‹ Révolutions de PologneChapitre 7 sur 282 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

p\usque des lueurs incertaines au travers d'une profonde obscurité. Tous avaient la vue encore éblouie des flammes qu'ils avaient eue si longtemps dans les yeux. Quelques chevaux et quelques hommes tombèrent du haut du précipice. Au bruit de leur chute et à leurs cris qui se confondaient avec le tumulte des glaces, les Russes, dans les ténèbres, croyant que les Turks accouraient sur l'autre bord du fleuve, et ne soupçonnant point cette fuite téméraire, amenèrent à la hâte quelques canons sur le rempart, et tirèrent de l'autre côté delà rivière. Les boulets passaient sur la tête de ces hardis fugitifs. Le chemin s'élargissait vers le front de la ville ; mais là étaient en bataille les troupes russes qui avaient soutenu les assaillants. Les Polonais, en arrivant un à un, mais protégés par les ténèbres, se formèrent en escadron, et, sans perdre un instant, avancèrent au galop, et en poussant les cris que les Turks ont coutume de jeter en courant au combat. Les Russes, étonnés, crurent qu'une armée turque ou tatare avait traversé le fleuve à la nage ; et cette petite troupe, profitant de ce premier effroi de ses ennemis, passa ainsi à travers leurs escadrons.

Pendant ce temps, le pacha de Chocim refusait le secours sollicité par François Pulaski. Ce pacha avait reçu du grand-visir une défense absolue d'envoyer aucune troupe en Pologne, et l'ordre de veiller seulement à la sûreté de sa place. Les Russes avaient joint leurs présents à cette défense et achetaient de lui comme une trahison ce qui était de sa part une obéissance exacte aux ordres du grand-visir. Mais quarante janissaires du district de cette ville, indignés de l'abandon où leur chef laissai tees jeunes confédérés, dont ils aimaient le courage et dont ils plaignaient le malheur, se rassemblèrent d'eux-mêmes, et, sans respecter la défense du pacha, ramenèrent vers le point du jour François Pulaski dans le château de Zwaniec. Us tirent aussitôt, suivis des

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troupes polonaises , une sortie avec toute l'impétuosité de ces dévoués qui sont la principale force des armées musulmanes. Un si léger secours ne servit qu'à favoriser la retraite de François, qui abandonna un poste devenu trop dangereux, et que la conduite des généraux turks rendaient désormais inutile. Il se réfugia dans un village voisin de Chocim et sous le canon de cette place.

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