ACTE DEUXIEME
* MADAME HERBEAU.
Oh ! monsieur, soyez sur iiue personne n'apprécie plus que moi son caractère et son talent.
HÉLÈNE
Cela se voit assez.
MADAME HERBEAU.
Et Fleur séchée, le nouveau roman de Bernier, qu'en pensez-vous, monsieur Barillon?
BAUILLO-N.
Mon Dieu, madame, je ne suis pas très libre pour parler de Dernier. Je l'admire beaucoup; mais il y a une telle différence enlre nos deux natures d'esprit...
HÉLÈNE
Que vous ne pouvez pas le souffrir?
BARILLON
Je ne dis pas cela. Mais enfin, j'ai beau goûter l'ensemble de ses ouvrages; aussitôt que j'entre dans le
détail...
Ça vous exaspère?
BARILLON
Non, mais je ne comprends pas toujours bien; et je m'en veux, car c'est sans doute ma faute.
MADAME HERBEAU.
Moi, je vous avoue que j'adore les romans de Bernier. Je trouve cela d'une subtilité! d'une puissance d'analyse ! d'ime psychologie !... Ah! d'une psychologie!...
BARILLON
Oui, beaucoup d'étalage. Un forceps pour extraire une souris.
MADAME HERBEAU.
Mais quelle science du cœur féminin !
BARILLON
Qu'est-ce que c'est que ça, le cœur féminin? Il y a des femmes, et qui ont chacune un cœur, — du moins on le dit.
MADAME HEUBEAU.
Mais quelle élégance de ton! et quelles exquises peintures des mœurs mondaines!
BARILLON
Vous trouvez ? Hum ! Bien en loc, ses gens du monde. Ils s'appliquent trop à l'être. Et puis, voulez-vous mon avis? Ils disent qu'ils s'habillent à Londres. Ça n'est pas vrai. Ils s'habillent à VOld England... vous savez? les voitures rouges... Au reste, tout ce que je dis là n'empêche pas Bernier d'avoir un immense talent et d'être un charmant garçon.
Cela, je l'attendais. Chaque fois qu'on vient d'éreinter un confrère, on ne manque pas d'ajouter : Mais quel homme délicieux ! et quel talent, — autrefois !
BARILLON
Eh ! c'est encore un hommage *. (a madame Serbeau.)
Mais pardon, Madame, il faut que j'aille remercier mes autres interprètes *i.
1. Ce qui est entre les deux astérisques peut être supprimé à la repréBentalion.