‹ revve des docvments historiqvesChapitre 11 sur 70 · JEAN D^ORLÉANS, COMTE D^ANGOULÊME · texte numérisé non relu

JEAN D^ORLÉANS, COMTE D^ANGOULÊME

acquitter leurs promesses et obligacions, lesquelx nous ont fait respoiise qui nous semble estre causée en toute dissimulacion et délay, c'est assavoir que vous estant derrenièrement en ce royaume d'Angleterre fut fait entre vous et nous certain appoinctement sur ladicte matière, sur quoy nous savons certainement que par vous ne autre de par vous ou nosdits cousiils ne fut lors et depuis n'a esté fait aucun appoinctement avecques aous ne avecques noz gens, serviteurs, procureurs ou commis ayans de nous povoir souffisant, 'ne semblablement par nous, nosdits gens, procureurs ou commis ayans puissance de nous souffisant avecques vous ne autre de par vous, ou iceulx noz cousins d'Orléans et d'AngouIesme, en quoy nous avons eu et supporté grans fraiz, coustaiges, intérestz, dommaiges et despehs, lesquelx en fin et conclusion redonderont sur vous, comme obligié y estes. Et combien que ne sommes tenue, s'il ne nous plaist, vous escripre pu sommer pour l'acomplissement de vosdiz foy et promesse et acquit de vosdiz seellez et obligacions, ainçois povons plainement procéder contre vostre honneur, s'il nous plaist, néantmoins, pour nous mectre en nostre devoir et monstrer par efifect que de tout nostre cueur désirons l'onneur de toute noblesce estre gardé et pour révérence de vostre personne, ne voulons ce faire sans premièrement vous le signifier. Pourquoy nous vous escripvons présentement les choses dessusdictes et vous prions et néantmoins par ces présentes sommons ceste foiz pour toutes que vous vueilliez acomplir envers nous vosdictes foy et promesse et acquiter vosdits seellez et obligacions et avecques ce nous rendre et restituer touz les despens, dommaiges et intérestz par nous faiz, supportez et soustenuz, et que encores nous convient faire, supporter et soustenir en vostre deffault, et telement que n'ayons cause de procéder contre vous, comme faire povons, dont nous serons très desplaisante, se faire le nous convient. Et afin que vous croyez ces présentes venir de nous nous les avons subscriptes de nostre nom et fait seeller

du seel de noz armes. Escript à Maxsey le dix huitiesme jour de février i^an de grâce mil quatre cens cinquante dnq.

La captivité de Jean d'Ângoulême avait été attristée par des difficultés pécuniaires. On en aura un témoignage dans la lettre suivante (i), par laquelle Charles d'Orléans fait régulariser les emprunts qu'avait contractés son frère.

Le duc d^Orlians

Chancelier et vous trésorier, Je vous ay autre£Pois escript pour le fait de Jehan Hartouelle, bourgois et marchant de Londres, pour certaine quitance quUl a de beau cousin de Clarence, la quelle quitance ledit Jehan a mis en ma main et Tay par devers moy par tel convenant que elle me demourra et en seray quite de ladite somme en rabat du fait de beau frère d'Angolesme envers mondit cousin de Clarence, lui paie et contenté. Et quant maistre Robert de Tuillières fut par deçà, il fîst Tapointement avecques lui. Sy ay sceu que la lettre que je vous escripvoie touchent son fait a esté perdue en chemin, mais vous avés fait responce dont me tiens très bien content, et pour ce il m'a prié que je vous escripve de rechief. Si sachiés que je suis très grandement tenu au dessusdit, et se offre, quant j'auray besoing, de me faire le plaisir et service qu'il pourra. Si voudroie faire pour lui et vous mande et commande que vous apointés son fait et lui délivrés en marchandise tellement qu'il soit content^ sans aucunement le délayer, mais le délivrés le plus hastivement que vous pourrés et sans le mener de paroles, car je weil que son fait soit acompli et mis à fin, et gardés qu'il n'y ait point de faute, et pour ce que

(i) Cette pièce m'a été commaoiqnée par M. Alfred Sensier.

JEAN D^ORLÉANS, COMTE D^ANGOULÊI^E 2g

je ne sçay se vous avés par devers vous ledit apointement que ledit maistre Robert fist, je vous certifie que la somme qui est deue audit Jehan se monte environ trois mille escus, et donnés conseil, confort et aide à son prisonnier qui va pour ladite cause, considérant que c^est pour la descharge dudit fait de beau frère d'Angolesme et aussi à son homme qui va en ladite compaignie.

Au chancelier et trésorier d'Orlians.

Après sa délivrance, le comte tfAngoulème, qui avait vendu son comté de Périgord pour payer une partie de sa rançon, vint habiter sa bonne ville d'Angoulême. En 1449 il épousa Marguerite de Rohan, fille d'Alain IX, vicomte de Rohan. Il en eut deux fils, Louis, qui mourut très-jeune, et Charles, qui lui succéda, et une fille, Jeanne, qui fut mariée à Charles de Coetivy, comte de Taillebourg. En 1462, le comet accompagna son frère le bâtard d'Orléans dans sa campagne contre les Anglais en Guyenne ; il y montra une telle valeur qu'il fut fait chevalier au siège de Fronsac. L'année suivante, il rentra dans son comté. C'est de cette époque que date la pièce suivante (i) :

Jehan^ conte d^Angoulesme, seigneur d'Espernay et de Remorentin, à noz amez et féaulx conseillers par nous commis à Paudîcion des comptes de toutes noz finances^ salut et dilection. Savoir faisons que nous avons donné et donnons à nostre bien amé Jehan Boutet, nostre receveur en nostre chastellenie dudit Remorentin, la somme de huit vings livres tournois ; c^est assavoir VI ^^ 1. t. pour récompensacion de ses peines et travailz par lui faiz es édifices de nostre chastel dudit Remorentin et pour avoir fait servir en iceulx ediffices et ouvraiges ung charroy à deux chevaulx continuelment, et

(i) Bibl. nat., Mss. Orléans, carton 1092.

3o REVUE DES DOCUMENTS HISTORIQUES

XV 1. 1. pour les diligences par lui pieça faictes au fournissement du grenier à sel en nostre ville dudit Remorentin, dont lui advions pieça fait don et en avoit nostre mandement, lequel lui avez rejette en la reddicion de ses comptes par ce qu^il ne vous apparroit du compte dudit grenier. Si voulons et vous mandons que vous tenez quiae ledit Boute d'îcelle sonune de VIII^^ 1. t. et la lui rabatez de sa recçptc, en rapportant par lui devers vous le compte du temps qu^il a gouverné le fait dudit grenier, car ainsi le voulons. Donné en nostre chastel dudit Remorentin le XXVÏI* jour d'avril Tan de grâce nul CCCC cinquante -trois.

Jehan.

En 1454, après là victoire de CastiUon et là mort de Talbot, Charles VII passa par Ângôulême et entraîna à sa suite le comte Jean, son cousin germain. Ce dernier assista au siège et à la reddition de Bordeaux, puis il se retira à Angoùléme, résidant tantôt dans cette viUe, tantôt à Cognac. En 1458, il vint à Tours pour assister au mariage de Madeleine de France avec le roi de Hongrie, union que la mort de l'époux empêcha d'accomplir. En 1459, il fut au nombre des seigneurs qui jugèrent à Vendôme le duc d'Âlençon. En 1461, il se* rendit à Paris pour les obsèques de Charles VII. L'année suivante, il assista au sacre de Louis XI à Reims. Rentré de nouveau dans son comté, Jean ne prit aucune part à la ligue du bien public. En 1464, il devint le tuteur de Louis, fils de son frère Charles, qui venait de mourir. Lui-même décéda à Cognac leSo avril 1467 à Tâge de 63 ans. Il ne laissait qu'un filS) Charles, né en 1459, qui mourut le i^' janvier 1496. Ce prince fut le père de François I«'.

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