Perrin). Ivaïffa (coll. von Heijden). Jafla {E. Abeille de Perrin: M. Pic). Rauileh {E. Abeille de Perrin). Chypre (sec. Bniidi) - (').

7*^ Antilles.

Cuba (Muséum Je Paris; coll. Oberthiir, etc.) : La Havane (coll. Mniszech > Oberthiir) (-). La .fauiaïque (sec. Herbst) : Kingston (sec. Riley). Haïti : Cap Haïtien (abbi- Berlin in coll. Oberthiir) ; Les Gonaïves

Tunisie. Malheureusement les points où l'insecte a été observé n'ont pas été précisés.

D'autre part, le D' Laboulbène a signalé le « Ligniperda francisca F. » comme nuisible à la Vigne en Tunisie [Ann. Soc. ent. Fr., 1890, Bull., p. 36). Les exemplaires qui lui avaient été adressés ne se sont pas retrouvés dans sa collection et il n'a pas été possible de savoir s'il s'agissait réellement de ÏAp. monachus F. ou bien du Phonapate frontulis Fâhr.

(t) F. Baudi [Berl. Ent. Zeilsclir., 1873, p. 334) donne 1' « Apate francisca F. » comme ayant été pris à Chypre. Dans la descri|)tion rju'il publie, en même temps, de son Apate cornifrons, il s'exprime ainsi : « epislomate laie emarginato-truncato (in .4. francisca. angustius fortiusque emar^inalum) ». Il est évident d'après cela que l'espèce nommée par lui .]. francisca n'est autre que le Phonapate frontalis Fâhr.

La présence de l'Ap. monachus dans le sud de l'Europe est incertaine et les renseignements suivants, n'ayant pu être contrôlés, restent actuellement Inutilisables, précisément par suite de cette même confusion entre l'espèce dont nous parlons et le Phonapate frontalis, confusion qui a persisté jusqu'à une époque récente.

Espagne (Cbevrolat in Ann. Soc. ent. Fr., 1861, p. 390).

Espagne méridionale (L. von Heyden in Wien. Ent. Zeit., 1894, p. 118).

Provinces Basques : Viloria, Tolosa, San Sébastian (H. Lucas in Ann. Soc. ent. Fr., 1853, Bull., p. 5C), la larve vivant dans le Mûrier.

Transcaucasie : Sarijal (0. Schneider et H. Leder in ]erh. Nalurf Vereins, XVI, 1877, p. 220).

La collection E. Abeille de Perrin contient un spécimen de VAp. monachus trouvé à Hyères, en Provence, « dans la poussière d'une soute », et un individu étiqueté Corse, sans autre indication. La première de ces localités doit être évidemment considérée comme accidentelle; la seconde demanderait à être conlirmée.

il n'est d'ailleurs aucunement improbable que \'Ap. monaclius e.\iste en Espagne.

(2) Un individu de la collection Salle > Oberthiir porte la seule indication « S. Fé ». Nous pensons qu'il s'agit de la localité de Santa Fé, dans l'île de Pinos.

Revision des Bostrycliides. 513

(coll. Waagen > Be(/e/); Port-au-Prince (coll. Oberthiir). Saint-Domingue (sec. Olivier- coll. Salle > Muséum de Paris et coll. Oberthiir- Deutsche ent. nat. Mus., etc.) (•). Puerto-Rico : San Juan [Herm. Engel in Musée de Hambourg). Sainte-Croix {J.-P.-B. de Rohr; Deutsche ent. nat. Muséum). Saint-Pierre (de la Martinique) [Touin] - (').

Biologie. — La larve de VApate monachus a été observée à deux reprises, d'abord aux Antilles, dans le Cotonnier par J.-P.-B. de Rohr (1793), puis en Algérie, par H. Lucas (1849) dans le bois d'une Papilionacée {Calycotoine spinosa) (^). De la description qu'en donne de Rohr, on doit simplement retenir que le corps présente des poils courts peu abondants, mais plus serrés sur la tète et sur les trois premiers segments du corps (^). La description de Lucas, plus étendue et accom-

(1) Il faut ajouter ici la provenance : San Crlstoval, eu juillet (coll. Salle > Oberthiir). Il existe une localité de ce nom à Cuba, entre La Havane et Pinar del Rio, et une autre dans le sud de St-Domingue, près de la ville de S" Domingo.

(2) Les piovenances suivantes paraissent très suspectes : Mexique [Hoecje in Brilish Muséum); Santa Catliarina (coll. Fry > British Muséum). Quant à l'indicalion, donnée par Saunders (Traas. ent. Soc. Lond., 1851, p. 161), de la présence de VAp. monachus en Guyane, elle est erronée et résulte d'une mauvaise lecture du texte de A. Ure (ïtie Cotton manufacture of Great Britain, I, p. 130 [183G]). Il est d'ailleurs évident que ce que dit Ure de \'Ap. monachus est emprunté aux observations de De Rohr.

Nous ajoutons ci-dessous quelques indications relatives aux dates de capture.

Togoland, Bismarckburg, en janvier (i. Conradt: A. Dannenberg). Cameroun, vallée de la N'Goko, en janvier [Jobit). Ogooué, Lambaréné, en novembre-décembre {L. Feu). Kouilou, Loudima Niadi, en décembre-janvier [J. Chalet]. Congo : Matadi, en mai [Ducivier] ; Léopoldville, en mai-juin (coll. E. Clavareau' ; Brazzaville, en mars [Roubaud et Weiss); Bangala, en novembre [Duvivier). Haut-Itimbiri, Ibembo, en février [Duvivier). Haut- Oubanghi, Krébedjé (Fort Sibut), en décembre (/)' Decorse). — Oran, au commencement d'octobre ( Fienonncoll. F. Mayet). Jafl'a, au commencement d'avril {M. Pic) et en juin (coll. V. Mayel).

(3) C'est encore vraisemblablement la même espèce que H. Lucas a observée en 1853 dans des branches de Mûrier provenant d'Espagne et qu'il a signalée [Ann. Soc. eut. Fr., 1853, Bull., p. lvii) sous le nom d'Apale francisca 01. Les matériaux examinés par l'auteur ayant été perdus, la détermination na pu être contrôlée.

(4) « La partie destinée à devenir poitrine quand l'insecte passera à l'état de scarabée, dit de Rohr, a, près de la tête, six taches brunes et cinq coupures, qui partagent en quatre sa portion supérieure et la distinguent de l'inférieure ». Cette phrase, peu intelligible, de la traduction de l'ouvrage danois, a trait peut-être à la nymphe.

Ann. Soc. ent. Fr., lxxviii [1909]. 33

ol4 P. Lesne.

pagnée de figures, ue saurait être toutefois considérée comme suffisante.

Nous transcrivons ici quelques passages du texte de de Rohr relatifs aux mœurs de cette espèce dans Tile Sainte-Croix : « Quand 1 ecorce est percée, devenu plus fort, il (le c ver )*, c'est-à-dire la larve de ÏApate) pénètre dans Faubier, et il le ronge en tournoyant sous récorce, et en laissant pourtant subsister quelques parties. Ensuite, plus fort encore, il avance dans le bois, et il le ronge de même, tournant autour de la moelle, à laquelle il ne touche pas. A-t-il enfin détruit le bois dans tout le tour de la tige ou de la branche? il commence de percer en haut, et il s'ouvre une route irrégulière allant en tous sens, toujours néanmoins sous Fécorce qu'il laisse en entier, mais ne ménageant pas plus alors la moelle et l'aubier que le bois.

« Cependant Fécorce se dessèche là où elle a été percée et où Fau hier et le bois ont été d'abord rongés. Elle devient cassante, et le vent ou le poids seul de la branche la fait rompre... j»

a Si cet insecte, ainsi que plusieurs autres, endommage nos cotonniers et ruine nos jardins, c'est une conséquence de la destruction générale de nos forêts. Quand elles existoient il y trouvoit à travailler et à se nourrir sans nuire à personne. Mais depuis qu'on les a anéanties, la nécessité Fa fait venir dans nos jardins, où il n'épargne aucune espèce d'arbre fruitier. Cependant, il attaque encore rarement les cotonniers; et c'est peut-être par la raison, ontr'autres, que leur bois est trop poreux, et qu'en conséquence il ne pourroit pas y bien prendre son accroissement. »

Les renseignements sur les mœurs de l'adulte sont plus nombreux que ceux relatifs à la larve. Au Congo, l'insecte parfait attaque fréquemment le Caféier, le Cacaoyer, les Funtumia ainsi que d'autres ai'bres cultivés dans les plantations, creusant des galeries plus ou moins longues à Fintérieur des rameaux ou des troncs ('}. Nous avons examiné une portion de tige de Caféier provenant de Loango et dans laquelle M. ^Yisser, inspecteur des plantations d'une compagnie hollandaise, avait recueilli 12 individus des deux sexes de VAp. inonachiis. Sur une longueui' de moins de 60 centimètres, cette lige, dont le diamètre varie de 15 à 20 millimètres, offre quatre galeries dWpate. Leurs orifices, tous situés sur la même face de la tige, sont creusés très obliquement de bas en haut, en sorte qu'ils ont la forme d'un ovale

fi) Il a été observé dans le Caféier à Batah /. Chalol , à N'touba, sur la rivière Kouilou [H. Lecomte) et à Loango {Wisser); dans le Cacaoyer à Libreville J. Chalot ; dans les Funtumia au Congo belge (Musée du Congo}.

Révision des Bostrychidcs. olo

dont le grand axe, vertical, mesure environ 10 millimètres et le petit axe, horizontal, 6 millimètres. Chacun de ces orifices donne accès soit dans une courte galerie à section circulaire, soit dans une véritable chambre de forme surbaissée dont la longueur peut dépasser 10 centimètres et la largeur atteindre par places 15 millimètres.

En Algérie, on a trouvé l'adulte à Oran, au commencement d'octobre, dans la Vigne vivante ('), et il a causé des dégâts très appréciables dans les plantations de la Compagnie des chemins de fer de Bône à Guelma(2j.

En Syrie, il paraît avoir une prédilection pour le Sijringa persica ou Lilas de Perse (Oléacées) (3), mais on l'a trouvé également dans l'Oranger {'').

Enfin, aux Antilles, il attaque, dans les cultures, non seulement le Cotonnier, mais aussi d'autres arbres d'essences variées. A la Jamaïciue, on l'a observé dans une Lythrariée du genre Lagerstmemia (^j. A Cuba, il est signalé comme nuisible aux Aurantiacées (^).

VAp. monachus vole le soir.

Bibliographie. — J.-P.-B. de Rohr. Observations sur la culture du coton. Traduction française, Paris, 1807 [la S*" partie de l'édition allemande, la seule partie où il est question de l'A. monachus, a été publiée à Kiel en 1793]. — H. Lucas, Exploration scient, de l'Algérie, Coléopt., 1849, p. 462, pi. xxxix, f. o c, d, e, f. — Wisser et Lesne in Bull, du Mus. Hist. nat., 1899, p. 120, fig. - Lesne in L'Abeille, XXX, p. 122 (1902).

(1) Vienot in coll. V. Mayet.

(2) Cf. Lesne in L'Abeille, XXX, p. 161 (1904). — Le D' Laboulbèue a signalé VnApate francisca F. » comme attaquant la Vigne vivante en Tunisie [Ann. Soc. eut. Fr., 1890, Bull., p. 36). II est vraisemblable que t'observafion a trait à l'Ap. monachus ; cependant le contrôle de la détermination était nécessaire, cette espèce étant encore à cette époque généralement confondue avec le Phonapate fronlalis Fâhr. Malheureusement les spécimens n'ont pas été retrouvés dans la collection Laboulbène. Il est tout à fait douteux que l'auteui' ait observé la larve dans les rameaux vivants.

(3) E. .\beille de Perrin, in litteris.

(4) A* Jaffd, en juin (coll. V. Mayet).

(5) Riley in Ins. Life, VI, n» 3, février 1894.

(6) Cf. W.-T. Home, in Secret, de .\gric., Cora. y Trab. de la Rep. de Cuba. Estac. Centr. Agron., 2« Rep., part, i (1909), Englisb édition, p. 85, pi. XXI. L'auteur figure l'insecte adulte ainsi qu'un fragment de rameau montrant une courte galerie longitudinale à deux issues creusée par l'Àpale.

516 P. Lesne.

Apate Geayi *.

(Voir tabl. des 9 2, 3, 5, 6. — PI. 4, f. 6; pi. 6, f. 6.)

Lesne 1907, in Bull. Mus. Hlst. mt. [1907], p. 324 ($).

Long. 20-23 mill. — Allongé, parallèle, noir, avec la poitrine, l'abdomen, les pattes et le funicule des antennes d'un roux plus ou moins brunâtre; massue antennaire ferrugineuse. Faciès et stature des espèces précédentes. Grains du vertex petits. Ponctuation des élytres grossière et très serrée, moins forte près de la base ; chaque gros point enfoncé avec des saillies râpeuses sur ses bords. Nervures dorsales surélevées et prolongées en dent aiguë en arrière, au bord supérieur de la déclivité apicale. Pubescence de la poitrine courte. 1'='' segment apparent de l'abdomen non caréné sur la ligne médiane en arrière, sa saillie intercoxale non visible entre les hanches postérieures, le bord ventral de cette saillie étant ascendant dès la base. 2^article des tarses postérieurs très allongé, plus long que le dernier. Brosses plantaires peu développées, formées de poils très courts n'atteignant pas en longueur (au moins aux articles 2 et 3) la demilargeur des articles qui les portent. Onychium muni de 4 ou 5 soies apicales.

?. Front inerme, fortement sillonné longitudinalcment au milieu, Li^ès densément et très finement granuleux, couvert de soies rousses perpendiculairement dressées, relativement peu serrées, et laissant quelque peu apparaître la sculpture sous-jacente. Ces soies, qui ii'atteignent pas en longueur le diamètre des yeux, forment une brosse circulaire nettement délimitée; les parties antérieures du vertex, qui s'étendent immédiatement en arrière de la brosse, sont privées de poils décombants, elles sont presque lisses sur une assez grande longueur, offrant seulement une ponctuation râpeuse extrêmement fine et peu dense. Vertex faiblement sillonné longitudinalcment au milieu. Pro thorax subcarré, légèrement transversal, sensiblement rétréci en arrière. Aire postérieure du pronotum non sillonnée longitudinalcment au mihcu, couverte de grains écrasés très déprimés, squamiformes, brillants, très serrés, imponctués. Déclivité apicale des élytres d'aspect carieux, fortement ponctuée dans toute son étendue et présentant, dans les intervalles de la ponctuation, des granules hémisphériques brillants, parfois un peu déprimés, toujours uniponctués au sommet, et distribués assez irrégulièrement, tantôt isolés, tantôt groupés en amas rognonneux. Nervure sulurale marquée au côté externe, sur la décUvité postérieure, d'une rangée de gros points enfoncés. Apex des

Revision des Bostrychides. 517

élytres réfléchi ou non, bordé d'un ourlet brillant, plus ou moins finement ponctué; bord inféro-apical fortement et irrégulièrement denté et érodé; angle suturai spiniforme. o" segment ventral apparent do l'abdomen muni, en arrière de la rangée transverse de soies dressées, de nombreux poils épaissis perpendiculairement dressés et beaucoup plus courts que les soies. Cerques courts, ellipsoïdaux, moins de deux fois aussi longs que larges.

(5 inconnu.

Espèce de grande taille, variable quant à la sculpture des élytres. Les granules du pourtour des points enfoncés et ceux des intervalles de la ponctuation, sur la déclivité apicale, sont plus ou moins développés. Le bord apical des élytres, rélléchi ou non, est muni d'assez grandes dents spinitormes, ou bien il est irrégulièrement érodé.

Distribution géographique. — Madagascar, dans le sud de l'île.

Bassin du Fiherena et notamment plaines du cours inférieur de ce fleuve [F. Geay in Muséum de Paris) ; Andranohinaly, 70 kilomètres de Tuléar, contrée boisée, en lévrier ( Voeltzkow in Zoolog. Muséum de Berlin) ; Antandroy septentrional {Cli. Alluaud in Muséum de Paris). - o 9.

Biologie. -— M. F. Geay a constaté que cette espèce se développe dans les branches coupées du Tamarinier (Légumineuses césalpiniées).,

Apate submedia *.

(Voir tabl. des 9 2, 3, o, 7. - PL 6, f. 7 et 8). Walker 1858, in Ann. and Mag. of. Nat. Hist., 3^ sér., II, p. 286 (9).

Long. lo,5-19 mill. — Allongé, parallèle, noir ou brun foncé, brillant, plus clair en dessous; abdomen d'un roux plus ou moins brunâtre. Faciès et stature des espèces précédentes. Grains du milieu du vertex assez petits. Ponctuation des élytres moins forte que chez VAp. Geagi, mais offrant aussi des grains râpeux sur le pourtour des points enfoncés. Nervures dorsales des élytres surélevées et dentiformes en arrière, au bord supérieur de la déclivité apicale. Pubescence de la poitrine courte. SaiUie intercoxale de l'abdomen tantôt presque nulle et réduite à une carène surbaissée ascendante dès la base, tantôt bien développée, laminiforme, à bord libre situé dans le plan ventral de l'abdomen. 1" segment abdominal non caréné en arrière sur la ligne médiane. Tarses postérieurs comme chez les espèces précédentes; dernier article aussi long que le 2". Onychium portant deux soies apicales.

ol8 P. Lesne.

ç. Front inerme, un peu tumescent en arrière ('), profondément sillonné au milieu, très finement et très densément granuleux, couvert de longues soies rousses perpendiculairement drossées laissant apercevoir la sculpture sous-jacente. Ces soies n'atteignent pas en longueur le diamètre de l'œil; sur les parties antérieures du vertex, d'autres soies, plus courtes et décombantes, s'appuient à leur sommet sur les soies dressées de la brosse. Tégument lisse ou presque lisse sur un faible espace en arrière de celle-ci. Vertex légèrement sillonné au milieu. Prothorax subcarré, un peu transverse. Aire postérieure du pronotum couverte de grains écrasés subcirculaires relativement peu serrés, nullement râpeux., imperforés. Déclivité apicale densément et fortement ponctuée dans toute son étendue, les points enfoncés étant cependant un peu moins gros vers le bas, Intervalles des points sans granules, et lisses, à part de très fins points enfoncés, épars. Élylres non ou faiblement réfléchis à l'apex, leur ourlet apical étroit, ruguleux ; bord inféro-apical finement et assez régulièrement denticulé; angle suturai pointu, dentiforme, rarement spiniforme. Cerques allongés, cyhndriques, plus de deux fois aussi longs que larges.

c5 inconnu.

L'instabilité de la conformation de la saillie inlercoxale de l'abdomen est une des particularités les plus curieuses de cette espèce.

Distribution géographique. — Ceylan {Walker in British Muséum, types; Muséum de Paris; Deutsch. ent. nat. Muséum; coll. Moore > Oberthilr) : Anuradhapura (IV. Horn in Muséum de Paris); Colombo (Deutsch. ent. nat. Muséum); Kandy (Muséum de Paris).

Malabar (British Muséum), 2 ç (2).

Apate scoparia, n. sp.

(Voir tabl. des c5 1, 2, 3, 7; tabl. des ç 2, 8, 9, 10. — PI. 0, f. 3 à 5.)

Long. 16,5-22 mill. — Faciès des espèces précédentes, mais un peu plus large et un peu plus robuste. Vertex sillonné longitudinalement, ses grains médians assez petits, saillants. Élytres non vernissés, fortement et densément ponctués sur leur région dorsale, les points enfoncés formés chacun d'une grande dépression cratériforme subcirculaire ou subpolygonale, marquée au fond d'un gros pore circulaire, et n'olîrant pas trace de saiUies râpeuses sur ses bords. Nervures élytrales surélevées et dentiformes en arrière, au bord supérieur de

(1) Plus que chez 1'^. Geayi.

(2) Celle provenance demanderait à être confirmée.

Revision des Bostrycliides. ol9

la déclivité apicale. Bord inféro-apical des élytres simple, entier. Pubescence de la poitrine assez courte. 1" segment apparent de l'abdomen nullement caréné sur la ligne médiane en arrière, muni d'une saillie intercoxale ascendante dès la base et non visible entre les hancbes postérieures. Dernier article des tarses postérieurs un peu plus long que le i^. Brosses plantaires des articles tarsiens assez développées, celle du S*" article formée de poils atteignant presque eu longueur la demi-largeur de cet article; brosses des articles 3 et 4 formées de poils dépassant la demi-largeur de cet article. Onychium portant normalement deux soies apicales, esceplionnellement trois, quelquefois six (une 9 de Brava).

(5. Front marqué d'une très fine ponctuation râpeuse et couvert d'une pubescence légère. Pilosité de l'épistorae longue, très dense, perpendiculairement dressée. Dent uncinée de l'angle antérieur du prothorax, vue de dessus, plus étroite à la base que près de l'apex. Intervalles des gros points enfoncés des élytres costiformes, presque lisses, marqués seulement d'un pointillé extrêmement fin. Déclivité apicale très brillante comme chez les c? des espèces précédentes, éparsement ponctuée, et ridée longitudinalement vers le bas; ourlet apical étroit, finement et densément ponctué, non aminci du côté de l'angle suturai ; celui-ci droit, pointu.

ç. Front inerme, fortement sillonné longitudinalement au milieu. Brosse frontale dense, formée uniquement de poils perpendiculairement dressés, ceux du pourtour longuement recourbés, dans leur portion terminale, vers le centre de la brosse où ils convergent en formant d'ordinaire une sorte de coupole; ces soies de la périphérie ainsi recourbées, dépassent en longueur le diamètre maximum de l'œil. L'espace qui s'étend immédiatement en arrière de la brosse frontale est tantôt très finement granuleux et tantôt lisse, mais il est toujours mat et nullement déprimé comme chez VAp. indistincta 9. Grains écrasés de l'aire postérieure du pronotum denses, squamiformes, imponctués. Sculpture des élytres tout à fait analogue à celle du o\ mais moins grosse; intervalles fisses. Déclivité apicale fortement ponctuée dans sa partie supérieure, sa ponctuation devenant graduellement moins forte vers le bas et disparaissant avant l'apex; intervalles offrant de faibles saillies râpeuses ou subgranuliformes. Ourlet apical étroit, finement ponctué, aminci vers l'angle suturai qui est spiniforme. Bord apical des élytres non réfléchi. Poils dressés épaissis du dernier segment abdominal courts, ne dépassant pas le quart de la longueur des soies dressées de la rangée transverse.

520 P. Lesne.

II est assez difficile de séparer le c5 de cette espèce de celui de VAp. indistincta Murr., auquel il ressemble beaucoup.

Distribution géographique. — Somalie italienne méridionale et Afrique orientale anglaise.

Guelidi (G. Revoil in Muséum de Paris), une Ç ; Brava (L' Marchini in Musée de Gènes et Muséum de Paris), 2 d, 2 ç. Entre Voi et Ndi, en mai, et Mbuyuni, en avril {C.-S. Betton in British Muséum), 2 9. Pays Massai (British Muséum), une 9.

Apate degener *.

(Voir tabl. des c5 1, 2,3,4, 6; tabl. des 9 2,8, 9, U. — Pl.o,f.6à9).

Murray 1867, in Ann. and Mag. of Nat. Hist. 3^ sér., XX, p. 86 (Col. Old Cal., p. lOU) - (c5).

Long. (5 i3-21 mill.; 9 14-22 mill. — Celte espèce a le faciès des précédentes, mais ses élytres sont très brillants et comme vernissés chez les deux sexes. Chez le cJ, le prothorax est fortement rétréci vers la base et les élytres sont plus sensiblement dilatés en arrière que chez les (3 des formes précédentes. Grains du milieu du vertex de grosseur moyenne, plus grands que ceux situés au voisinage des tempes et assez saillants. Pas d'aspérités râpeuses au pourtour des gros points enfoncés des élytres. Nervures dorsales des élytres denliformes en arrière au bord supérieur de la doclivilé apicale. Bord inféro-apical des élytres simple, ni denté ni ébréché. Poitrine brièvement pubescente. Saillie intercoxale du 1" segment apparent de l'abdomen d'ordinaire non ou peu visible entre les hanches postérieures, son bord ventral plus ou moins ascendant dès la base. Dernier article des tarses postérieurs aussi long ou plus long que le 2®. Brosses plantaires un peu plus développées que chez les espèces précédentes. Onychium portant noraïalement quatre soies, rarement cinq, trois ou deux.

c5. Ponctuation du front fine, écartée, râpeuse dans la région supérieure et sur les côtés; front pubescent sur les côtés, au voisinage des yeux. Épistome densément pubescent. Uncus des angles antérieurs du prothorax, vu de dessus, assez grêle, légèrement rétréci vers la base, notablement plus étroit que les dents sus-jacentes. Sculpture des élytres rappelant celle de l'A. terebrans (5. Les gros points enfoncés sont tantôt isolés, tantôt groupés par deux ou par trois au fond de dépressions à contour circulaire ou irrégulier. Intervalles non ou à peine variqueux, couverts d'une ponctuation d'une finesse extrême. Nervures dorsales pou distinctes. Déclivité apicale très brillante, ponctuée et

Révision des Bostrychides. «^21

presque toujours marquée de rides sinueuses surtout inférieurement, subgranuleuse le long du bord apical. Ourlet apical brillant, très finement ponctué. Angle suturai droit ou un peu aigu.

9. Front inerme, sillonné longitudinalemcnt au milieu. Brosse frontale de forme surbaissée, à peine semi-circulaire, formée de poils peu denses, perpendiculairement dressés, n'atteignant pas en longueur le diamètre de l'œil. Vertex finement et éparsement granuleux dès le bord postérieur de la brosse frontale, les grains des parties antérieures étant extrêmement fins. Grains écrasés de l'aire postérieure du pronotum squamiformes ou subsquamiformes, imponctués. Sculpture des élytres ayant à peu près le même caractère que chez le (5, sauf les particularités suivantes : points enfoncés plus serrés, dépressions moins étendues et intervalles plus réduits, nullement variqueux. Nervures dorsales saillantes en arrière et bien plus marquées que chez le (5. Déclivité apicale ponctuée sur une grande étendue, plus fortement dans les parties supérieures qu'inférieurement; intervalles de la ponctuation offrant des granules papilliformes quelquefois peu saillants, marqués chacun d'une très fine ponctuation au sommet; souvent, en outre, les parties inférieures de la déclivité sont ridées surtout dans le sens longitudinal; bord apical non réfiéchi, souvent sinuc au voisinage de l'angle suturai, son ourlet ruguleux. Angle suturai spiniforme ou quelquefois simplement dentiforme. o*^ segment ventral apparent de l'abdomen portant, sur le disque, des poils dressés épaissis, dans la région longeant son bord postérieur.

Chez la ç le 2^ article des antennes \arie beaucoup en longueur; tantôt il est moins d'une fois et demie aussi long que large, tantôt il est plus de deux fois aussi long que large. Le sillon médian de l'aire postérieure du pronotum fait généralement défaut chez les deux sexes, mais il est parfois légèrement indiqué.

Distribution géographique. — Espèce répandue dans l'Afrique occidentale depuis la Guinée française jusqu'au Benguéla et s'étendant vers l'Est dans le bassin du Congo et jusqu'à la côte du Zanzibar.

Guinée française : Konakry (D'' Maclaud in Muséum de Paris). Sierra Leone ( VV.-G. Cléments in coll. Obertliiir) : rivière Soulimah {A. -T. Demery in Musée de Leyde). Libéria (D'" Jtdlien in coll. Alluaud) : Junkriver (/. Buttikofer ; F.X. StampfH in Musée de Leyde). Côte d'Ivoire : Baoulé [H. Pobcguin in Muséum de Paris), Bouaké [Le Magnen in coll. Bedel). Achautis (Deutsch. ont. nat. Mus.; coll. OberthUr) : Coumassie (iV. Samwell in British Muséum), Asenté Akem (coll. Clavareau). Dahomey (E. Poisson in Muséum de Paris) : Kétou [Paichoux

o22 P. Lesne.

in coll. Oberthûr), Zaguanado (Muséum de Paris). Nigeria : Ouari, en février, avril, août et septembre (D'' Roth in coll. Oberthilr), Vieux Calabar (sec. Murray). Cameroun ( Y. Sjôstedt in Musée de Stockholm) : Lolodorf et Johann Albrecht Hôhe {Conradt in coll. Oberthûr et coll. Bedel), Jaunde [Haberer in K. K. Naturhist. Muséum de Vienne), Mundame (Deutsch. ent. nat. Mus.), Barombi Station (Prm.ss in Zoologisches Muséum de Berlin), Mont Cameroun (coll. Oberthûr). Ile San Thomé {Mocquerys in Muséum de Paris, coll. Oberthilr, coll. Bedel) : Ribeira Palma, en juillet, et Vista Alegre, en septembre-octobre (L. Fea in Musée de Gênes). Congo : Mayombé [Lemire in Musée de Bruxelles), Temro (Musée du Congo). Congo inférieur (A. Greshoff in Musée de Leyde). Angola (Muséum de Paris, British Muséum, coll. Veth) : Dondo (Zoologisches Muséum de Berlin); Benguéla {von der Kellen in Musée de Leyde); Loanda (Muséum de Paris). Congo belge : rives de rOuellé, altitude 950 mètres (Mission du Bourg de Bozas in Muséum de Paris), Kassaï (Ë. Tnymans in coll. Oberthûr); Manyema (Muséum de Paris) ; Banana (G. von Roon in Musée de Leyde), Afrique orientale allemande : Mrogoro {P. Commenginger in coll. Oberthûr), Nguru (P. Leroy in coll. Oberthûr), Usambara occidental (coll. Strohmeyer), Bagamoyo (coll. Bedel). Afrique orientale anglaise, 1° lat. N. (von Hôhnel, coll. Fairmaire).

Biologie. — Cette espèce s'est montrée nuisible aux Funtumca (Apocynées) dans le Congo belge.

Apate indistincta *.

(Voir tabl. des c5 1, 9, 10 ; tabl. des 9 2, 8, 12, 13, 14. — PI. 6, f. 9 à 12 ; fig. 585, 586 et 590 du texte)

Murray 1867, in Ann. and. Mag. of Nat. Hist., 3" sér., XX, p. 88 (Col. Old Cal., p. 111).

anceps * Fâhra'us 1872. in QEfv. Vet.-Ak., Forh., XVIII (1871), p. 663 (6).

Long. : (S 11,5-22 mill.; 5 13-24 mill. — Ressemble aux espèces précédentes et notamment à l'A. monachus F., mais plus grand et plus robuste que ce dernier, avec les élytres plus fortement ponctués, etc. Front plus ou moins impressionné transversalement en arrière, à la limite du vertex; celui-ci présentant au voisinage de la ligne médiane des grains notablement plus gros et plus saillants que chez les autres espèces du genre. Aire postérieure du pronotum offrant ou non un fin sillon médian longitudinal. Élytres non vernissés, parcourus chacun sur la région dorsale par deux nervures peu saillantes, moins distinctes

Hei:ision des Bostrijchides.

chez le (5 que chez la ç, et terminées en arrière, au bord supérieur de la déclivité apicale, par une saillie dentiforme. Sculpture des élytres formée de cavités infundibuliformes profondes, très serrées, plus grandes chez le c? que chez la 9, et marquées chacune, au fond, d'un gros point enfoncé; les parois do ces cavités portent des grains râpeux plus ou moins développés, mais quelquefois presque complètement absents. Bord inféro-apical des élytres simple, nullement denté ni ébréché. Poitrine couverte de poils roux dressés, longs et denses. Saillie intercoxale de l'abdomen bien apparente entre les hanches postérieures, son bord inférieur étant situé dans le plan ventral, 1" segment apparent de l'abdomen non caréné en arrière, sauf dans des cas très rares où il est caréné dans toute sa longueur. Dernier article des tarses postérieurs généralement plus long que le 2«, mais ne dépassant pas parfois celui-ci en longueur. Brosses plantaires formées de poils plus ou moins courts. Onychium portant ordinairement de 4à 6 soies, quelquefois 7; ce chilTre s'abaisse parfois à 3 et très rarement à 2.

(3. Front finement ponctué, généralement d'apparence glabre ('), mais offrant parfois deux espaces triangulaires velus de poils roux et séparés, sur la ligne médiane, par un espace longitudinal glabre; ces aires pileuses, couvertes de poils dressés rebroussés vers le haut et vers la ligne médiane, sont adjacentes à la suture fronto-clypéale. Pubescence de l'épistome peu abondante, dressée sur les côtés. Uncusdes angles antérieurs du prothorax, vu de dessus, rétréci ou non à la base, tantôt aussi large, tantôt plus étroit que les dents sus-jacentes. Déclivité apicale très brillante, n'offrant qu'une ponctuation éparse, extrêmement fine, et des rides sinueuses plus ou moins accusées; dans des cas très rares (« Prom. Bon. Spei », Deutsches ent. nat. Mus.) la décUvitéest fortement et assez densément ponctuée -dans toute son étendue. On sait qu'une semblable variabilité dans la ponctuation de la troncature apicale des élytres s'observe assez fréquemment chez l'A. rnonachus cJ.

9. Front inerme, sillonné longitudinalement au milieu. Brosse frontale formée de poils perpendiculairement dressés, plus courts que le

Fig. 590. — Ap.

indislincta c^.

Tarse postérieur, vu par la face antérieure.

(1) En réalité le front n'est pas glabre, mais sa pubescence consiste uniquement en poils extrêmement courts et très fins, apprîmes.

oii P. Lesxe.

diamètre de l'œil. En arrière de la brosse frontale s'étend un assez large espace tout à fait lisse, très brillant, et nettement déprimé surtout en arrière. Yertex couTert au milieu de grains sadlants notablement plus gros que chez les espèces voisines. Grains écrasés de l'aire postérieure dupronotumsquamiformes. très denses, imperforés. Ponctuation des élytres moins forte que chez le c5; nervures dorsales mieux marquées que chez le c, surélevées à Tapes. Déclivité apicale densément et très fortement ponctuée, les intervalles non granuleux, marqués seulement d'une ponctuation extrêmement tîne. Ourlet apical finement et très densémeut ponctué, non ruguleux ; angle suturai aigu, dentiforme ou spiniforme. Bord apical des élytres non réfléchi. Poitrine, base de la sailUe intercoxale de l'abdomen et bord interne des cuisses postérieures portant des soies rousses longues et abondantes, o* segment ventral apparent présentant, sur le disque, des poils dressés épaissis, dans la région située en arrière de la rangée trausverse de soies dressées.

Cette espèce est remarquable à plus d'un titre. La longueur et la densité de la pilosité de la poitrine, pilosité qui s'étend, chez la ç, au bord interne des cuisses postérieures et à la saillie intercoxale de l'abdomen, les caractères du vertex chez la î, l'existence de deux formes d distinctes par le revêtement pileux du front, sont des particularités à peu près uniques dans le genre Apate. La variabilité du 1^' segment abdominal et celle du nombre des soies de l'onychium doivent être également notées.

Distribution géographique. — VA. indistincta habite l'Afrique orientale et australe. On le rencontre depuis l'Erythrée italienne jusqu'à la pointe méridionale du continent. C'est seulement dans l'Angola qui parait se rapprocher de la côte atlantique. Sa présence dans la région guinéenne proprement dite demanderait à être confirmée (').

Erythrée : Gheleb 'coll. M. Pic). Abyssinie [Degen et .4?/7-es in British Muséum; Raffray m coll. Oberthiir) : Choa, Giagogue {Antinori in Musée de Gènes'; lac Abélé, près Harar (Ch. Petit in Muséum de Paris'. Tchertcher, en avril (3/. de Rothschild in Muséum de Paris}. Intérieur de la Côte française des Somalis [Hennann in Muséum de Paris).

(1) Nous n'avons vu que 3 individus portant cette provenance : Guinée (ancienne collection du Musée de Hambourg), I c^; Achanti (coll. Pïason > Musée de Vienne), l $;•, Togo [Conradt in coll. Oberthur). 1 C.

Quant aux indications suivantes, elles paraissent erronées : Madagascar coll. Bedel), 1 Ç. La Jamaïque (coll. Oberlhuv), 1 Ç; Brésil (coll. Jekel > Bedel .

ïîevision des Bostrychide.'!. o2o

Pays des Somalis : Higo, en avril, et entre Aimola et Higo, en avril {Donaldson Smith in coll. Oberthûr). Afrique orientale anglaise : Nairobi, en novembre, et Boura [Ch. Alluaud in Muséum de Paris); TkuUia (Muséum de Paris; coll. Oberth'dr); Escarpment (TV. Dohertij in coll. Oherthiir); Lagari, Athi-ya-Mawe, Xaitolia, « El donyo eb Viru » {C.-S. Betton in British Muséum). Centre-Est Africain (British Muséum). Afrique orientale allemande : Kilimandjaro (P. Leroy in coll. Oberthûr); Moschi, lloO m. et 1300-1700 m. {Widenmann in Zool. Muséum de Berlin; Volkens in Zool. Mus. de Berlin), Kibonoto niederung, en mars, Kibonoto, zone des cultures, en février, avril, mai, septembre et décembre, Meru niederung, Ngare na Nyuki, en novembre, Lacs Natron, en novembre ( Y. Sjostedt in Musée de Stockholm) ; Kondoa [Bloyet in Muséum de Paris); Ouhéhé [D" Stierling in Zool. Mus. de Hambourg). Zambézie : Chiré supérieur, Zomba (/)•■ Bendall in coll. Oberthiir); Machonaland, Victoria (coll. Bedel). Transvaal (coll. diverses) : Zoutpantsberg, 800 m., en novembre (Muséum de Paris); Shilouvane, près Leydsdorp [H.-A. Jiinodin coll. Oberthûr, etc.); Magdaliesberg (coll. Oberthûr). Natal (coll. diverses) : Zoulouland [W Ch. Martin; coll. Bedel-, coll. Oberthûr), Port-Natal (Muséum de Paris; Deutsches ent. nal. Mus.; Plant in British Muséum), Malvern, en septembre [G. A.-K. Marshall, etc.). Colonie du Cap: Port S*-John's, en juillet (Muséum de Paris) ; Cafrerie (.7. Wahlberg in Musée de Stockholm ; Muséum de Paris; Zool. Mus. de Hambourg, etc.); Graham Town (British Muséum) ; Port Alfred (coll. Bedel) ; Algoa-Bay, en janvier et en février (i)"" H. Brauns in Zool. Mus. de Hambourg et coll. Bedel). Dunbrody (Musée de Bruxelles; coll. Clavareau): Knysna, en janvier (Musée de Cape Town ; Muséum de Paris) ; Betcliouanaland (coll. Bedel); rivière Oury (coll. F. de Brauchêne). Angola (British Muséum) : Benguela [Wellmann in Deutsches ent. nat. Mus.).

Biologie. — Au Natal, cette espèce a été trouvée en nombre par feu le D"" Ch. Martin dans le bois d'une Légumineuse à tleurs roses ressemblant à notre Cytisus laburnum.

Apate congener.

(Voir tabl. des d 1, 9, 11; tabl. des o 2, 8, 12. 13, 13. 10. 17. Fig. 42 et o91 à o93 du texte.)

Gerstâcker 18oo, in Monatsb. Berl. Acad. [18oo], p. 268; id. 1862, Peters. Reise, p. 270 (cJ).

P. Lesxe.

ajlindrus* Gerstâcker I800, in Monatsb. Berl Acad. [1855], p. 268 id. 1862, Pelers Reise, p. 270, pi. XV, f. 13 (9) (')•

?? cephalotes Olivier 1790, Enc. Méth., Ins., Y, p. 108; id. 1795. Ent. IV, D°77, p. 6, pi. 2, f. 8(2).

Fig. 591. — Ap. congener. Déclivité apicale, vue de trois quarts.

Long. : (3, 10-20 mil!.; 9; 15-22 mill. — Faciès différent de celui des espèces précédentes; élytres bien plus allongés et moins fortement ponctués. Entièrement noir ou brun foncé brillant en dessus; pattes noires. Vertex couvert, dès le niveau du bord postérieur des yeux, de grains denses et assez lins. Prothorax plus ou moins rétréci en arrière. Sculpture de l'aire postérieure du pronotum simulant des écailles imbriquées, écailles qui sont plus grandes chez le (5 que chez la 9- Élytres denséraent et assez fortement ponctués, semblablement chez les deux sexes, d'ailleurs assez irrégulièrement et n'offrant pas traces de saillies râpeuses au pourtour des gros points enfoncés ; parcourus chacun dorsalement par deux nervures bien apparentes, costiformes et surélevées en arrière où elles se terminent en sailUes denti formes à la partie supérieure delà déclivité apicale; la côte interne est brusquement coupée à l'apex, l'externe se prolonge plus loin en arrière, descend sur la déchvité apicale en se rapprochant de la suture et se termine en une dent beaucoup plus saillante que celle formée par la nervure interne. Déclivité apicale très brillante; élytres presque toujours séparément arrondis à leur bord terminal qui est légèrement réfléchi ; bord inféro-apical simple ; angle suturai généralement dentiforme, quelquefois obtus. Pubescence de la poitrine courte et pou dense. Saillie intercoxale de l'abdomen bien développée, bien apparente, son bord libre situé dans le plan ventral. Segments ventraux de l'abdomen brillants au milieu, mats sur les côtés. 2^ article des tarses postérieurs fortement dilaté, environ deux fois aussi long que large. Brosses plantaires bien développées, formées de poils plus longs que chez les espèces précédentes, celles du 2'" article

(1) Apate hirlifrons Lalreille ap. Dcjean, Cat., 3« éd., p. 333.

(2) Le « Boslrichus cephaloles » d'Olivier ne peut être identifié avec certitude. Peut-être s'agil-il d'une espèce n'ayant pas été retrouvée depuis; peutêtre la description a-t-elle été rédigée d'après un individu composite. Le type, qui est perdu, provenait de l'île Bourbon.

Revision dm Bostriichidex.

Fig. £.92 (*.)

des tarses postérieurs s'étendant sur près de la moitié de la face interne de cet article. Onychium portant plusieurs soies.

d". Front légèrement convexe transversalement, séparé du vertex dans le voisinage de la ligne médiane par une impression en lorme de V très ouvert; finement et assez densément ponctué, faiblement pubescent. Épistome densément pubescent sur les côtés. Uncus des angles antérieurs du prothorax, vu de dessus, bien plus étroit que les dents sus-jacentes. Ponctuation de la déclivité apicale tantôt nulle, tantôt faible, tantôt assez forte, jamais dense.

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