‹ Révolution française histoire de huit ans, 18401848Chapitre 99 sur 198 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

parut de la plus haute importance. Entraîné lui-méme peut-être par son intérêt personnel / il fît offre de son influence , et commença dès lors des démarches trèsactives qui donnèrent lieu à ces correspondances que Parmentier révéla au public. Nous devons en faire connaître quelques extraits :

"« 14 janvier 1842.

« IVlon cher Monsieur Parmentier»

« Tout ce qui se passe doit faire croire à la stabilité de la politique actuelle et au maintien de ceux qui la dirigent. Notre affaire dépendra donc des personnes qui se trouvent maintenant au pouvoir... Il n'y a pas un moment h perdre , il n'y a pas à hésiter sur les moyens de nous créer un appui intéressé dans le sein même du conseil. J’ai les moyens d'arriver jusqu'à cet appui ; c'est à vous d'aviser aux moyens de l'intéresser Dans l'état où se trouve la société de Gouhenans , ce ne sera

pas chose aisée que d'obtenir l'unanimité et l’accord quand il s'agit d'un sacrifice. On se montrera sans doute très-disposé à compter sur notre bon droit, sur la justice de l'administration, et cependant rien ne serait plus puéril. N'oubliez pas que le gouvernement est dans des mains avides et corrompues , que la liberté de la presse court risque d’être étranglée sans bruit l'un de ces jours, et que jamais le bon droit n'eut plus besoin de protection.

« Général de Cubirres. »

(( 26 janvier 1842.

« Vous pensez que rien ne presse. Je voudrais pouvoir être de votre avis pour rentrer dans la quiétude qui me convient mieux que le rôle

que j'ai cru devoir prendre pour vous stimuler. Mais je passe ma

vie au milieu des députés, je vais chez la plupart des ministres, dont je crois utile au succès de notre allaire de cultiver l’amitié...

« Général de Cubièrrs. »

« 3 février 1842.

« La convocation (de la société de Gouhenans) doit avoir aussi pour objet de fixer le nombre d’actions qui devra être mis à notre disposition

UlSTOiaS DE HUIT ANS.

pour intéresser, sans mise de fonds , les appuis qui seraient indispensables au succès de Taffaire.

a ..... Au surplus , je crois être en mesure d'obtenir non-seulement la concession , mais , au préalable , l'autorisation d'exploiter.

« Général DE Cubières. »

« 24 février 1842.

« Maintenant c'est moi qu'on presse Voici ce qu'on offre de

soi-même , et nous pouvons y compter :

« 1® Stimuler votre P. ( préfet ) pour l'envoi complet et immédiat des pièces ;

((2® Faire désigner un rapporteur selon le bien de la chose ;

« 3® Résister au système de morcellement ;

« 4® Avoir, comme on l'a déjà dit, un président à souhait, et faire avorter les prétentions adverses , si elles étaient appuyées dans l'un ou l'autre conseil.

« Il n'y a plus à hésiter On insiste pour cinquante (actions) ;

tâchez donc d'obtenir le doublement... Surtout point de délais; le char est lancé , ne le faisons pas verser en l'arrêtant trop court.

(( Général de Cubières. »

« 26 février 4842.

« Je vous ai écrit avant-hier. Le paquet contenait une note cachetée (la note ci-dessus}...; c'est d'après son contenu que vous devez agir. Vous comprenez avec quelle impatience j'attends le résultat de vos

délibérations Mais vous ne sauriez croire combien elle est partagée

par ceux qui s'identifient avec le succès de l’affaire.

« De tout ce qui a été dit et fait , il résulte :

« 1® Impossibilité de traîner plus longtemps la négociation , ni de continuer à se débattre entre la concession déjà faite de vingt-cinq (actions) et les exigences successivement réduites de quatre-vingts à cinquante, mais qui ne paraissent pas devoir fléchir au-dessous de celte dernière limite ;

« 2“ Nécessité de conclure promptement , et de trancher le différend entre trente à peu près promises , et cinquante toujours exigées ;

« Nécessité de proposer quarante-cinq, quand on sera en mesure d’effectuer cette promesse.

« Général de Cubières. d

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