‹ Révolution française; histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 2)Chapitre 98 sur 147 · EXCLAMATION DU GÉNÉRAL EXCELMANS · texte numérisé non relu

EXCLAMATION DU GÉNÉRAL EXCELMANS

« bilitation que la victime.... » Le président, debout et alarmé: «Défenseur, vous parlez devant la Chambre des « pairs. Vos expressions, prenez -y garde, pourraient être « considérées comme une offense. » Alors, avec un admirable accent de fierté, de courage, de reproche, d'indignation : « Si parmi les pairs qui ont voté la mort du ma- « réchal Ney, dit Armand Carrel, si parmi les pairs qui sié- « gent dans cette enceinte, il en est un qui se trouve blessé « de mes paroles, qu'il fasse une proposition contre moi, « qu'il me dénonce à cette barre, j'y comparaîtrai. Je serai « fier d'être le premier homme de la génération de 1830 « qui viendra protester ici, au nom de la France indignée, « contre cet tibominable assassinat. » Les auditeurs s'étaient levés dans les tribunes, saisis d'un transport d'enthousiasme; les pairs étaient consternés. « Défenseur, s'écrie M. Fas- « quier, je vous retire la parole, w Mais, au moment même, d'une voix sortie des plus intimes profondeurs de l'âme, le général Excelmans s'écrie, à son tour : « Je partage Topi- « nion du défenseur. Oui, la condamnation du maréclial « INey a été un assassinat juridique. Je le dis, moi. » Des applaudissements répétés se font entendre. La séance est suspendue. Un trouble inexprimable domine les juges de 1815. L'ombre de Michel Ney était dans la salle ! Armand Carrel avait repris la parole au milieu de l'anxiété générale. Mais le nom terrible revenait à chaqiie instant sur ses lèvres. Literrompu encore une fois par le président, il dit : « Je considère la défense comme impossible. »

M. Rouen ayant été déclaré coupable à la majorité de 138 voix contre 15, les pairs allaient voter sur l'application de la peine. Four toute faveur, M. Armand Canvl demanda à la Chambre d'appliquer à M. Rouen le mininiuni de la })eine.

et de réserver, si elle voulait être sévère, toute sa sévérité pour le journal. Une condamnation à dix mille francs d'amende et à deux ans de prison, telle fut la réponse de la pairie, jugeant dans sa propre cause.

De tous les faits importants et déplorables qui avaient marqué Tannée 1834, celui-là fut le dernier.

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