‹ Révolutions de PologneChapitre 163 sur 282 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

de.Turks avaient donné des preuves dans les déroutes les plus ignominieuses. Il proposait surtout l'usage des armes aujourd'hui admises par toutes les nations de l'Europe ; il obtint , en secondant de tout son crédit les nouveaux efforts que fit alors le baron de Tott, l'établissement à Constantinople d'une fonderie d'artillerie légère , et d'une école de canonniers sous la direction de ce jeune étranger. Les Dardanelles récemment mises en défense , et les nouveaux périls qui menaçaient l'empire, avaient alors tourné vers ce jeune chrétien tous les regards de ce peuple consterné , et justifiaient la confiance secrète que le sultan lui avait depuis longtemps accordée. La fonderie et l'école furent en plein exercice dans le court espace de trois semaines. Tout le peuple de cette capitale poussa des cris de joie et d'admiration en voyant déjeunes Turks, instruits au service du canon par le baron de Tott , tirer trois coups par minute ; et le sultan, autorisé par cet applaudissement généra), osa venir lui-même jouir de ce spectacle, et encouragea plus d'une fois par sa présence ces nouveaux exercices et les travaux de la fonderie.

XV. L'empereur d'Autriche et le roi de Prusse reçoivent la demande de leur médiation pour la paix.

La demande du grand-seigneur aux cours de Vienne et de Berlin, ou plutôt son acquiescement à traiter de la paix sous la médiation offerte par ces deux cours, arriva au roi de Prusse et à l'empereur d'Autriche au moment où ces deux princes étaient réunis dans un même camp. Un concert apparent s'était établi entre eux, tel qu'il peut exister entre des riv aux avides, toujours prêts à devenir ennemis, et qui se craignent, se ménagent et se respectent mutuellement.

Leurs armées environnaient une grande partie de la Pologne, et commençaient à entrer dans ce royaume à l'envi l'une de l'autre, sous le prétexte d'y former un cordon qui préservât leurs propres pays de la contagion déjà répandue dans quelques provinces polonaises. Le roi de Prusse et l'empereur concertèrent secrètement leurs demandes pour la médiation. Mais avant d'entrer dans le détail de ces longues et perfides négociations qui ont donné une nouvelle face à tout l'orient de l'Europe, il faut racouler l'événement du siège de Bender, ce que devint la flotte russe dans l'Archipel, et comment les Polonais, pendant le cours de cette même campagne, avaient profité de ces grandes diversions.

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