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leurs enfants, et demandant à grands cris un asile sur les vaisseaux. Quelques bateaux zantiotes en embarquèrent une partie. Les autres suivirent à pied le détachement russe qui prenait la route de Navarin ; tout resta désert à plusieurs lieues de Coron, et les Turks, délivrés du siège, achevèrent de la ruiner ville.
« Il fallait commencer, disait le comte Alexis, par se rendre maîtres de tout l'intérieur de la presqu'île ; les forteresses de la côte tomberaient alors d'elles-mêmes, la flotte russe étant assez puissante pour leur couper tout secours par mer, et la flotte ottomane encore désarmée, disait-il, dans le port de Constantinople, ou cachée sous les chûteaux des Dardanelles ». De nouveaux émissaires vont annoncer dans le Péloponèse l'arrivée de ce chef suprême, et convoquer dans Navarin tous les évêques et tous les primats. Ces émissaires répandent dans la presqu'île un manifeste que Papaz-Ogli, nouvellement arrivé, avait eu soin de préparer en Italie. On y exposait avec assez d'énergie « tous les maux que souffrent les chrétiens sous le joug des musulmans ; les enfants enlevés, les femmes violées, les temples profanés. On y déplorait la faiblesse de ceux qui, pour se soustraire à ces horribles traitements, avaient indignement trahi la foi déjà presqu'entièrement éteinte dans l'Egypte, daus l'Arabie, dans l'Afrique, et miraculeusement conservée dans la Grèce par une prédilection particulière du ciel, et par l'héroïque constance des Grecs sous des épreuves si longues et si difficiles. On ajoutait que parmi les nations chrétiennes, les Russes, plus fidèles, avaient aussi été plus touchés de ces maux ; que Pierre I er et l'impératrice Anne avaient médité la délivrance de la Grèce ; que des raisons connues de Dieu seul avaient arrêté l'exécution d'une si sainte entreprise ; que dans ses jugements éternels il avait enfin suscité le génie de l'impératrice Catherine, et
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béni les commencements de celle guerre sacrée ; que déjà l'ennemi était affaibli de toutes parts, une armée victorieuse eu Moldavie, et les chrétiens de ces provinces pour jamais délivrés de ce joug détesté: le Danube franchi, quelques villes de la Bulgarie soumises, de puissants secours envoyés en Géorgie où tout s'armait pour la même cause. Une flotte, disait- on , est sur vos bords, uniquement envoyée pour la délivrance de la Grèce ; une seconde flotte est près d'arriver, particulièrement destinée à relever dans Constantinople la croix qui jadis fut arborée dans cette ville pour étendre de là son triomphe sur toutes les fausses religions ; une troisième escadre se prépare dans les ports de Russie pour vous apporter encore de nouveaux secours ; que chacun profite de ces temps si désirés par vos ancêtres. Venez vous joindre à nous pour la foi, la patrie, la liberté, les uns avec des armes , les autres avec des vivres ; que ceux qui sont loin s'apprêtent avec confiance; que ceux qui sont voisins accourent avec zèle, pour marcher dans la milice du Seigneur ».
Alexis cherche à renouer toutes les trames que Papaz- Ogli et Benaki avaient précédemment tissues ; et dans l'intention de faire soulever tout l'intérieur du Péloponèse, il envoie à Psaros qui demeurait maître de Misitra, l'ordre de s'avancer pour attaquer avec toutes ses forces Tripolitza, dont l'archevêque et les primats étaient entrés dans les premiers complots. Lui-même, pour réparer l'affront reçu devant la citadelle de Coron et signaler son arrivée par quelque grand exploitait entreprendre sur la côte le siège de Modon, forteresse située à quelques lieues de Navarin en se rapprochant de la Messénie. Elle était défendue par huit cents janissaires ; les fortifications étaient plus solides que celles de Navarin. Les Pvusses au nombre de cinq cents, et avec eux cent cinquante Monténégrins, Maïnotes de la plaine et