LIVRE XV
position de les y admettre, hasardée par quelques Polonais, ne fut appuyée par aucune des trois cours.
XVI. Différends entre les trois cours. — Présages des futurs envahissements, accomplis en 1795.
Tandis que ces puissances imposaient aux Polonais ce nouveau système de lois . leurs envahissements commençaient à jeter la discorde entre elles. La Pologne se plaignait déjà de l'extension que la Prusse et l'Autriche donnaient à leurs limites ; et Frédéric avoue dans ses Mémoires que ces plaintes n'étaient pas sans fondement : « Car, ajoutc- « t-il, les Autrichiens, en abusant d'une carte peu exacte de « la Pologne , ayant confondu les noms de deux rivières , « la Zbrucz et le Podhorzeç, avaient , sous ce prétexte , « étendu leurs limites bien au delà de ce qui leur était as- « signé par le traité de partage.... Le roi de Prusse se crut <- autorisé à faire de même ; il étendit en conséquence ses « limites, et enferma la vieille et la nouvelle Notée dans la « partie de la Pomérelie qu'il occupait déjà. La cour de « Pétersboug intervint dans cette affaire -, et le roi de Prusse « s'engagea de restreindre les limites de son cordon, à con- « dition que la cour de Vienne en ferait autant ». Ainsi s'annonçaient, dès 1774, les envahissements nouveaux qui devaient resserrer les chaînes de la Pologne, en lui ôtant tout moyen de défense contre les complots de partage, médités et préparés depuis cette époque par les trois cours spoliatrices.