‹ Révision des crustacés podophthalmes de golfe de Marseille, suivie d'un essai de classification de la classe des crustacésChapitre 1 sur 59 · INTRODUCTION ET PLAN · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ET PLAN

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La configuration de la côte livrée ou soustraite à des courants plus ou moins intenses, l'apport plus ou moins énergique des eaux pluviales et fluviales, l’extrême diversité des fonds sous-marins qui s’étagent successivement ou se remplacent tour à tour à partir du rivage, les communications largement ouvertes pendant les temps tertiaires soit avec l'Océan Atlantique, soit avec la mer Rouge, font de Marseille un centre zoologique très important. Peu de régions possèdent en effet une faune aussi variée et notamment une association carcinologique aussi complète. Au milieu d’une population en quelque sorte européenne, vivent les derniers survivants d’une faune plus ancienne, ayant gardé un caractère exotique incontestable et qui les rapproche des espèces indigènes de la mer des Indes et de l'Atlantique équatorial. D'autre part, l'existence dans notre rade de grandes profondeurs avec leurs types rabougris et appauvris soulève des questions générales relatives aux modifications que subissent les êtres vivants dans les abîmes de la mer.

La connaissance exacte des Crustacés de notre golfe, leur distribution géo-

graphique, les changements morphologiques entraînés par la différence d'habitat

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et de profondeur, enfin la description minutieuse de certaines formes animales comportent un haut intérêt scientifique. Ce programme nécessite de longues et patientes recherches ; il sollicite la contribution de plusieurs, et, malgré l’abondance des documents recueillis et publiés depuis 1869 par le Laboratoire, il est loin d’être épuisé.

A diverses reprises, mais surtout dans ses récentes études sur la Topographie zoologique du golfe de Marseille, comme dans ses Considérations sur les faunes profondes de la Méditerranée (1), notre excellent maître, M. le professeur A.-F. Marion a donné une idée exacte de la physionomie de notre rade, fait connaître la nature des fonds et indiqué les principaux Invertébrés qui les habitent. Ces observations doivent être reprises, complétées et étendues. Chaque classe appelle des monographies spéciales, et c’est pour répondre à ce besoin que nous avons cru utile de publier une partie de nos recherches, celles se rapportant aux Crustacés Podophthalmes.

Dans cette révision nous avons consacré un premier chapitre à la nomenclature des différentes espèces avec l'indication de leur synonymie et de leur distribution géographique ou bathymétrique, sans oublier, pour quelques-unes d’entre elles, l'époque de la ponte et de la mûe, les variations de couleur, la réduction de la taille et certaines autres modifications morphologiques, du reste assez légères. Il comprend, en outre, un tableau comparatif de la faune podophthalmaire du golfe de Marseille avec celle des principales stations européennes.

Dans un second chapitre, nous donnons la description détaillée d’une trentaine d'espèces.

Sur ce nombre, huit appartiennent à des variétés ou à des types nouveaux. Ce sont : Siriella intermedia, Leptomysis Marioni, Alpheus Gabrieli, Hippolyte Marioni, Crangon Lacazei, Gnathophyllum elegans var. rectirostris, Galathea Parroceli, Callianassa subterranea var. minor. Quant aux autres, la connaissance de leur appareil tégumentaire et de leurs appendices nous a paru offrir une certaine utilité, car elle est ou trop incomplète ou inexacte dans les ouvrages spéciaux.

C'est ainsi que l'étude des diverses espèces de Galathéides a donné lieu à des

confusions regrettables qui nous ont engagé à reprendre en détail la description

(1) Annales Musée Marseille, tome 1, 1883.

RE des Galathées qui fréquentent le golfe de Marseille, c’est-à-dire de G. nexa, squamifera et strigosa, sans compter G. Parroceli. D'ailleurs, les observations de Kinahan ne sont pas suffisamment complètes et les dessins qu'il a représentés sont trop schématiques pour qu’une révision de ce genre ne s'impose.

De même, il y avait lieu de revenir sur les Crangonidés. Nous avions à notre disposition d’abord C, vulgaris var. maculosus, qui fréquente les étangs saumàtres de l'embouchure du Rhône, puis quatre espèces vivant dans le golfe luimême : C. cataphractus, qui se rencontre dans les fonds vaseux et sur le pourtour des zostères ; C. spinosus, qui se plaît dans la vase du large ; C. Lacazei, espèce vaseuse intéressante par ses caractères intermédiaires à ceux fournis par les deux précédentes ; enfin, C. #rispinosus, que l’on recueille seulement dans les prairies littorales de zostères.

L'examen attentif de quelques autres types nous a permis derectifier un certain nombre d'erreurs. En voici un exemple. Dans sa division des Palémoniens (Hist. Nat. Crust., t. 2, p. 368), H. Milne-Edwards range le genre Gnathophyllum parmi ceux qui ont les antennules terminées par deux filets multiarticulés, tandis que les Lysmates reproduiraient l’une des caractéristiques du genre Palemon, c’est-à-dire qu'ils auraient trois filets antennulaires bien distincts. Nous avons pu nous convaincre de l’inexactitude de ces observations et constater que tout filet supplémentaire fait défaut aux Lysmates, mais qu'il en existe un en réalité dans les Gnathophylles. Dans le même ordre d'idées, nous avons observé, dans la variété w”1nor de Callianassa subterranea, la présence d’un rostre, la forme non operculaire des articles basilaires de la lèvre externe et l'existence d’un palpe annexé à ce dernier appendice, tous caractères qui, d’après le même auteur (page 308), ne se retrouveraient pas dans ce genre.

Les Schizopodes, au nombre de cinq espèces, ont sollicité toute notre attention et nous avons soigneusement relevé les particularités qu'ils présentent, en nous convainquant qu’elles ne sont d'aucune manière des différences sexuelles, mais plutôt des modifications individuelles.

Enfin, nous avons repris l’étude de certaines espèces provenant des draguages profonds entrepris par le Laboratoire zoologique de Marseille, sous la direction de M. le professeur Marion et nous avons examiné en détail et figuré: Atelecyclus heterodon, Xantho tuberculata, Eurynome aspèera, Ebalia Cranchii, Eupagurus Pri-

deauxii et Hippolyte Marioni.

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Un troisième et dernier chapitre traite de la phyllogénie des Crustacés. Sans avoir la prétention de suivre pas à pas l’évolution de chaque groupe, il nous a semblé possible d'indiquer dans son ensemble la voie suivie par les Crustacés dans leur différenciation organique, en nous inspirant des études spéciales de Müller (für Darwin), de H. Milne-Edwards (Hist. Nat. Crustacés), de Claus (Untersuchungen Zur Erforschung. der Genealog. Grundlage des Crustaceen-Systems) et des principaux naturalistes qui, comme Dana et Heller, ont consacré

leur temps à l'Histoire carcinologique.

RÉDAPIDRE "AP RENEEER

LISTE DES ESPÈCES RECUEILLIES AVEC L'INDICATION DE LEUR DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE, etc.

ORDO PODOPHTHALMIA SUBORDO EUBRANCHIATA TRIBUS BRACHYURA.

PLAGUSIA LaAaTREILLE

1. P. Chabrus White. — Kraup, Die Südi. Crust., p. 42 (P. Tomentosa). — W. Hess, Decap, Krebse ost. Austr. in Archiv. f. naturg. 1366, p. 154. — Catta, Crust. erratiques, in Ann. Sc. nat. 1875, p. 4. Hab. Sur les navires retournant de la mer des Indes.

2. P. squamosa Latr. — Milne-Edwards, Ann. Sc. nat. 1863, p. 179. — Krauss, Die Südafr. Crust., p. 42. — Heller, die Crust. der. Südl. Europa, p- 314. — Martens, Ueber Cub. Crust. in Archiv. f. naturg. 1872, p- 112. — Dana, U.S. Expl. Exped. Crust. 1, p. 268. — Stimpson, Prodromus descr. anim. everteb. etc., V. Crustacea ocypodoidea, p. 49.

Catta, Crust. erratiques, Ann. Sc. nat. 1875, p. 4.

Hab. Sur les navires retournant de la mer des Indes.

HETEROGRAPSUS Lucas.

3. H. Lucasii M.-Fdw., Ann. Sc. nat. III. Sér. 20,1853.— Lucas, Anim. artic. de l’Alg.,t. 1, p. 19, pl. 2, f. 4. (Æ. sexdentatus).— Heller, die Crust. des Sudl. Eur., p. 105, pl. 3, f. 5-6.

Hab. Canal du fort Saint-Jean; graviers vaseux de l’entrée du Vieux Port (eaux impures) ; Bassin National.

NAUTILOGRAPSUS M.-Epwarps.

4. N. minutus M.-Edw., Hist. nat. Crust., t. 2,p. 90.— Roux, Crust. Méditer. pl. 6, fig. 1 (Grapsus testudinum).— Bell, Brit. Crust. p. 135 (Planes Linneana. — Dana, Unit. Stat. Expl. Exped. Cr. 1., p. 346 (Planes minutus. — Catta, note sur quelques crustacés erratiques, Ann. Sc. nat. 6° série, t. 111 1875, P. 4.

Hab. Sur les navires retournant de l'Atlantique et de la mer des Indes.

PACHYGRAPSUS Simpson.

5. P. marmoratus Stimps., Proc. Acad. nat. Sc. Philadelphia, 1858, p. 101. — M.-Edw., Hist. nat. Crust., t. 2,p. 88 (Grapsus varius).— Costa, Fauna del Regno di Napoli, Crost. 1. ( Grapsus varius).— Desm., Considér. Crust., p. 13: (Grapsus marmoratus). — Dana, Unit. stat. Expl. Expedit. Cr. 1, p. 344 (Goniograpsus varius). — M.-Edw., Ann. Sc. nat. 111. Sér. t. 20, p. 171. 1853 (Leptograpsus marmoratus).

Hab. Cette espèce, la courentio des Provençaux, se trouve sur les roches émergées de la face intérieure de la jetée du bassin du Nord, ainsi que sur les rochers situés dans les points où il existe au moins un mètre d’eau. Elle ne sort que momentanément de l’eau.

6. P. transversus Gibbes.— Catta, Ann. Sc. nat., 1875, Crust. erratiques, p. 7, pl. I, fig. 1 (P. advena),.

Hab. Dans les algues fixées aux navires retour des Indes.

GERYON Krûôver.

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