‹ Révolution française; histoire de dix ans, 1830-1840Chapitre 74 sur 176 · I.1 I la BLANC · texte numérisé non relu

I.1 I la BLANC

1 7 1> HISTOIRE DE DIX. AiNS.

Cependant, les commissaires de police Vidal et Jourdan étant venus annoncer au préfet que le bataillon de la garde nationale convoqué par lui ne s'est point rassemblé, M. D n val leur enjoint de se rendre à la caserne, d'y prendre chacun une compagnie, et de cerneriez perturbateurs. Ordres funestes qui ne furent que trop bien compris ! Au moment où, resserrée dans la rue qui la contenait, la foule réclamait à grands cris le prisonnier qui s'était endormi dans le corps de garde, parce qu'il était ivre, et que le premier adjoint du maire allait faire élargir, deux compagnies marchaient vers l'hôtel de la préfecture par deux routes diverses, et de manière à ne laisser à la multitude, soudainement attaquée, aucun moyen de se dissiper, ni aucune issue pour s'enfuir. Les soldats marchaient par files et s'avançaient en silence, les tambours portant leur caisse sur le dos. Ici, à travers la place Saint-André, les grenadiers, conduits par le commissaire de police Vidal ; là, le long de la rue du Quai, les voltigeurs conduits parle commissaire de police Jourdan. Tout à coup, du côté de la place Saint-André, un cri terrible se fait entendre : « Soldats, en avant ! » Le commissaire de police a disparu, aucune sommation n'est faite; les grenadiers entrent dans la rue au pas de charge et la baïonnette croisée. Saisie d'étonnement et d'épouvante, la foule se précipite du côté opposé ; mais à l'instant même parais sent, à dix pas d'elle, les voltigeurs qui s'avancent rapidement, et que le commissaire de police Jourdan ne peut parvenir à arrêter. « Cernez et piquez, » tel est l'ordre féroce qui s'échappe de la bouche d'un officier. Les soldats s'élancent, se déployant, des deux côtés, sur toute la largeur de la rue, et perçant de leurs baïonnettes les malheureux qu'ils peuvent atteindre. Ce fut bientôt un spectacle abomi-

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