‹ Révolution française histoire de huit ans, 18401848Chapitre 21 sur 198 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

rlarail, aiitaiU que le ministre des alïaires (étrangères, partisan de Talliance anglaise. Mais il n’entendait pas qu’on lui sacrifiât l’honneur et la dignité de la France; et c’est là ce qui avait été fait par ce traité du droit de visite. « Quelle était, s’écriait M. Thiers, la situation en 1840? C’est moi qui ai eu tort en tout; je prends tout sur moi. Il n’y avait pas d’ambassadeur à Londres. Quelle était la situation faite au nouveau ministre des affaires étrangères? Une irritation profonde contre l’Angleterre du côté de la France : du côté de l’Angleterre, un sentiment assez vif des torts que son gouvernement s’était donnés envers la France, et' une disposition à les réparer. On aurait donc pu attendre des concessions de l’iVngleterrc à la France; tandis que c’est la France qui a fait à l’Angleterre une grande concession, le droit de visite. L’alliance des deux nations avait été renouvelée, sans doute; mais avec une exagération d’intimité qui avait abaissé la France. »

En réponse à cette attaque véhémente de son plus redoutable compétiteur, M. Guizot commemja par nier qu’il y eût aucune connexion entre l’affaire du Maroc et celle de Tahiti.

Dans l’affaire du Maroc, le gouvernement anglais avait offert ses bons offices, qu’on avait accueillis dans certaines limites; il avait accepté sans plainte, sans humeur, une situation difficile pour lui : celle d’assister à côté de nos vaisseaux, avec les siens, à notre guerre et à nos succès. C’avait été là un procédé de bonne et sincère amitié.

Abordant ensuite l’affaire Pritchard , M. Guizot tenta de se justifier par les arguments qu’il avait employés à Londres. Il y avait eu, il en convenait, de légitimes raisons d’arrêter et d’expulser le sieur Pritchard. âlais le gouver-

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nemont avait reconnu* on môme temps* certaines circonstances regrettables et blômables qui justifiaient une indemnité.

Le talent de M. Guizot consiste surtout à cacher les véritables difficultés d’une question sous les dehors brillants de vagues généralités. Au lieu de répondre directement à un adversaire, il lui donne le change, en faisant appel à des sentiments qui ne doivent pas rencontrer de contradicteurs. 11 excelle à grandir des banalités; et chaque fois qu’il rencontre une discussion embarrassante, la rhétorique lui vient en aide pour distraire les esprits par des pompes de langage et d’emphatiques déclamations. iVinsi ül-il en cette occasion.

Après s’étre applaudi des solutions données par lui aux questions qui venaient d’étre examinées, il terminait ainsi : « Messieurs, il y a loin de cette région haute et vraie à l’arène intérieure et confuse des prétentions, des agitations, des luttes de partis, de coteries, de personnes, à travers lesquelles on nous traîne depuis un mois.

n Dans laquelle de ces deux régions se placera la chambre? Tiendra-t-elle uniquement compte des intérêts publics grandement et librement considérés? Donnera-t-elle raison au premier jugement public qui a éclaté, qui régnait il y a deux mois sur les faits que je viens de voas rappeler? ou bien laissera-t-elle obscurcir sa vue et fausser son jugement par les nuages que les partis, les coteries, les intérêts personnels essaient d’élever autour de nous? C’est là la question que le débat actuel va décider. Nous la discuterons sous toutes ses faces, à mesure qu’elles vous apparaîtront. Mais j’ai voulu, dès le premier moment, la poser dans sa vérité et dans sa grandeur. La chambre en décidera. »

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