ACTE QUATRIÈME
drais, moi, s'il lui arrivait malheur!... Et c'est moi, moi qui ai fait tout cela... Ce sera à cause de moi, ce sang... Ah! ma mère, ma mère! que je suis malheureuse!... Mais dites-moi donc qu'il n'arrivera rien... Apaisez-moi, consolez-moi, puisque je suis votre fille!...
Elle Ta poser ïsl télé sur l'épaule de madame de Voves. MADAME DE VOVES.
Enfin, ton cœur s'ouvre... que Dieu en soit béni!...
HÉLÈNE
Sais-je seulement ce qui se passe en moi ?... Il est plus fort que moi, voilà tout. Plus fort parce qu'il est meilleur... Mais est-ce ma faute si je suis méchante; si je sens au plus profond de mon être je ne sais quoi qui s'insurge contre la grande misère de la vie, et qui ne peut pas, qui ne peut pas ^e résigner!...
MADAME DE VOVES.
Ne dis pas cela, ma fille. Déjà tu n'es plus ainsi, je le sens... Ce qui était mauvais en toi ne venait pas tout entier de toi. C'était comme une fatalité héritée de souffrance et de péché, et qui aurait pu, par toi, se transmettre et se propager encore, si la volonté ferme et la droite vertu de ton frère et de ton mari n'en avaient rompu le cours... C'est par eux que Dieu nous sauve... Hélas! si je n'ai plus en ce moment à trembler pour mon fils, mon angoisse n'en est pas moindre, puisque celui dont la vie est en jeu léguerait à ma fille, s'il mourait à cause d'elle, le supplice du plus intolérable remords... Prions... Essaye du moins, toi qui as désappris... Nous saurons tout à l'heure si Dieu nous a pardonné à toutes deux.