LIVRE XIV
puté de la noblesse de Kourlande. Mais dès le 26 juin, Saldern avait publié une seconde déclaration où il ne gardait plus de mesure. Les confédérés y étaient désignés par les noms de brigands et de scélérats. Il était ordonné aux commandants russes de ne point les traiter comme prisonniers de guerre, mais de les mettre aux fers et de les traduire en jugement. Drewitz , qui n'avait point attendu cet ordre pour se livrera sa cruauté naturelle, fut imité ou surpassé par presque tous les officiers russes. Weymaru, cependant, leur chef général , ne voulut point partager tant de hontes ; il demanda et obtint son rappel. Bibikoff le remplaça, et ne vécut guères mieux avec l'ambassadeur, dont la férocité devenait chaque jour plus sombre. Saldern reprochait tour à tour aux habitants de Varsovie leur insouciance et leur inquiète curiosité; il les menaçait de sa colère, tantôt s'ils continuaient de s'occuper des intérêts publics, tantôt s'ils persévéraient à les négliger ; et son humeur était si farouche, qu'il s'irritait contre Poniatowski lui-même.