‹ Révolutions de PologneChapitre 66 sur 282 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

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précédent. Quelques désagréments éprouvés daus sa patrie , un esprit inquiet» et le désir de faire Fortune l'avaient amené à Pétersbourg. Il était devenu capitaine d'artillerie . Orlofï servait dans ce même corps, avant la conjuration qui avait placé Catherine sur le trône, et dont la catastrophe, si heureuse pour elle , l'avait rendu lui-même le second personnage de l'empire. Cette haute fortune d'Orloff excita l'émulation de Papaz-Ogli. Assez connu du favori pour en être protégé, mais non pas d'une manière à en attendre son avancement s'il ne se rendait utile , il lui parla du soulèvement de la Grèce. Qrloff, récemment enhardi par le succès d'uue conjuration, saisit avec ardeur un nouveau projet de révolution, qui pouvait placer sa maîtresse sur le trône de Constantinople, et rendre l'empire de Russie le plus puissant , comme le plus étendu de l'univers. Mais le ministre Panin, soit timidité, soit prudence, soit haine personnelle contre le favori et ses protégés , trouva tous ces desseins prématurés ou chimériques. Le favori , dans une égale iguorance de l'état des nations étrangères , et de toutes les relations de l'empire russe , céda aux objections du ministre. Mais il céda également aux instances de Papaz-Ogli , qui se chargea de prouver la vraisemblance et la facilité de ce soulèvement. Orloff, devenu grand-maître de l'artillerie, lui donna la permission d'aller, sous des prétextes de santé et d'affaires, voyager pendant trois ans dans la Grèce.

Catherine, qui avait apporté sur le trône une haute ambition, et pour ainsi dire une impatience de grandeur et de célébrité, mais qui, dans ces premiers mois de son règne, était encore incertaine dans toutes ses vues, s'occupa dès lors vaguement et en secret de ces vastes idées. Elles ne tenaient encore à aucun système politique ; elles étaient subordonnées à la distraction de ses plaisirs, aux passions qu'elle portait dans les affaires, à la crainte qu'elle avait des

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Turks, au système que suivaient ses ministres. Mais comme elles tenaient au fond de son caractère, et à une ambition qu'elle regardait comme attachée à sa couronne , elles se rt produisaient en toute occasion. Un de ses premiers soins lut de chercher à former des liaisons avec la république de Venise, ennemie ancienne et naturelle de l'empire ottoman. Cette tentative n'eut alors aucun succès. Venise s'est restreinte depuis longtemps au soin unique de sa conservation. La jouissance de tous les avantages de la paix est devenue le seul objet de sa politique. Ces républicains précautionnés se refusèrent à une alliance que les Ottomans n'eussent pas vue sans inquiétude. Bientôt après, six jeunes Russes vinrent s'établir à Malte. Le prétexte qu'ils avaient pris pour y séjourner longtemps était le dessein de s'instruire dans la construction et la conduite des galères, espèce de marine dont la Russie fait usage dans la mer Baltique. Mais ils cherchaient à connaître tous les passages de la Méditerranée, les mers de l'Archipel, à engager au service de Russie des hommes qui eussent fait la course dans le Levant.

Enfin deux navires russes, les premiers qui aient fait voir sur la Méditerranée le pavillon de cette marine naissante, arrivèrent en Toscane, chargés de toutes les productions du Nord. Orloff et Catherine avaient fait ensemble les frais de cette première tentative ; et l'avare jalousie des négociants se plaisait à calculer les pertes que ce commerce devait éprouver. Mais cet intérêt de commerce n'était qu'un voile pour d'autres desseins. Les sommes qu'il produisit furent secrètement remises à la disposition de Papaz-Ogli, et servirent d'abord à acheter en Italie pour les principales églises de la Grèce, des présents qu'il devait faire à son choix et au nom de l'impératrice.

Pendant ce temps, Papaz-Ogli, embarqué à Venise, pris

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