‹ revve des documents historiquesChapitre 35 sur 108 · LE CARDINAL ALBERONI · texte numérisé non relu

LE CARDINAL ALBERONI

Louis XIV étant mort le i" septembre 171 5, le duc d'Orléans fit aussitôt casser par le Parlement le testament royal qui lui accordait la Régence, mais avec de trop grandes réserves. Il obtint l'autorité toute entière et fit part aux Souverains étrangers de la mort de Louis XIV et de son avènement à la Régence. Le roi d'Espagne Philippe V ambitionnait cette haute situation, qui lui aurait permis de gouverner deux États et de s'ingérer dans les afifaires de France ; mais il dut dissimuler, et, le 16 septembre 171 5, son premier ministre Alberoni adressa au Régent une lettre de félicitations, dont voici le texte :

Monseigneur,

V. A. R. veut bien que je puisse regreter la perte que vient de faire la France pour la mort d'un si grand Roy, mais dans le même tems, que je puisse m'en consoler de la voir réparée par la Régence, que V. A. R. vient de prendre, dont la prudence, la sagesse, la capacité et Texpérience vont faire en sorte qu'on ne s'en repentira point, non seulement pour le dedans de la France que pour le dehors. Cette cour icy a été pénétrée et fort sensible à tout ce que V. A. R. luy a cscrit, la voyant dans les principes et dans les maximes dignes de la grande sagesse de V. A. R. , et qui vont establir l'union et Tintelligence très nécessaires pour assurer le repos et le bonheur des deux courones. Ces sont les vœux les plus ardents que je feray sans cesse, aussy bien pour une parfaitte santé et longue vie de V. A. R. de laquelle dépend unique-

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