CHAPITRE IV
qu’un ministre prêt à céder aux tendances du monarcpie faisait courir de graves périls à la monarchie, et il savait que M. Guizot n’était pas homme à opposer une forte résistance aux volontés supérieures. M. Thiers^ en conséquence, était non-seulement un mécontent, mais encore un homme alarmé, voyant arriver à grands pas une contre-révolution,' qui ne pouvait être arrêtée que par une révolution. Et l’alternative l’épouvantait.
Aussi voulut-il faire connaître toute sa pensée dans une circulaire adressée à ses électeurs, et qui était nbn-seulemenl une critique raisonnée de tous les actes du gouvernement, mais comme un avertissement^des périls qui menaçaient. Cette pièce importante fut livrée h l’impression; mais avant la publication, M. Thiers crut devoir la communiquer à quelques-uns de ses amis, MM. Duvergier de Hauranne, de Rémusat, Léon de Maleville : ils en trouvèrent le ton drop violent, hostile même h la royauté. Sur leurs conseils, la pièce resta inédite. Nous en avons depuis reçu coimnunicalion, et il nous paraît que l’histoire a intérêt à la reproduire.