XII. Beaucoup de gentllshommeslprennent rengagement de s'^tf
joindre.
Parmi la foule de ceux qui brûlaient de s'y joindre, la plupart, pendant qu'une armée russe était dans leur voisinage, n'osaient abandonner leurs maisons, leurs femmes et leurs enfants ; et, ne sachant où mettre en sûreté de si précieux dépôts, hésitaient encore à se joindre à leurs défenseurs. Toutes les familles polonaises ainsi éparses dans les châteaux devenaient autant d'otages entre les mains des Russes, maîtres du pays. Un grand nombre de gentilshommes venaient la nuit signer l'acte de la confédération, et retournaient chez eux attendre l'occasion de se déclarer. Sans ajouter aucune force réelle aux confédérations, c'était toutefois leur donner de l'espérance et de l'encouragement ; mais les paysans de ces contrées professant la religion grecque croyaient, sur la foi de leurs curés, servir Dieu eu trahissant leurs maîtres. Les Russes, avertis par cet exécrable espionnage, notaient ceux qui allaient prendre cet engagement secret; et nous verrons bientôt quel usage ils flrent de ces délations.
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XIII. Mokranowski leur est envoyé au nom du sénat. •*- Perfidie de ReprUn,
Cependant, sur la résolution du sénat de députer vers les confédérés pour écouter leurs plaintes, Mokranowski fut mandé par cette assemblée. On crut que s'il y avait un moyen de calmer les esprits, c'était d*y employer un homme droit, courageux et populaire. Repnm, de son côté, vit dans cette mission une occasion de renouveler cette vieille ruse déjà employée au temps de Tinterrègne, et de gagner par une fausse négociation le temps de recevoir les ordres qu'il attendait de Pétersbourg. 11 espéra suspendre les efforts des confédérés ; et, s'il recevait l'ordre de les poursuivre par la force, profiter de la sécurité où ils seraient par cette négociation, pour les surprendre et les faire massacrer. Mokranowski, de son côté, regardait cette confédération comme une de ces émeutes téméraires qu'il avait toujours cherché à prévenir, et qu'il prévoyait , avec trop de raison, devoir occasionner les derniers malheurs de sa patrie. Étonné cependant des bruits favorables à cette entreprise qui commençaient à se répandre , il désirait la connaître de plus près. En se chargeant d'aller négocier avec les confédéirés, il eut un double objet : celui de prévenir la division des Polonais entre eux et la guerre civile, en [réunissant le roi aux confédérations , s'il les trouvait assez fortes pour concevoir l'espérance de délivrer la patrie : ou si leur entreprise^ dont il soupçonnait la témérité , lui paraissait impossible à soutenir, il voulait essayer de sauver ces braves gens par les négociations. Le roi, à qui il confîa ce double dessein, parut y consentir, et l'assura que personne ne souhaitait plus ardemment que lui d'affranchir la Pologne
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du joug que la tzarine lui avait imposé; que personne ne détestait davantage ce code de lois nouvelles, dont toutes les dispositions étaient autant d'obstacles au bien qu'il avait espéré faire. Il rejeta sur les violences de Repnin la résolution qu'il avait prise de demander le secours de la Russie. Mokranowski exigea, pour traiter avec les confédérés, unj plein pouvoir donné au nom du sénat, et dans lequel le titra de confédération leur fût donné. C'était un moyen dont il se servait pour les sauver, quel que fût l'événement ; les lois et les moeurs polonaises étant telles, qu'une confédération est mise sous la sauvegarde du droit des gens aussitôt qu*elle a été reconnue et qu'on a commencé à traiter avec eHe.
En arrivant dans tes cantons qu'ils parcouraient , il fut sur le point d'être massacré par un de leurs partis. Il se nomma ^ et à son nom seul cette troupe, qui ne l'avait jamais vu, lui demanda pardon. Mokranowski écrivit aux deux chefs qu'il se remettait entre leurs mains sans autre cautiou que teur honneur, et que pendant tout le temps de sa mission les hostilités cesseraient. Les deux maréchaux étaient alors séparés , l'un parcourant l'Ukraine, et l'autre la Podolie, pour recueillir la noblesse impatiente de se joindre à eux., De nouvelles confédérations allaient se fermer dans leur voisinage^ Puteski répondit au général, que toute négociation était suspecte ; que la perGdie si connue des Ç.usses empêchait d'avoir aucune confiance aux paroles portées. de leur aveu ou de leur part. « Ce n'est pas assez, disait-il, d^avoir remarqué que leur longue n'a point de mot pour exprimer l'honneur ; il fallait ajouter qu'elle en a une multitude pour exprimer favorablement le mensonge et la fraude ». Il lui disait ensuite que les. confédérés le connaissaient trop pour ne pas être assurés de son estime ; mais, que d'autres confédérations étant près d'éclater, il était
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nécessaire qu'avant de conférer avec lui , il se concer^ tât avec les nouveaux maréchaux. Pendant cet inter^ valle, Repnin reçut enfin de Pétersbourg les ordres qu'il attendait.
XIV. Ordres envoyés de Pétersbaurg au sujet de la confédération.
L'in>pératrice, aux premières nouvelles de la con fédéra-» tion de Bar, laissa éclater quelques mouvements d'impatience et d'ennui. Elle dit publiquement, que ses bomies intentions: et ses efforts pour rétabli r^la tranquillité dans cette républi-^ que, au lieu de produire cet effet salutaire^ ayant occasionné de nouveaux troubles , elle était résolue d'abandomier les Polonais à eux-mêmes. Repnin lui assurait cependant que la plus saine partie des Polonais applaudissait aux dernièrea constitutions ; et la demande forcée faite au nom du sénat,, servit également à tromper cette princesse- Elle crut entrevoir dans les mouvements des confédérés et dans les menaces des Turks , les suggestions de la France ; elle se per* suada que tous ces embarras lui étaient suscités par jalousie de sa gloire. Elle espéra que du côté des Turks, il lui serait encore facile de gagner du temps , de tromper les ministres, de corrompre les subalternes, d'entretenir la rébellion dans quelques provinces. Elle envoya, à cette occasion, quarante mille ducats à Constantinople 5 et s'étant résolue à soutenir tout ce que son ambassadeur avait fait en Pologne , elle y fit passer précipitamment un renfort de troupes. Un frère de Repnin fut chargé d'apporter à cet ambassadeur, avec la ratification du traité conclu dans la diète, les preuves les plus éclatantesde la satisfaction de l'impératrice, l'ordre de Saint- Alexandre , une gratification de 50 mille roubles , le brevet de
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lieutenant-géuéral, une permission de voyager en Europe, eu conservant sa place et ses appointenoeuts. L'impératrice déclarait en même temps les confédérés ennemis de son empire , et rebelles h leur patrie ; elle commandait que le roi joignît ses troupes aux Russes, et le menaçait d'en agir hostilement dans toutes les provinces , de tout ruiner et dévaster par le fer et le feu , s'il ne concourait à pacifier les troubles de son royaume.